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lesromansdelara
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Voici l'histoire d'un pompier pas comme les autres ! Blog pour ceux qui M l'action et le suspens
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05.05.2007
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30.04.2008
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Chapitre 9

Chapitre 9

Posté le 13.07.2007 par lesromansdelara
Chapitre 9

Conseil



Lucille choisit une place de parking près du fleuve pour garer la voiture. L’eau scintillait au soleil et l’atmosphère avait un air joyeux qui tranchait terriblement avec l’état d’esprit de la jeune femme. Mais elle se sentait beaucoup plus forte aujourd’hui, bien qu’un peu nerveuse. C’est pour cela qu’elle s’était garée loin du bâtiment afin de pourvoir marcher un peu pour se calmer avant d’affronter les membres du conseil.
Quand elle sortit de la voiture, elle rencontra une vieille dame qui portait un sac un peu lourd et cherchait la perception. Comme c’était sur sa route, Lucille l’accompagna en lui portant ses affaires. La dame eut le temps de lui raconter tous ses problèmes financiers et de santé. Quand elle la quitta finalement, la jeune sœur était contente d’avoir pu écouter cette femme, ce qui lui avait fait penser à autre chose.
Elle se retrouva bientôt devant le grand bâtiment du Service Départemental d’incendie et de Secours. Il était impressionnant et lui avait toujours paru froid avec sa façade de verre, mais aujourd’hui, c’était pire.
« Bon, allez ce n’est pas le moment de reculer maintenant ».
Elle prit une grande inspiration et poussa la porte vitrée. Le hall d’entrée était désert et elle se présenta à la secrétaire :
« Bonjour, je suis Lucille Vallan, j’ai rendez-vous, avec le colonel.
- Ah, répondit-elle avec un air un peu revêche, c’est pour le conseil de discipline… Attendez un peu là. Ils n’ont pas fini avec l’autre. »
« L’autre » c’était surement René. Il avait été convoqué juste avant elle. Apparemment, dans la journée tout le monde y était passé : Jean-Yves en premier, puis Greg, l’équipe qui étaient à l’intervention de Michelle et celle d’il y a un an pour Martin. Cela faisait un paquet de monde et ils devaient en avoir un peu assez d’écouter. Ce n’était pas forcement un bon point pour elle.
Soudain, elle entendit une porte s’ouvrir, et René sortit, accompagné du colonel Rimfart, le directeur départemental. Quand il vit la jeune femme, le major esquissa un geste vers elle mais le colonel lui fit signe de sortir de suite. Il sembla obéir à regret, mais ce n’était pas le moment de faire des vagues.
Le Directeur fit signe à Lucille de venir. Elle se leva et le suivit dans une pièce. Une chaise unique était posée devant un bureau. En face, de chaque côté, étaient assis deux hommes de part et d’autre d’un fauteuil vide. C’était le comandant Verfeuil, responsable du CODIS et le commandant Réjoulais le médecin chef du département. La jeune femme était un peu surprise car, d’après ce qu’on lui avait dit, un conseil de discipline comptaient minimum sept à huit personnes. Elle leur serra la main et s’asseya sur la chaise.
Le colonel s’installa dans le fauteuil vide et saisit un dossier qu’il ouvrit devant lui.
« Bon, commença-t-il, je pense que vous savez pourquoi vous êtes là ?
- Oui, mon colonel, répondit Lucille.
- Je voudrais d’abord vous préciser certains points, continua-t-il. Comme vous le constatez, nous sommes en nombre réduit afin de pouvoir enquêter rapidement et discrètement. D’autre part nous essayons de savoir comment exactement les faits qui vous sont reprochés à vous et au major Soclard se sont passé. A partir de cette base nous jugerons s’il y a eu effectivement des erreurs de votre part ou de sa part dans la gestion de deux interventions. Nous sommes d’accord ?
- Oui, mon colonel, fit Lucille en essayant d’affermir sa voix. Mon intention est de vous aider à y voir clair.
- Très bien, fit le colonel. Avant d’entrer dans le vif du sujet nous allons vous demander de jurer sur l’honneur de dire la vérité sur les faits tels que vous les avez vécus.
- Je le jure, déclara simplement Lucille.
- Bon, eh bien je pense que nous pouvons commencer. Racontez-nous cette intervention du six juin deux mille quatre concernant un jeune garçon dix ans en détresse respiratoire. »
Lucille essaya de dérouler le récit de façon la plus précise et la plus véridique possible. Les trois hommes prenaient des notes au fur et à mesure qu’elle parlait mais ils ne laissaient rien paraître. Quand elle eut finit, elle se tut et attendit en se demandant ce qui allait se passer maintenant.
Le colonel se tourna vers ses collègues et demanda :
« Messieurs, avez-vous des questions sur ce qui vient d’être dit ?
- Oui, répondit le commandant Verfeuil. Mademoiselle, vous avez dit que vous aviez bien reçu le message de l’opérateur du CODIS, vous demandant de laisser l’enfant sur place. Vous confirmez ?
- Oui mon commandant, fit l’infirmière.
- Est-ce que, dans ces conditions, reprit-il un peu sèchement, le fait de l’emmener au centre de secours, qui plus est dans une voiture privée vous semble conforme à l’ordre que vous avez reçu et au plus élémentaire respect de la procédure.
- Non Monsieur » fit la jeune femme sans se démonter.
Les trois hommes semblèrent surpris de cette franchise. En général, dans ces cas-là les gens avaient plutôt tendance à essayer de se justifier au-delà du raisonnable et n’avouaient pas une faute dès la première question. Ou s’ils le faisaient, ils étaient tremblants et effondrés, ce qui ne semblait pas être le cas de cette jeune femme. Il n’y avait pas non plus de bravade dans son comportement, c’est pour quoi le colonel demanda, étonné :
« Mais alors pourquoi avoir agit ainsi ?
- Par ce que ce garçon souffrait d’un asthme allergique chronique et qu’il était en détresse respiratoire aiguë, répondit simplement l’infirmière.
- Quels étaient les signes en présence ? demanda le médecin chef .
- Il avait un sifflement à l’expiration au début, puis s’est carrément bloqué en inspiration, un fort tirage, des sueurs profuses et les lèvres, les ongles et les lobes des oreilles cyanosés.
- Dans un cas comme cela, qu’est-ce que çà changeait de l’emmener plutôt que de le laisser sur place ? repris le commandant Verfeuil. Vous avez gagné au plus cinq minutes !
- C’était un cas flagrant de mal asthmatique, donc une urgence vitale, expliqua calmement Lucille. Seul le manque d’oxygène tue, et là çà pouvait aller très vite. D’ailleurs, quand je suis arrivée au centre de secours et que j’ai commencé le traitement, le malade était déjà inconscient. C’est rare, mais je suis sure qu’on était non seulement à cinq minutes mais à une minute près. »
Il y eut un bref coup d’œil entre le médecin et le responsable du CODIS. Le docteur Réjoulais semblait dire au comandant : « Tu vois, je te l’avais bien dit ». La jeune femme comprit soudain qu’il y avait dû y avoir une discussion sérieuse entre les deux hommes qui devaient avoir des avis différents sur le sujet.
Le colonel jugea plus prudent de réorienter la conversation vers l’intervention la plus récente. Il procéda de la même manière en demandant à la jeune sœur d’expliquer comment s’était déroulé l’intervention qui s’était terminée par le sauvetage de Michelle. Les questions furent à peu près les mêmes que dans le bureau de Jean-Yves sauf que là, elle put s’expliquer jusqu’au bout. Mais, il était difficile de savoir ce que les personnes qui lui faisaient face en pensaient. En tout cas il était assez net que, si l’enquête autour de la première intervention se concentrait sur Lucille, celle de la seconde prenait plutôt pour cible les décisions de René. La jeune femme était cependant à l’aise car elle était vraiment persuadée que le major n’avait pas fait d’erreurs. Elle put donc répondre aux questions honnêtement tout en défendant son ami.
« Bon, conclu le colonel, je crois que nous en avons fini. Je tiens à vous remercier pour la simplicité et la clarté de vos réponses. Avant de vous laisser partir, je voudrais vous poser une dernière question, plus personnelle. Je tiens à souligner que, contrairement aux autres, vous n’êtes pas obligée d’y répondre, c’est juste pour mieux vous comprendre.
Le lieutenant Barreau nous à tracé un portrait peu élogieux de vous. Vous êtes, pour lui quelqu’un d’incontrôlable et de dangereux. Pour le major Réjoulais, au contraire, vous êtes si courageuse que vous méritez une médaille. Où vous situez-vous ? »
Malgré la gravité de la situation, Lucille ne pu s’empêcher de rire. Ces deux avis étaient si caricaturaux et si contrasté que c’était vraiment drôle.
« Excusez-moi ce sourire, messieurs, mais ces deux réactions reflètent bien le caractère passionné de ces deux hommes ! Plus sérieusement, je crois que je ne suis ni nulle, ni exeptionelle. Je suis juste un pompier comme les autres qui essaie de faire son boulot le mieux possible, c’est tout. »
Les trois hommes se regardèrent et, comme personne ne semblait avoir rien à ajouter, le colonel leva la séance.
Lucille serra la main à tout le monde et s’empressa de sortir. Elle se sentait plus légère et avait envie de profiter un peu du soleil avant de repartir vers Vic. Elle s’acheta une chocolatine et s’installa sur l’herbe prés du fleuve pour la déguster. Elle écoutait les oiseaux et regardait l’eau qui semblait s’amuser avec le soleil.
« Alors, on recharge les accus ? »
La jeune femme sursauta, se retourna et se retrouva face au colonel. Elle esquissa le geste de se mettre debout mais il l’arrêta.
« Ne bougez pas » fit-il en s’asseyant près d’elle.
L’infirmière ne savait plus que penser. C’était vraiment la dernière personne qu’elle s’attendait à rencontrer là. Où alors peut-être l’avait-il suivit pour poursuivre l’interrogatoire de manière moins formelle. Elle se dit qu’il valait mieux faire attention à ce qu’elle allait dire.
« Ne vous inquiétez pas, ma voiture est garée prés d’ici, c’est un hasard si je vous ai vu. N’ayez pas l’air si surprise, vous ne savez pas cacher vos sentiments, on lit en vous comme dans un livre !
- Excusez-moi, fit Lucille franchement, mais je suis un peu à cran ces temps-ci, je crois que je finis par me méfier de tout le monde.
- Ne vous inquiétez pas, après tout cela c’est normal d’être un peu nerveuse, répondit le colonel en souriant. Je ne peux pas vous donner les résultats de l’enquête car nous n’avons pas encore délibéré, mais ce que je peux vous dire, c’est que vous pouvez dormir tranquille.
- Et le major ? osa la jeune femme.
- Aussi. Mais je n’ai rien dit, ajouta-t-il aussitôt. Par contre si je suis là c’est parce que je tenais à vous dire quelque chose pour la suite.
- La suite ?
- Oui, la suite de votre engagement dans le corps départemental. Vous savez, s’il y a une procédure à suivre en intervention, çà n’est pas pour faire joli, mais parce qu’elle est le fruit de longues années d’expérience. Elle est destinée, non pas à embêter le monde mais à être plus efficace ensemble. Est-ce que c’est dans cette optique là que vous la comprenez ?
- Euh, oui… je pense, répondit Lucille.
- Pourquoi cette hésitation ? demanda le colonel qui n’avait pas l’air trop surpris de la réaction de la jeune femme.
- Eh bien je pense comme vous, bien sur, mais la procédure ne prévoit pas toutes les situations, et parfois, quand la vie des personnes que l’on secourt en dépend, je pense qu’on peut prendre certaines initiatives pour les aménager.
- Les aménager ? dit le colonel en riant, vous avez des mots bien a vous pour appeler les choses ! Mais je comprends ce que vous voulez dire. Vous voyez, pour paraphraser Molières, je dirais que la procédure est faite pour l’homme, pas l’homme pour la procédure. Elle est un moyen, pas un but, comprenez-vous ?
- Oui, je crois que cette fois-ci, je suis complètement d’accord, approuva la jeune sœur.
- Tant mieux, fit-il en se levant suivit par Lucille. Mais attention, les entorses à la procédure ne doivent être qu’exceptionnelles, n’en abusez pas.
- Oui, Monsieur. »
Il lui tendit la main et elle la serra chaleureusement.
« Ah… une dernière chose, ajouta-t-il. Il est bien entendu…
- … que cette conversation n’a jamais eu lieu, acheva la jeune femme.
- Exactement, fit le colonel, je crois que nous sommes sur la même longueur d’ondes. Je saurais m’en souvenir. »
Il s’éloigna sur cette dernière phrase qui apparaissait assez énigmatique à Lucille. Elle ne le savait pas alors mais ces simples mots annonçaient encore bien des émotions pour la jeune sœur.

« … et puis, j’ai repris le chemin du retour, soulagée, comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. »
La jeune femme était dans le bureau de sa supérieure et achevait le récit de cette après-midi d’audience au SDIS.
« Bon, et bien je suis ravie que cela se soit passé de cette manière. Vous savez j’ai prié toute la journée pour vous, fit Mère Jeanne.
- Avec les bras au ciel ? plaisanta Lucille. Comme Moïse qui priait pour le peuple alors qu’il combattait ?
- Non, moi je n’avais personne pour me tenir les bras quand j’aurais été fatiguée, répondit la sœur sur le même ton. Alors je me suis contentée de prier en moi-même.
- Et bien même de cette façon, çà a été efficace ! pouffa la jeune sœur.
- Bon alors maintenant que vous êtes libérée de tout cela, il faut que je vous parle sérieusement à propos des postulantes.
- Oh la, la ! Je n’aime pas quand vous prenez cet air, s’inquiéta Lucille.
- Quel air ? s’étonna la Mère.
- Celui que vous avez en ce moment :sérieux et vaguement ennuyé. En général il est annonciateur de problèmes !
- Des ennuis, je ne sais pas mais un accroissement de vigilance oui.
- Quel est le souci ? demanda la jeune femme.
- C’est au sujet de Sarah. Comme vous le savez elle a vingt trois ans et est infirmière. Mais le souci, c’est qu’elle présenterait des troubles mentaux.
- Graves ?
- Je ne sais pas exactement, répondit Mère Jeanne, la Mère générale à été plutôt vague. Il semblerait qu’elle ait parfois des crises un peu bizarres
- De quelle nature sont-elles ?
- Et bien, apparemment, elle se figerait soudain sans raison au milieu de ses activités. Cela dure deux à trois secondes et elle revient à elle.
- La description ressemble à des crises d’épilepsies ou quelque chose comme cela, fit Lucille.
- C’est ce que nous avons pensé mais elle a emmené dans son dossier médical un avis de neurologue qui ne trouve aucune anomalie de ce coté là. Nous avons demandé un deuxième avis qui confirme le diagnostique. Il a été fait des examens complémentaires qui ne révèlent rien de physique. C’est pourquoi nous en concluons qu’il y a sûrement un problème mental.
- Je comprends, dit la jeune sœur. Et son comportement général, à quoi ressemble-t-il ?
- C’est cela qui est le plus bizarre, expliqua Mère Jeanne. Il est tout à fait normal la plupart du temps.
- La plupart du temps ?
- Eh bien, c’est apparemment une jeune femme plutôt gaie, un peu timide mais qui, en dehors de ses crises semblerait tout à fait équilibrée. Par contre, il apparaîtrait qu’après chacune de ses absences, elle ait du mal à reprendre pied dans la réalité.
- C’est à dire ?
- En fait elle aurait tendance pendant les heures suivantes à aborder certaines personnes même inconnues et à leur dire des choses sans queue ni tête. Je n’en sais pas plus.
- En effet, c’est plutôt étrange, réfléchit l’infirmière. Et donc en dehors de cela elle a un comportement tout à fait normal ?
- Oui, c’est pour cette raison, que, dans le discernement, il faudra évaluer ces troubles et voir s’ils sont compatibles ou non avec notre style de vie. S’ils sont trop prégnants il sera peut-être nécessaire de la montrer à un psychiatre. Nous en jugerons au fur et à mesure.
- C’est parce que je travaille en psychiatrie que vous m’avez demandé de m’occuper des postulantes ? s’enquit la jeune sœur.
- C’est une des raisons en effet, acquiesça la Mère. C’est même pour cela que la Mère générale les envoie ici. Mais les raisons que je vous ai déjà données en premier sont vraies aussi.
- Ah… Bon… Eh ben heureusement que c’était facile et qu’il n’y avait qu’a leur montrer ce qu’on vivait ! s’exclama Lucille en riant. Mais, sérieusement, vous pensez que je suis à la hauteur pour mener à bien cette tache ?
- Ecoutez, comme je vous l’ai déjà dit nous allons être plusieurs à juger de cela et je serais là dès que vous aurez un doute sur quelque chose. Etes-vous toujours d’accord pour vous en occuper ?
- Oui… Mais c’est aussi toujours entendu que si vous voyez que je ne fais pas l’affaire, vous me remplacez ?
- Bien sûr, fit la Mère en se levant. Allez maintenant, partons sinon nous allons arriver en retard à la messe. »
Lucille sortit et la supérieure la regarda partir.
« M’est avis ma fille que tu pourrais être surprise de voir de quoi tu es capable », se dit-elle en souriant.

Le soir même Lucille se dirigeait vers le cimetière du couvent. Le lieu était calme, idéal pour s’apaiser l’esprit avant d’aller dormir. Le temps était doux et le soleil ne s’était pas encore caché. En arrivant, elle fut surprise de voir Michelle mettre des fleurs sur la tombe de sœur Gertrude.
« Bonsoir, fit la jeune sœur.
- Bonsoir. Comme elle va me manquer, elle est partie si vite, répondit-elle tristement.
- Je ne savais pas que vous connaissiez bien sœur Gertrude.
- Oh si… Figurez-vous que, quand je suis arrivée ici pour me marier, elle a été la première à ne pas me traiter comme une moins que rien. C’est elle qui m’a recommandée pour le travail à la cuisine. Sans elle, je crois que je n’aurais pas tenu le coup très longtemps dans ce village.
- Je comprends, fit la jeune femme. Et comment vous sentez-vous en ce moment ?
- Bien, très bien, répondit Michelle. Je crois que je me reconstruis petit à petit. Le médecin dit qu’il y a beaucoup de progrès. Peut-être que je vais pouvoir commencer à faire des projets d’avenir plus vite que prévu.
- Tant mieux, je suis contente que vous vous sentiez mieux.
- Bon, eh bien je crois que je vais vous laisser, j’ai encore besoin de sommeil.
- Bonne nuit » salua la jeune sœur.
Elles s’embrassèrent et Lucille la regarda partir. Michelle était touchante dans ces moments là et la jeune femme se reprocha d’avoir douté de sa parole. Avec tout ce qu’elle avait vécu depuis qu’elle était installée là, il n’était pas étonnant que, si en plus son mari la battait, elle ait pensé à en finir.
Quoi de plus radical que de se balancer d’un clocher ? La jeune sœur se demanda à nouveau pourquoi elle ne s’était pas simplement jetée d’en haut et pour quelle raison elle était descendue sur le toit. Elle s’était donnée bien du mal pour pas grand chose. En effet qu’elle ait vraiment voulu en finir ou que ce ne soit qu’un appel au secours, dans les deux cas, elle aurait été aussi efficace depuis le haut. Même plus radical, le clocher étant plus visible et plus en hauteur.
A bien y penser c’était même bête de se mettre là pour être vu, car le lieu n’était pas visible d’en bas. D’autre part, en cas de suicide effectif, Michelle aurait eu cent fois l’occasion de sauter avant qu’ils arrivent. Et puis comment était-elle descendue là ? Michelle faisait beaucoup d’escalade étant jeune, elle était même extrêmement forte à ce jeu là. Mais même pour quelqu’un de très fort, descendre un mur complètement lisse sans corde c’était impossible. A moins qu’elle ne soit descendue avec une corde. Mais, à ce moment-là, on l’aurait retrouvée quelque part et cela n’avait pas été le cas.
Lucille continua à réfléchir et finit par conclure qu’il y avait certainement des prises dans le mur du clocher, cela ne pouvait pas être autrement. Elle résolut d’aller le dimanche suivant vérifier cette hypothèse. Puis, elle se leva et reprit le chemin du couvent.


(à suivre le 21 juillet)



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