Créer un blog Présentation

Nom du blog :
lesromansdelara
Description du blog :
Voici l'histoire d'un pompier pas comme les autres ! Blog pour ceux qui M l'action et le suspens
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
05.05.2007
Dernière mise à jour :
30.04.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· L'île (69)
· Roman "Esprit de feu" (16)

Navigation

Accueil
Livre d'or lesromansdelara
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Chapitre 12a
· Roman : Esprit de feu chapitre 1 et 2
· chapitre 10
· chapitre 19 et 20
· chapitre 13 et 14
· chapitre 6
· Esprit de feu chapitre 3 et 4
· Chapitre 7
· Chapitre 11
· Chapitre 9

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

bonjour
01.04.2008
bravo
28.02.2008
www.ecriresonlivre.com
19.02.2008
partager nos blogs
27.01.2008
super bien
05.12.2007
.
31.10.2007
excelent
16.10.2007
Prise de contact
27.09.2007
Pas mal du tout...
31.05.2007
RSS

Blogs 18 à découvrir :

· lerevedesanges
· warsword
· mondesdecamille
· derkelly
· contes
· petitmichel61
· menu
· proffusiongab01
· dilou30
· morganita

chapitre 10

chapitre 10

Posté le 20.07.2007 par lesromansdelara
Chapitre 10

Intervention mouvementée


Lucille descendait en vélo vers le village en se disant qu’elle avait beaucoup de chance. Il faisait à nouveau très beau pour son jour de repos. Bien sur, elle était de garde chez les pompiers, mais cela ne l’empêchait pas de se détendre. Elle avait décidé d’aller enquêter dans le clocher, puis de flâner un peu dans les rues de Vic.
Elle se dirigea vers l’église et posa son vélo contre le mur. Puis elle rentra dans l’église par la petite porte de côté. Elle en profita pour prier un peu puis, elle essaya de se mettre dans la peau de Michelle ce fameux matin.
« Bon alors voilà. Je viens de me faire battre par mon mari et je suis désespérée. Je viens ici, je monte à la tribune… » Lucille joignait au fur et à mesure le geste à la parole. « Ensuite, je prends la clef. Oui, elle sait où elle est, elle aide suffisamment à la paroisse. J’ouvre, la porte et je monte… Euh non…Je ne veux pas attirer l’attention donc je remets la clef où elle était, voilà… et ensuite je referme la porte… »
La jeune femme essaya de tirer la porte depuis l’intérieur, mais c’était impossible. Il n’y avait plus de poignée. Si on la fermait, pour rouvrir, il fallait la clef. Alors comment avait-elle fermé puis que la clef se trouvait dans sa cachette quand les gendarmes étaient arrivés ? Lucille se souvenait très bien avoir vu cette porte close, et même tellement bien fermée que le gendarme avait cru qu’elle était verrouillée. D’ailleurs, à ce propos… La jeune sœur ressortit et essaya de pousser la porte de l’extérieur, ce qu’elle fit facilement car il y avait un jeu d’au moins un centimètre entre le seuil et la porte. Donc il fallait exclure le fait qu’elle se soit coincée ce jour-là. Si Emeric n’avait pas pu l’ouvrir c’est qu’elle était bien fermée à clef. Mais comment alors la clef était-elle revenue à sa place dans la petite niche ?
Lucille, quant à elle laissa la porte ouverte et monta en haut du clocher en réfléchissant. Impossible sauf si… Une idée lui traversa l’esprit si brusquement qu’elle faillit louper une marche. Sauf si Michelle n’était pas seule ce jour-là. Pas seule, mais avec qui ? Peut-être ce Ceven…
« N’importe quoi… je délire» se dit la jeune femme . En effet pourquoi aurait-il aidé sa maîtresse à se jeter du haut du clocher pour appeler à l’aide aussitôt ? C’était stupide…
La sœur arriva en haut des escaliers et se pencha sur la balustrade. Le mur était impeccablement plat. Pourtant elle se souvenait d’avoir eu la veste déchirée par quelque chose en remontant Michelle. En se déplaçant, quelque chose de brillant fiché à mi-chemin dans la paroi attira son regard. C’était un piton. Peut-être l’avait-elle fiché là pour avoir une prise. Mais où était les autres ? Elle se pencha mais ne vit ni pitons, ni trous où ils auraient pu être encastrés avant d’être retirés. Le fait qu’il soit à mi-chemin faisait penser à un piton d’arrimage pour assurer quelqu’un. Il était en effet trop loin de la balustrade en haut et du toit en bas pour être un point d’appuie pour un grimpeur sans corde.
Donc si on admettait qu’il y avait eu une corde où était-elle maintenant ? Il n’y avait aucun endroit pour la cacher même provisoirement sans que personne ne l’ait vue. Par contre s’il y avait eu une seconde personne qui l’ait faite descendre puis qui ait prit la corde, là ce serait logique.
Lucille avait déjà assisté à des manœuvres où l’on faisait descendre quelqu’un. En plus d’un système pour arrêter la corde en cas de chute il y avait toujours un point fixe quelque part qui assure le tout. Elle se souvenait que, l’autre jour ses collègues l’avait placé autour de la balustrade à l’opposé. Peut-être que si sa théorie était bonne la mystérieuse personne avait pris le même. Elle alla vers cette balustrade et s’agenouilla. Il y avait bien des traces de corde jaune comme celle des pompiers mais rien d’autre.
« Non, c’est pas ça, murmura la jeune femme. Je me joue des films et en plus je soupçonne quelqu’un qui me fait confiance, je suis en dessous de tout ».
Comme elle était prête à se donner des claques son bip se mit à sonner.
« Ho, la, la ! Sauve qui peut !» se dit-elle en partant à toute vitesse. L’urgence de partir en intervention n’était pas la seule cause de sa précipitation. En effet la sirène se trouvait dans le clocher juste au-dessus de sa tête. Il valait mieux qu’elle prenne le large avant de finir complètement sourde. Et heureusement, qu’elle s’était décidée vite car elle était aux dernières marches quand la sonnerie commença à retentir faisant un vacarme assourdissant.
Lucille rit toute seule en sortant de l’église. Elle saisit son vélo et fonça vers le centre de secours. Une minute après elle rentrait dans son vestiaire. C’était un accident de la route et une personne se trouvait incarcérée dans sa voiture à cinq kilomètres de là. Le VSAV et le Véhicule de Secours Routier étaient demandés.
Comme c’était dimanche, il y avait assez de monde pour armer tous les véhicules. L’infirmière se dirigea donc vers sa voiture et démarra derrière les autres. L’intervention était sous la direction de René, le plus haut gradé, et, dans l’équipe de secours routier se trouvait Louis. La jeune femme espérait qu’il n’y aurait pas d’autres problèmes entre les deux hommes. En dehors du fait que c’était toujours ennuyeux de se disputer, une intervention comme celle-là demandait une bonne coordination, donc une bonne entente. Il fallait en effet être efficace rapidement.
C’était d’autant plus vrai dans ce cas là car, quand ils arrivèrent, ils virent de suite que l’intervention allait être compliquée : la voiture était dans le fossé sur le flanc droit. Elle avait été arrêtée par un arbre qui la bloquait au niveau du toit et qui menaçait de finir de tomber. Le conducteur était coincé à l’intérieur et il était difficile de voir dans quel état il était.
René analysa la situation instantanément et organisa rapidement l’opération :
« Allez, dit-il aux hommes du VSR, vous sécurisez cet arbre d’abord, ensuite vous calez la voiture. Les autres vous essayez de faire un premier bilan de la victime dès que l’arbre est attaché. Par contre tant que la voiture n’est pas calée vous ne touchez à rien. »
Les pompiers du VSR se dirigèrent vers l’engin pour prendre les cordes, pendant que ceux du VSAV essayaient de voir où en était la victime. Seul Louis restait là.
« Qu’est ce que t’attends, lui demanda René, que l’arbre se replante ?
- Non répondit-il d’un air assuré. Mais je me disais que, comme la voiture l’a tapé en venant de la route, il n'y a aucun risque qu’il lui tombe dessus. S’il cède, il tombera dans la prairie. Pourquoi perd-on du temps à le caler ?
- Ecoute, là, c’est toi qui nous retardes. Dans un cas comme cela on prend un maximum de précautions alors…
- René, le coupa Lucille qui était près de la voiture, le conducteur a une hémorragie au niveau de la cuisse, il faudrait la stopper le plus vite possible.
- D’accord, fit-il en se dirigeant immédiatement vers elle. Les gars vous tenez la voiture. Louis, tu arrimes cet arbre. Lucille tu es la plus légère, tu seras l’écureuil. Grimpe et passe par la vitre avant elle est ouverte. »
L’infirmière se plaça dans le fossé à la hauteur de la roue avant et regarda René.
« Tout le monde est prêt ? demanda-t-il
- Prêts, répondit l’équipe d’une seule voix
- Bon allez, vas-y doucement» ordonna-t-il à la jeune femme.
Elle grimpa avec précaution sur le flanc de la voiture, prit appuie sur les montants et se glissa dans l’ouverture de la vitre avant. Elle positionna ses pieds avec précaution sur l’appuie tête et l’accoudoir du siège passager pour ne pas tomber sur le conducteur. Puis elle essaya de s’installer assez confortablement pour pouvoir durer dans la position et rester efficace. Elle finit par caler ses pieds sur le bas de la portière avant gauche qui lui servait de plancher, ses jambes passant sous celles de l’homme. Elle annonça :
« C’est bon j’y suis ! »
Puis elle prit des ciseaux dans sa veste et coupa promptement la jambe droite du pantalon de l’homme. Quand elle arriva au milieu de la cuisse, un jet de sang la manqua de peu, la faisant un peu reculer. Lucille appuya de toutes ses forces sur la plaie les bras tendus ce qui stoppa l’hémorragie.
« Ca va ? demanda René de l’extérieur.
- Oui, répondit-elle, c’est bon l’hémorragie est enrayée. Pas besoin de point de compression. Je vais faire le relais par un pansement compressif et le perfuser.
- OK, mais pas de mouvements brusques. L’arbre est attaché mais la voiture n’est pas encore calée.
- D’accord, je ne bouge pas » fit Lucille .
Elle sortit un carré de mousse entouré d’élastiques de sa veste avec sa main droite, la main gauche restant plaquée sur la cuisse de la victime. Elle appliqua le carré sur la plaie et le fixa en serrant le plus fort possible. Elle sortait de ses poches de quoi perfuser l’homme quand elle crut entendre un craquement. Elle s’arrêta pour écouter. Mais elle n’entendit plus que ses collègues qui se préparaient à découper. Il n’était par rare quand on était dans la voiture d’entendre tout un tas de bruits étranges. C’est pourquoi elle continua sa tâche.
Soudain elle entendit un grand craquement et simultanément elle sentit la voiture basculer sur ses roues contre le remblai du fossé. Puis, dans un vacarme assourdissant, elle vit avec horreur le toit se plier. C’était étrange car tout se passait au ralenti mais de façon inexorable. Le toit descendait et allait bientôt toucher la tête du conducteur. Lucille prit ses ciseaux, découpa la ceinture de sécurité de l’homme. Puis elle monta sur le siège passager et le fit basculer la victime à plat dos sur le plancher de la voiture sous le volant. Il était temps car le toit avait déjà écrasé les appuis-tête et continuait à descendre. Elle se coucha à plat ventre sur les banquettes. Elle hésita un quart de seconde. Elle serait plus en sécurité sur le plancher avec la victime mais, pour cela, elle devrait remuer de nouveau le conducteur et risquer d’aggraver ses blessures. C’était un quart de seconde de trop. Comme le toit appuyait sur le dossier, la banquette remonta et Lucille se retrouve coincée contre le toit qui continuait à descendre. Soudain, tout s’immobilisa.
« Lucille ! Lucille, ça va ? Cria René d’une voix angoissée.
- Tout va bien, répondit aussitôt Lucille. Mais je ne peux plus bouger et je ne vois plus la victime. Je ne sais pas où en est le pansement compressif et je n’ai pas pu perfuser.
- T’inquiète pas, on va vous sortir de là le plus vite possible.
- O.K., occupez-vous du conducteur en premier, pour que le SAMU puisse le prendre en charge dés qu’ils seront là.
- On va voir ce qu’on peut faire. Bouge pas on arrive. »
Justement, elle entendit la sirène de la voiture du SAMU qui arrivait. Maintenant qu’elle était immobile et réduite à l’inactivité, elle se rendait compte de tout ce qui se passait autour d’elle. Une discussion s’élevait entre deux hommes et elle crut reconnaître les voix de René et de Louis.
« Mais enfin, disait René, qu’est-ce que t’as foutu ? Ou c’est que tu as appris à faire un arrimage ?
- C’est pas ma faute, répondit piteusement le jeune homme, je pensais vraiment qu'il tomberait de l’autre coté.
- Et c’est pour çà que non seulement tu n’obéis pas à mes ordres, mais, en plus de ne rien faire, tu t’appuies sur cet arbre ?
- Mais j’avais une crampe ! protesta Louis.
- Une crampe, une crampe… Et pour une crampe tu mets en danger la victime et tes collègues ?! explosa le major. Bon, disparais de ma vue, on en reparlera ! Je vais demander des renforts et prévenir Greg. »
Puis elle entendit le médecin du Samu, râler qu’on le dérangeait pour rien et Rémi le chef du VSR qui lui expliquait qu’il faudrait qu’il attende un peu et qu’ils ne pouvaient pas faire plus vite. Ensuite, la voix de René se refit entendre.
« Lucille, à cause de l’arbre qui est dessus on ne peut pas enlever le toit, alors on va casser le pare-brise et récupérer le monsieur en découpant la porte. Ensuite on s’occupera de toi, ça va toujours ?
- Oui, très bien.
- Bon, si tu as le moindre problème tu cries, recommanda le Major.
- D’accord ! Ne t’inquiètes pas ! répondit la jeune femme. »
Peu après, elle les entendit scier le pare brise, puis une série de bruits de moteurs et cisailles l’informa que la pince hydraulique était en train d’attaquer la porte. La voiture grinça, vibra mais, parfaitement calée, ne se déplaça pas. C’est alors que la voix de Greg lui parvint aux oreilles.
« Et petite sœur, tu vas bien ?
- Oui, t’es déjà là ? s’étonna l’infirmière.
- Tu sais quand on m’a dit ce qui s’était passé, j’ai pas traîné ! s’exclama le chef de centre.
- Dis, à ce propos, il faudra que tu calmes René. Il est furieux contre Louis.
- Ah bon pourquoi ?
- Tu lui demanderas de t’expliquer. Dis, où en sont-ils?
- Ils ont découpé la porte et ils mettent le vérin hydraulique pour repousser le tableau de bord, fit Greg après être allé demander. Surtout tu le dis si tu sens que ça bouge. »
Elle ne sentit rien au début puis quelque chose lui appuya sur les jambes.
« Stop ! cria-t-elle.
- Stop ! » répercuta le lieutenant.
Immédiatement, le mouvement cessa.
« Qu’est ce qu’il y a ? demanda-t-il.
- Quelque chose m’appuie sur les mollets. Pour l’instant ça fait pas mal mais il ne faudrait pas que la pression augmente.
- D’accord, on va voir ce qui se passe. »
Deux minutes après il revint et informa Lucille.
« Bon on croit savoir ce que c’est, on a déplacé le vérin. On va reprendre et tu dis si ça va. »
Ca allait bien cette fois-ci et la jeune femme ne sentit plus rien bouger.
« Ca y est, on le voit, dit René à son tour. Le pansement a bien tenu. Le Samu s’occupe de lui avant qu’on le sorte de là. Tu tiens le coup ?
- Oui, ça va mais ce serait bien que cela ne dure pas trop ! Je suis un peu à l’étroit pour respirer ici !
- On va faire notre possible, sister . »
Cela prit dix minutes. Elle les entendait faire les manœuvres et c’était comme si elle les voyait hisser le conducteur sur la planche en bois prévue à cet effet puis le mettre sur le matelas et dans l’ambulance. Puis elle entendit le VSAV démarrer.
« Bon, ça y est ! On va pouvoir s’occuper de toi ! annonça Greg.
- Comment allait-il ? s’inquiéta Lucille.
- Pas trop mal, répondit le chef de centre. Un peu faible, bien sur mais le médecin pense qu’il ne devrait pas y avoir de problème. »
Il fut interrompu par un bruit de sirène qui approchait.
« Qu’est-ce que c’est ? demanda l’infirmière.
- Le VSAV de Trenac qui arrive. René l’a demandé en renfort.
- Ah bon pourquoi ? Pour moi ?!.. Mais je vais bien ! s’exclama-t-elle.
- Ben on ne sait jamais…
- T’as le chic pour remonter le moral de quelqu’un toi !…
- Arrêtes de râler et ne t’agites pas ! C’est mauvais pour le souffle ! »
Il plaisantait, mais en fait c’était un peu vrai. Lucille commençait un peu à en manquer et elle résolut de ne parler dorénavant que si c’était vraiment nécessaire.
Peu après, René revint lui expliquer qu’ils allaient essayer de l’atteindre en passant par le haillon arrière. Ils comptaient procéder de la même manière que pour le pare brise et ensuite il suffirait de découper le fauteuil pour la décoincer.
Tout marcha comme prévu et Lucille entendit René donner les ordres :
« Allez, attention, on coupe le siège. »
La jeune femme sentit les vibrations de la pince, puis une série de craquements se fit entendre.
« Tenez-le… doucement… voilà c’est bien, commanda le major. Bon, Lucille, on va le basculer lentement et tu dis si tu as mal. »
Elle sentit le siège bouger et la compression diminua. Elle prit une grande bouffée d’air. Ouf ! Ca faisait du bien de pouvoir respirer librement ! Il était temps car elle commençait à se sentir un peu bizarre. Soudain elle prit conscience que Greg était à coté d’elle.
« Heureux de te voir ! fit-il.
- Et moi donc ! répondit l’infirmière.
« Ne bouges pas, recommanda Greg qui s’était glissé jusqu’à elle. Je vais regarder si tout va bien. Bon je vais commencer par les jambes. Tu peux bouger ?
- Oui, je peux. »
Il fit ainsi un bilan de tout le corps. A un moment Louis intervint lourdement :
« Eh Greg, n’en profites pas !
- Toi, fit René, tu la ramènes encore une fois et tu prends ma main dans la figure !
- Oh ça va, si on peut plus plaisanter…
- Tu sais, coupa froidement Rémi, je serais dans ton cas je la mettrai en veilleuse et me ferai tout petit. »
La remarque fit de l’effet à Louis car Rémi avait toujours été un de ceux qui était le plus proche de lui dans la caserne. Il se mit alors dans un coin pour bouder tranquillement.
Pendant ce temps Greg avait finit d’examiner Lucille et tout allait miraculeusement bien.
« Et ben, t’as eu du bol ! conclut-il. Bon, si on sortait de là maintenant ?
- Avec plaisir, répondit la jeune sœur. Aides-moi à me glisser, s’il te plait. »
Ils se traînèrent jusqu’à la plage arrière.
« Rémi, fit René, mets des couvertures pour protéger le haillon, que personne ne se coupe. »
Rémi s’exécuta et Greg sortit bientôt suivi de Lucille qui se traînait un peu difficilement car elle commençait à avoir des fourmillements dans les jambes et ne pouvait que très peu y appuyer dessus.
« Alors Sister, t’as passé un bon moment là-dessous ?
- Mémorable… Je m’en souviendrais de celui-là ! Aïe, fit-elle en posant le pied par terre.
- Qu’est-ce que tu as ? As-tu mal quelque part ? s’inquiéta le major.
- C’est rien, juste des fourmis dans les jambes.
- Ha, je vois…
- Hé ! s’exclama-t-elle alors que le major la saisissait dans ses bras, mais qu’est-ce que tu fais ?
- Les fourmis ça vit dans la nature ! plaisanta-t-il en la déposant plus loin sous un arbre. Et puis, je préfère qu’on s’éloigne de cette voiture de malheur ! » ajouta-t-il alors que la jeune femme retirait ses rangers pour se masser les pieds.
Puis, semblant soudain se souvenir de quelque chose, il se leva d’un coup.
« Bon, maintenant que tout le monde est en sécurité, on va régler nos comptes ! »
Et il se dirigea à grandes enjambées vers Louis. Lucille l’avait rarement vu aussi en colère et elle eut peur que ça tourne mal. Elle essaya de se lever mais ses jambes n’avaient pas repris tout à fait leur mobilité et elle manqua de tomber.
Heureusement, Greg, qui avait vu, s’interposa :
« René, pas maintenant, ce n'est pas le moment !
- Laisse-moi régler son compte à ce petit c…, rugit le major.
- Non, répondit fermement le lieutenant, on fera plutôt un débriefing quand tout le monde sera un peu plus calme. Pour l’instant on range tout et on verra au centre, tranquillement assis autour d’une table.
- Mais… commença René.
- Il n’y a pas de mais, c’est un ordre, ne m’obliges pas à hausser le ton.
- C’est toujours pareil ! protesta le major, tu le protèges parce que c’est le fils de Jean-Yves !
- Mais non, tempéra Greg, tu sais bien que ce n’est pas vrai. Je te promets qu’on va y réfléchir objectivement sans tarder. Mais ça n’est pas quand on est très énervé qu’on peut en parler calmement. Tu comprends ?
- Mouais ! D’accord… on range alors. »
René s’éloigna pour aider les autres à remiser le matériel. Pendant ce temps, Lucille s’était relevée et expliquait à l’équipe du VSAV de Trenac que tout allait bien et qu’ils pouvaient partir.
« Oui les gars, avec tout cela j’ai oublié de vous dire que c’était bon pour vous. Désolé de vous avoir dérangé pour rien, s’excusa le lieutenant.
- Ne t’inquiètes pas Greg, le rassura le chef d’équipe, dans ces cas-là on aime autant se déplacer pour des clous. Salut ! »
Ils se serrèrent la main et quand tout fut en ordre, Lucille remonta dans la voiture. Rémi se mit au volant à la demande de Greg. Le lieutenant et le major, qui avaient besoin de se parler seul à seul, prirent la voiture de commandement, et les deux hommes restant ramenèrent le VSR.

Lucille remontait à vive allure vers le couvent. Avec tout cela elle allait finir par être en retard à la prière du soir.
La réunion avait mis un peu de temps à démarrer car il fallait attendre que le VSAV revienne de l’hôpital.
Finalement, le débriefing eut lieu, et l’attente avait eu l’avantage de calmer René qui arriva à reconstituer la situation assez calmement. Tout le monde était d’accord sur la chronologie des évènements, par contre, les responsabilités étaient contestées par le seul qui s’avérait être en cause. Pour Louis, il était évident que cet arbre ne devait pas tomber et il ne pouvait pas deviner que s’appuyer dessus était dangereux. De plus, il avait essayé, pendant que les autres calaient la voiture, d’arrimer le tronc mais il soutenait que c’était impossible.
« Comment cela impossible ? s’étonna Rémi.
- Oui, je voulais un point d’ancrage et je n’en ai pas trouvé.
- Comment cela ? demanda René. Et l’arbre de derrière ?
- Il n’était pas placé comme je voulais, fit Louis de mauvaise foi.
- Pas placé comme tu voulais ?!… » s’énerva René.
Greg lui plaça la main sur le bras. Cela devait être un signe convenu entre eux car il se produisit assez souvent ce soir-là et, à chaque fois, le major se taisait et laissait parler le lieutenant.
Lucille, quant à elle, en les écoutant commençait à penser, qu’en effet Louis était un peu dangereux. Pas tellement par ses gestes mais par son attitude inconséquente et son entêtement à croire que lui seul avait raison. Puisqu’il ne voulait rien entendre, Greg résolut d’en reparler au conseil de centre pour en tirer les conséquences.
Après la réunion, Lucille demanda à René des précisions sur les points d’ancrages. Elle avait cru comprendre qu’il y avait plusieurs moyens d’arrimer quelqu’un ou quelque chose. Elle lui demanda, en prenant exemple sur le sauvetage de Michelle, où il aurait placé la corde dans le clocher, si la balustrade d’en face avait été inabordable. Le major réfléchit un instant et répondit que les poutres du dessus auraient aussi pû bien faire l’affaire.
Après l’avoir remercié et prit congé de tout le monde elle retourna dans le clocher et vérifia poutres. Des petits bouts de fils rouges y étaient incrustés. Aucunes des cordes des pompiers n’étaient rouges et les traces étaient relativement fraîches. Michelle avait donc utilisé une corde et quelqu’un l’avait aidée à descendre du clocher sur le toit. Mais pourquoi ? Elle n’arrivait pas à trouver d’explications qui se tiennent.
Sur le chemin du retour elle croisa Yves, le mari de Michelle. Elle s’arrêta pour lui parler un peu car, quelque part, il lui faisait de la peine. Comble de malchance, le pauvre homme venait de se faire cambrioler. Heureusement pour lui, les voleurs avaient dû être dérangés et n’avaient rien eu le temps d’emporter. Quand elle arriva au couvent, elle n’eut que le temps de se changer, de remettre sa robe, sa cape de cœur et d’entrer dans la chapelle pour la prière.

(... à suivre le samedi 28 juillet)


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre message : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus