Créer un nouveau blog :

A propos de ce blog

Nom du blog :
lesromansdelara
Description du blog :
Voici l'histoire d'un pompier pas comme les autres ! Blog pour ceux qui M l'action et le suspens
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
05.05.2007
Dernière mise à jour :
30.04.2008

RSS

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· L'île (65)
· Roman "Esprit de feu" (15)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or lesromansdelara
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· Chapitre 12a
· Roman : Esprit de feu chapitre 1 et 2
· Esprit de feu chapitre 5
· chapitre 10
· chapitre 6

· Esprit de feu chapitre 3 et 4
· Chapitre 7
· chapitre 19 et 20
· Chapitre 8
· chapitre 13 et 14
· Chapitre 9
· Chapitre 11
· Chapitre 18
· Derniers chapitres
· chapitre 12b

Voir plus
 

Statistiques 85 articles


Derniers commentaires

salut, je voudrai que vous m'envoyer toute l'histoire esprit de feu dans mon emaillien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par zizi, le 22.06.2008


je voudrai recevoir toute l'histoire de ésprit de feu dans mon emaillien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par zizi, le 22.06.2008


petite visite.lien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par rimesoudeprime, le 01.04.2008


bravo pour ton ecriture et merci de ton commentaire sur mon blog et vive les pompiers de la campagne. lien ver...
(Voir la suite)
Par Campon, le 28.02.2008


bonjour, avez-vous déjà pensé à écrire, voire à être publié, comme un véritable auteur ? www.ecri...
(Voir la suite)
Par www.ecriresonlivre, le 19.02.2008


wow! quel histoire! je voulais juste partager mes nouvelles et romans avec vous, au cas où ça vous intéress...
(Voir la suite)
Par Juliette Rebello, le 27.01.2008


salut, je trouve ton histoire super interresante et palpitante. j'ai hate de connaitre la suite. en tout cas b...
(Voir la suite)
Par stéphanie, le 05.12.2007


bonjour, votre manuscrit est très intéressant ! je connais un site qui pourrait vous intéresser : thebook...
(Voir la suite)
Par Laura, le 31.10.2007


l'histoir est parfait j'adorelien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par mika17440, le 16.10.2007


bonsoir à vous. en tout premier, je vous remercie de vos commentaires fort sympathiques. après avoir entam RSS

Recherche
Recherche personnalisée



Esprit de feu chapitre 5

Esprit de feu chapitre 5

Publié le 16/06/2007 à 12:00 par lesromansdelara
CHAPITRE 5

SALE JOURNEE



« Mais ce n’est qu’une tendinite, c’est quand même pas la fin du monde ! » protestait sœur Brigitte
C’était la sœur préposée aux achats et elle faisait le marché comme personne. Tout les commerçants du village la connaissaient et se plaisaient à lui faire des prix, lui donner les invendus etc.… Bref, elle savait acheter des marchandises de qualité à moindre coût. Le problème était qu’elle ressentait depuis quelques jours une forte douleur à l’avant-bras. Lucille, sur la demande de la Mère, avait dû la traîner chez le médecin.
« La fin du monde, certainement pas ! sourit la supérieure. Mais, selon les recommandations du médecin, il va vous falloir arrêter de porter du poids pendant quelque temps. Donc, arrêter le marché par exemple…
- Mais ma Mère, ce n’est pas possible ! Ne m’enlevez pas ça, s’il vous plaît » supplia l’intendante.
La supérieure parut réfléchir un moment et le silence s’installa. Lucille, qui assistait à l’entretien, se permit de soumettre une idée.
« Ma Mère, j’aurais peut-être une solution. Je pourrais accompagner sœur Brigitte au marché. Comme cela elle pourra faire les achats et je lui porterai ses paniers.
- Oui, pourquoi pas ? approuva sœur Jeanne. Etes-vous d’accord ? demanda-t-elle en se tournant vers l’intendante.
- Oui, bien sur ! répondit-elle en regardant la jeune sœur avec gratitude. Merci, merci beaucoup. Et puis, pour la suite, je pourrais demander au petit Lalande s’il ne veut pas me livrer. Sa mère m’a dit qu’il cherche du travail pour se faire de l’argent de poche.
- Bon, et bien c’est d’accord ! conclut la supérieure. Vous vous arrangerez entre vous pour les modalités pratiques. »
Les deux sœurs sortirent du bureau. Elles décidèrent de sortir en début d’après-midi pour faire les courses pour la semaine.
Ensuite, Lucille monta rendre visite à sœur Gertrude. Elle la trouva très pâle et très essoufflée. Sa tension n’était pas bonne et son cœur paraissait se fatiguer. Le traitement était terminé depuis deux jours. En sortant de la chambre, l’infirmière téléphona à la supérieure pour la prévenir qu’elle rappelait le médecin.
Puis, elle fonça au réfectoire car c’était l’heure du repas.

La vieille 4L de la communauté s’arrêta sur la place du village. Lucille et sœur Brigitte en sortirent, la jeune sœur se saisissant du panier. Elles se dirigèrent vers la rue commerçante et la jeune femme s’amusait beaucoup de voir la façon qu’avait l’intendante de baratiner tout le monde pour avoir le meilleur prix ! Au bout d’une demi-heure, le panier était rempli.
« Je vais poser tout cela à la voiture et je reviens, fit Lucille, vous n’avez qu’à continuer pendant ce temps. Je reviendrais ensuite récupérer les affaires que vous aurez achetées.
- D’accord, je vais chez le boucher. »
Lucille prit un raccourci par une petite rue afin de revenir plus vite auprès de sa compagne. Machinalement, elle observa les maisons, les noms de rue qui défilaient. L’une d’elle lui rappela confusément quelque chose mais elle ne savait plus quoi. Ca l’agaça un peu mais, comme elle arrivait à la voiture, elle rangea les denrées dans un cageot prévu à cet effet. Puis elle pris le chemin du retour.
Soudain elle se souvint. Cette rue était celle où habitait Madame Ceven, la dame qui portait apparemment le même nom que l’inconnu qui avait prévenu les pompiers du suicide de Michèle. Elle hésita à aller voir la maison car elle ne voulait pas faire attendre sœur Brigitte. Mais elle se décida en se disant que cela ne prendrait qu’une minute. Lucille se rendit donc résolument vers la maison où habitait cette dame. Peut-être, après tout, avait-elle un fils qui habitait avec elle et n’avait qu’un portable. Ce qui expliquerait qu’il n’apparaissait pas sur l’annuaire électronique. Par contre, à ce moment là, il aurait son nom sur la boite aux lettres.
Elle arriva bientôt devant la maison. C’était une habitation à deux étages, elle poussa la porte du hall d’entrée. Quatre boites aux lettres étaient alignées. Une d’entre elle était au nom de Jeanne Ceven mais aucune au nom de Charles. Elle hésita un moment à monter et à sonner pour demander. Mais elle se sentit bête et y renonça. Après tout, peu importe si elle ne retrouvait pas le témoin, elle se débrouillerait autrement pour aider Michelle. Elle rejoignit donc sœur Brigitte qui venait de finir d’acheter ce qui lui fallait pour la semaine et elles rentrèrent au couvent.
En garant la voiture dans le parking, elle vit un autre véhicule. C’était celui du médecin. Lucille aida sœur Brigitte à porter les provisions dans la cuisine, et monta prestement vers la chambre de sœur Gertrude. Le docteur et sœur Jeanne parlait à voix basse devant la porte, l’air grave. Quand ils virent arriver l’infirmière ils s’interrompirent, le médecin salua et parti.
« Qu’est-ce qui se passe ? s’inquiéta la jeune sœur.
- Le médecin vient de voir sœur Gertrude, répondit la Mère. Venez à l’infirmerie, je vais vous raconter. »
Elles s’assirent dans le local et la supérieure expliqua :
« L’infection l’a fatiguée et son cœur est usé. Vous savez, elle n’a plus vingt ans. En plus elle s’est plus ou moins mise en insuffisance rénale…
- Mais il va l’hospitaliser alors ? demanda Lucille.
- Non. Il pense que cela ne servirait à rien. Sœur Gertrude ne le souhaite pas non plus. Nous avons décidé de respecter sa volonté.
- Mais enfin il faut faire quelque chose ! répliqua l’infirmière au bord des larmes.
- Lucille, il n’y a plus rien à faire…» fit doucement la Mère.
La jeune femme eut l’impression que son cœur s’arrêtait de battre. L’idée que Gertrude puisse s’en aller si vite lui était insupportable.
« Non, souffla-t-elle, non ce n’est pas possible ! On ne peut pas la laisser comme cela ! »
Elle se leva brusquement et se dirigea vers la chambre de la malade. La supérieure voulut l’arrêter mais en vain.
La jeune femme rentra dans la pièce et s’approcha du lit.
« Comment vous sentez-vous ? » demanda-t-elle afin de se donner une contenance.
La vieille sœur sourit paisiblement.
« Asseyez-vous, près de moi » fit-elle.
Lucille s’exécuta et la malade lui prit la main.
« Nous ne nous sommes jamais raconté d’histoire toutes les deux n’est-ce pas ? » commença Gertrude.
La jeune sœur sentit sa gorge se nouer et ne pût que faire un signe de tête négatif.
« Voyez-vous, je crois que le temps de me retrouver face à face avec notre créateur s’approche à grands pas. »
Lucille voulut protester mais elle l’en empêcha.
« Non, je le sais. Même si le médecin n’avait rien dit, je le sens. Je suis au bout de ma course sur terre.
- Mais en vous hospitalisant, on pourrait peut-être faire quelque chose, tenta la jeune femme.
- Et quoi ? M’empêcher de m’éteindre dans ce couvent ? Me laisser partir seule, au lieu d’être entourée par mes sœurs ? Non, je ne le souhaite pas, ne permettez pas cela » supplia Gertrude.
Lucille comprit alors et dût bien se rendre à l’évidence. Elle aimait beaucoup sa vieille sœur et souhaitait plus que tout respecter sa volonté mais son esprit se refusait à accepter l’inévitable.
« Mais vous ne pouvez pas nous quitter si vite ! protesta-t-elle.
- Si vite… Vous en avez de bonnes ! J’ai déjà passé quatre-vingt-six ans sur cette terre. Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas en dire autant. Et puis, surtout, j’ai eu une vie pleine et heureuse. Franchement, ma petite, que demander de plus au bon Dieu ? »
Quoi en effet ?
Lucille ne put s’empêcher de sourire au travers de ses larmes. Elle se surprit à penser qu’elle aussi, au moment de mourir, elle aimerait bien avoir le sentiment d’une vie aussi accomplie. Pourtant, sœur Gertrude n’avait jamais rien fait d’extraordinaire. Elle avait passé sa vie en mission à l’étranger, puis, au moment de la retraite elle était revenue à Vic, au service de la communauté et des personnes isolées du canton. Ca n’était pas tellement ce qu’elle faisait qui était important, mais la façon dont elle le faisait. Jusqu’à sa façon d’appréhender sa propre mort qui était une leçon de vie et de foi…
La jeune femme se dit que cela serait vraiment très égoïste de sa part d’insister et de vouloir s’acharner à la retenir inutilement. Elle serra la main à la malade et se promit de faire tout ce qu’elle pourrait pour adoucir les derniers jours de la vieille sœur. Qu’au moins elle ne souffre pas… Elle se leva en silence car sœur Gertrude avait commencé à somnoler.
Elle trouva sœur Jeanne sur le pallier.
« Ca va ? demanda la supérieure.
- Oui, ma Mère… Je… Je m’excuse pour tout à l’heure. Ma réaction n’a pas été très correcte envers vous.
- Votre esprit a toujours été très réactif… Mais souvenez-vous de ce que je vous disais au noviciat : nous ne sommes pas responsables du premier mouvement d’humeur, mais du second….
- Merci ma Mère. Est-ce que le docteur a laissé une prescription ?
- Oui, des anti-douleurs et de quoi la perfuser pour qu’elle ne se déshydrate pas.
- Bon, et bien je vais m’en occuper de suite. »
L’infirmière prit l’ordonnance et se chargea de l’emmener à la pharmacie. Elle avait besoin de prendre l’air.
Comme elle en revenait, elle fut arrêtée par sœur Patricia à la porte.
« Vous avez un message téléphonique ». Lucille prit le post-it dans son casier :
« De la part de Greg, le chef de centre des pompiers. Rappelle-moi dès que tu peux. Très important. »
La jeune femme s’appuya au mur et soupira. Il ne manquait plus que cela ! En rentrant de vacances il avait dû prendre connaissance de la plainte de Jean-Luc et il allait demander des explications. Peut-être avait-il même la convocation du conseil de discipline ?
Elle se sentit vidée et totalement incapable de soutenir cette épreuve aujourd’hui. Mais d’un autre côté, Greg avait toujours été très gentil et pouvait être un allié dans cette affaire. A moins qu’il juge que son adjoint avait raison…
Elle prit son courage à deux mains et rappela son chef de centre.
« Alors ces vacances ? demanda la jeune femme, après les présentations d’usage.
- Bien, très bien ! J’ai passé deux semaines de rêve à la montagne, au calme, en ne pensant à rien d’autre. Heureusement d’ailleurs, car le retour est plutôt difficile… Je suppose que tu sais de quoi je veux te parler ? ajouta-t-il plus gravement.
- De la plainte de Jean-Luc je suppose.
- Oui. J’ai reçu un coup de téléphone du colonel ce matin. Il avait reçu le rapport et voulait des explications. Comme je suis rentré hier soir très tard, je n’étais pas au courant de l’affaire. Inutile de te dire que je suis un peu passé pour un imbécile… Enfin ! Toujours est-il que le colonel m’a expliqué et j’ai essayé de parler à René mais il n’est pas là aujourd’hui. Par contre, j’ai eu l’explication de Jean-Luc. J’aimerais maintenant avoir ta version de l’affaire. Tu peux venir ce soir à vingt heures avant la manœuvre ?
- La manœuvre ? s’étonna Lucille.
- Tu as oublié ? Il y a manœuvre de secours routier ce soir.
- Oh c’est vrai ! Avec tout cela, elle m’était complètement sortie de l’esprit ! fit la jeune femme en secouant la tête. Mais je viendrais, il n’y a pas de problème.
- Bon alors à ce soir ! salua Greg »
Quand Lucille raccrocha, elle sentit qu’elle avait besoin de faire le point et de se calmer. Elle s’occupa donc en premier de sœur Gertrude, puis se dirigea vers la chapelle afin de reprendre force et courage dans la prière. Une heure après, elle sortit calme et déterminée : elle irait s’expliquer avec Greg le plus honnêtement possible et elle verrait bien ensuite à quoi s’en tenir. Et elle partit prévenir sœur Jeanne avant que la messe ne commence.

L’horloge du village sonnait le premier coup de huit heures quand Lucille arrêta son vélo devant le centre de secours. Le bureau du chef était déjà allumé et elle y monta prestement. Elle frappa à la porte et entra à l’invitation du lieutenant. Il se leva à son arrivée et la salua chaleureusement.
Lucille essaya de répondre aux questions de Greg en reprenant les faits dès le début et en expliquant chaque geste effectué, le plus honnêtement possible. Elle passa par contre assez rapidement sur la réunion qu’elle avait eu avec René et Jean-Luc le soir où il leur avait appris son intention de faire le rapport. Elle sentait en effet qu’elle ne pourrait pas le raconter en détail sans être acerbe envers Jean-Luc.
Quand la jeune femme eu fini, un silence s’installa. Elle se sentait plutôt mieux. Maintenant qu’elle s’était expliquée, elle était comme libérée d’un poids. Elle avait essayé de faire au mieux. C’était maintenant à Greg de décider quoi faire et au colonel de trancher. Quoi qu’il soit décidé, elle avait la conscience tranquille.
Le chef de centre, lui, avait l’air franchement plus embarrassé. Sa position n’était pas facile. Il comprenait bien que son adjoint s’acharnait de façon injuste sur l’infirmière et le major. D’autre part, il ne pouvait que difficilement le désavouer publiquement. Malgré ses préjugés et son caractère emporté, Jean-Luc était un excellent pompier et une aide précieuse pour la gestion du centre.
Il lui fallait trouver une solution qui puisse respecter à la fois la justice et la susceptibilité de son adjoint.
« Ecoute, reprit-il après un moment, je vais essayer de parler à Jean-Luc. Tu sais comment il est, il s’emporte facilement, mais c’est aussi quelqu’un qui a un cœur d’or. Nous devons essayer de régler cela entre nous.
- Tu ne crois pas que c’est trop tard ? objecta Lucille. Le rapport est déjà entre les mains du colonel.
- C’est vrai mais, tu sais, dans ce genre d’affaires, plus les centres se débrouillent à l’amiable, plus ils apprécient en haut, fit le lieutenant en souriant. Il y a tellement de choses plus importantes à régler pour eux… Le colonel m’a dit qu’il allait temporiser un peu pour me laisser l’occasion de tenter une médiation. Tu serais d’accord si on en reparlait ensemble, avec Jean-Luc et René ?
- Bien sur, si tu crois qu’il y a une chance d’arranger les choses, répondit la jeune sœur.
- Oui, je le pense. Je vais essayer de parler à René et je te tiendrais au courant. D’accord ?
- D’accord.
- Bon allez, vas te mettre en tenue d’intervention, les autres ne vont pas tarder à arriver, dit le lieutenant.
- J’y vais de suite » fit Lucille en se levant.
Tout en s’habillant, la jeune sœur pensait qu’elle n’aimerait pas être à la place de son chef de centre et avoir à régler ce genre de problèmes.
Une demi-heure après, l’effectif du centre étant au complet, la réunion d’organisation commença :
« Je vous raconte le scénario de la manœuvre de ce soir, commença Fred, l’instructeur du centre. On va aller à la carrière de Giaco à trois kilomètres d’ici. On a mis la voiture contre la paroi et on imagine que le conducteur ayant perdu le contrôle l’a fortement percutée. Il est incarcéré dedans. On va engager une équipe VSAV avec Gérard qui sera chef d’agrée, Florian et Lucille équipiers, et Gilles en conducteur.
L’équipe secours routier sera : Jean-Yves chef d’agrée, Ilal et Bertrand équipiers.
Greg sera là en tant que chef de site.
On va partir en premier à la carrière avec ceux qui ne sont pas dans les équipes. Vous regarderez et vous relèverez les points forts et les points faibles de la manœuvre.
Les autres vous restez là, sur la fréquence tactique douze. Je jouerais le rôle du CODIS. Tout le monde est d’accord ? »
Un murmure d’approbation parcouru le groupe.
« Bon alors chacun se prépare. On y va et je vous appelle. »
Chaque équipe vérifia son matériel et monta dans son engin respectif. Lucille fut surprise de voir que Jean-Luc se comportait comme si de rien n'était. Puis ils attendirent que Fred les appelle.
« Alors l’équipe de choc, vous êtes prêts ? demanda Gérard en s’installa sur son siège.
- Oui, on va arracher ! s’exclama Florian un jeune homme blond au regard pétillant qui était monté à l’arrière. Surtout qu’on a notre pilote préféré ! Alors Gilles en forme ? Il paraît que tu as encore fait des merveilles ce week-end ? »
Gilles était menuisier, mais sa vraie passion c’était les voitures. Il passait toutes ses vacances et son temps libre sur les pistes de rallye. Deux ans avant il avait fait le Paris-Dakar et avait finit 98ème. Cette année il s’était mis aux rallyes de vitesse nationaux et avait l’air de bien se débrouiller. Il se faisait pas mal charrier car il avait parfois tendance, en partant en intervention, à mener le VSAV de la même façon que ses voitures de course !
Mais c’était un excellent conducteur qui savait aussi conduire sans secousses quand il transportait un blessé. C’est pour cela qu’il était souvent désigné comme chauffeur en intervention.
« VSAV Vic, ici CODIS, parlez », graillonna la radio portative. C’était Fred. La manœuvre allait commencer.
« CODIS ici VSAV Vic, parlez, répondit Gérard.
- VSAV Vic, vous partez pour accident avec incarcéré, lieu dit carrière de Giaco, commune de Valun. Parlez.
- Bien reçu, conclu-t-il en reposant la radio. Allez Gilles on y va ! Tout le monde boucle sa ceinture. » Et le VSAV démarra, suivi de près par le Véhicule de Secours Routier qui avait reçu le même message.
Le village de Vic était situé dans un vallon et il fallait, pour en sortir, monter une petite route en colimaçon qui redescendait en pente assez raide vers la carrière. La nuit était tombée et Gilles avait fait la montée à vive allure.
« Eh Fangio, fait doucement, protesta le chef d’équipe. Florian va être plein de bleus et Lucille est déjà toute blanche ! » En effet la jeune femme avait tendance à avoir mal au cœur en voiture. Le VSAV bascula en haut de la côte et il ne restait plus que deux kilomètres avant l’arrivée à la carrière.
« C’est bon, dit l’infirmière en essayant de sourire, on est bientôt arrivés de toute façon. Ca va derrière ?
- Oui, répondit Florian, mais c’est vrai que ce serait bien si tu ralentissais un peu.
- Oui Gilles. Pour la dernière fois ralentis, c’est un ordre maintenant ! » fit Gérard en haussant le ton.
Mais le conducteur ne répondit pas. Il paraissait anormalement concentré.
« Gilles ?… Gilles, qu’est-ce qu’il y a ? demanda Lucille avec inquiétude.
- Je n’ai pas une bonne nouvelle pour vous : je ne peux pas ralentir, répondit le chauffeur.
- Comment ça tu ne peux pas ? Mais freine ! s’exclama l’adjudant.
- Gérard… il n’y a plus de frein, répondit Gilles froidement.
- Quoi !?… Bon Dieu ! »
L’ambulance descendait la pente et passait les virages à toute vitesse mais Gilles semblait en garder le contrôle pour l’instant.
« Florian couche-toi par terre et accroche-toi ! Lucille vérifie ta ceinture ! ordonna le chef d’équipe. Qu’est-ce que tu pense faire ? demanda-t-il au conducteur.
- Je crois qu’on peut atteindre la carrière. Au fond il y a un chemin qui remonte sec. Avec un peu de bol, en visant bien, on peut l’atteindre.
- C’est un peu risqué non ? On ne pourrait pas descendre jusqu’au bout ? objecta l’adjudant.
- Si, on pourrait, mais l’embêtant c’est l’épingle à cheveux avant le pont. On va arriver trop vite dessus pour pouvoir la négocier. On va se retrouver dans le Cère aussi sec…
- Bon fait au mieux ! fit Gérard en saisissant la radio portative.
- Urgent, urgent, urgent ! lança-t-il sur les ondes. Le VSAV n’a plus de freins ! On arrive à fond sur le site. Faites de la place ! Plus personne sur le site ! Je répète, plus personne sur le site ! »
Une embardée plus forte que les autres les secoua. L’ambulance prenait de la vitesse et devenait très difficile à maîtriser.
« Florian, ça va toujours derrière ?
- Ouais, t’inquiètes ! répondit le jeune homme. »
La radio les interrompit :
« Gérard de Greg, qu’est-ce qui se passe ?
- On n’a plus de freins ! On arrive à toute vitesse sur vous ! Fait dégager tout le monde, on va se diriger sur le chemin du fond !
- Mais t’es fou ! Il est trop étroit ! Si vous le loupez vous allez foncer dans la paroi ! »
Il était trop tard. Ils distinguaient déjà l’entrée de la carrière et Gilles s’y engouffra. Il faisait déjà noir et on n’y voyait pas grand chose. Lucille eut juste le temps d’apercevoir de vagues silhouettes mais reconnaissait très bien les hautes falaises blanches qui les entouraient. Gilles essayait de donner des coups de volants afin de freiner un peu mais le terrain était glissant et instable. Il n’insista pas trop car ils risquaient de se retourner.
« Tu vois le chemin de sortie ? demanda Gérard.
- Oui, regarde, répondit le conducteur, c’est par là. »
Lucille devina, au bout de la cuvette que formait la carrière, un minuscule chemin qui s’ouvrait entre les deux. Elle se dit qu’il était complètement cinglé de vouloir passer par là ! A la vitesse où ils allaient et dans le noir, ils avaient peu de chance de ne pas se prendre le mur !
De toute façon, maintenant, ils ne pouvaient plus faire demi-tour. La brèche était juste devant eux et ils s’y engouffrèrent à toute vitesse.
« Accrochez-vous !" cria Gilles.
Lucille ferma les yeux. Le VSAV fit de telles embardées qu’elle crut qu’ils s’étaient renversés.
« Attention ! » hurla Gérard.
Elle se sentit saisie par le cou et son visage se retrouva plaqué contre les genoux du chef. Elle eut à peine le temps d’esquisser un geste de surprise qu’un grand bruit se fit entendre et qu’une pluie de petits cubes lui tomba sur le dos.
Il y eut encore quelques secousses, puis plus rien…

(... à suivre le samedi 23 Juin)[/FONT]

Annuaire gratuit Looking.fr



--


:: Poster un commentaire ::

Votre commentaire : Obligatoire
Votre nom :
Votre adresse email :
(Non publiée)
Votre centerblog : http://.centerblog.net