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Nom du blog :
lesromansdelara
Description du blog :
Voici l'histoire d'un pompier pas comme les autres ! Blog pour ceux qui M l'action et le suspens
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
05.05.2007
Dernière mise à jour :
30.04.2008
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chapitre 16 et 17

chapitre 16 et 17

Posté le 23.09.2007 par lesromansdelara
Chapitre 16

Lucille s’emporte


Il avait fallu un peu de temps à Lucille pour digérer les évènements de ces derniers jours. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle y pensait, il lui semblait qu’elle rêvait et qu’elle allait se réveiller. Elle avait tourné et retourné tout cela dans sa tête et n’arrivait décidément pas à trouver une explication rationelle. Sarah n’avait pas pu savoir que l’arc-en-ciel était un signe entre Gertrude et elle. Personne d’autre n’était au courant, même pas la Mère.
Elle avait reparlé de tout cela avec la supérieure qui en avait déduit que la postulante avait vraiment un don. Apparemment, dans sa recherche pour savoir ce que c’était et d’où cela venait, Sarah s’était fait aider d’un prêtre à l’adolescence. Il lui avait dit de confier tout cela à Dieu et de lui demander de lui ôter ce don s’il ne venait pas de Lui. Mais il lui était resté.
La supérieure en avait déduit que si cela venait de Dieu, comme Lucille était chargée de la diriger, elle était sûrement la plus à même d’aider la postulante à décrypter ces visions et, peut-être à les maîtriser. Quand elle entendit cela, l’infirmière ouvrit de grands yeux et demanda immédiatement à être déchargée des postulantes. Elle ne se sentait pas du tout à la hauteur de la tache.
« Voyons, un peu de foi ! Si Dieu demande cela de vous, Il vous en donnera les moyens ! »
Sur cette bonne parole, Lucille céda en maugréant quelque chose que Mère Jeanne ne comprit pas très bien mais qui devait s’apparenter à :
« Elle est tombée sur la tête oui… »


L’après-midi même, la jeune femme fit un tour à l’hôpital, prendre des nouvelles de René. Il avait été opéré dans la matinée, d’une double fracture du tibia et du péroné. Sa femme était auprès de lui et Lucille ne rentra dans la chambre pour ne pas le fatiguer. Elle se dit qu’elle reviendrait ensuite.
Comme elle rentrait au couvent, elle croisa Yves Darrube qui venait parler avec la Mère.
« Oh, Yves ! Vous avez une minute ?
- Euh oui…
- Il faudrait que je vous demande un avis, est-ce que vous pourriez m’attendre une seconde ?
- Bien sur ! »
Et Lucille fonça dans sa chambre pour aller chercher le bout de corde qu’elle avait ramené du centre.
« Si je vous montre cela, à quoi ça vous fait penser ? » dit-elle en le donnant à Yves. Il le regarda et leva les yeux, surpris :
« Mon Dieu ! Il y avait quelqu’un au bout de cette corde ?
- Oui, justement. Il est à l’hôpital avec une double fracture !
- Il a eu de la chance ! En tout cas, c’est la première fois que fois une corde sectionnée comme de cette manière. C’est habile, vraiment très habile…
- Comment ça, habile ?
- Oui, habillement sectionnée.
- Vous voulez dire…
- …que cette corde a été tranchée volontairement, oui ! »
La jeune femme mit un peu de temps à assimiler la nouvelle.
« Vous êtes sur ?
- Oui, regardez comme elle est coupée nette sur le milieu. Seule une lame peut faire cela.
- Mais, quand la personne qui est tombée a mis son harnais elle n’était pas coupée, voyons ! Ensuite il était perché sur un toit et il pensait à autre chose qu’à trancher sa corde, croyez-moi !
- Sauf que, vu la façon dont elle est coupée, votre corde avait l’air intact. Regardez. Une corde comme celle-là est composée de l’âme, le cœur si vous voulez, et d’une enveloppe tissée. Ce qui fait la résistance c’est l’âme. La personne s’est arrangée pour couper l’âme sans endommager l’enveloppe. Ni vu, ni connu. La corde a l’air intact, mais au moindre choc…
- …elle casse, compléta Lucille l’air songeur.
- Oui, et là c’est manifestement ce qui s’est passé, vu l’état de l’enveloppe toute effilochée. Un choc a du la faire céder. »
La jeune femme revit René chuter et la corde se tendre brusquement.
« Dites-moi une dernière chose. Est-ce qu’il y a un moyen de se rendre compte qu’une corde est dans cet état puisque ce n’est pas visible a priori ?
- Tout à fait ! A chaque fois qu’on la range, on fait une boucle avec la corde et on la fait glisser entièrement dans les mains, comme cela. Si l’âme a cédé, la corde, au lieu de faire une boucle, fait un angle pointu. »
Lucille se souvint avoir vu faire cette vérification à ses collègues. Si elle ne se trompait pas, ils la faisaient tous les dimanches. Il fallait qu’elle sache maintenant qui l’avait faite dimanche dernier. Elle pourrait alors essayer d’interroger la personne pour voir si elle avait décelé quelque chose. Mais il fallait qu’elle fasse attention car c’était peut-être ce pompier qui avait sectionné la corde.
Elle remercia Yves et descendit au centre de secours. Là elle regarda le registre de vérification du FPTL. Chaque détail était noté, coché et signé. Elle suivit la colonne. Lot de sauvetage : Armand. Elle l’appela immédiatement sur son portable et lui demanda s’il avait vu quelque chose de particulier en vérifiant le lot de sauvetage.
« Je n’ai pas tout vérifié. Il ne me manquait plus que les cordes quand Greg m’a appelé signer un papier. Pendant ce temps, Jean-Luc a fini le travail. »
Elle le remercia et raccrocha. Jean-Luc, encore… A chaque fois qu’il y avait quelque chose qui clochait, elle tombait sur lui ! En tous cas, elle avait assez de présomptions pour aller voir Greg. Il faudrait qu’il bouge maintenant et qu’il arrête de se mettre des œillères ! Sinon quelqu’un allait finir par y rester.
Elle se mit en route sans attendre. Greg Rimfart avait une exploitation agricole située à trois kilomètres de Vic. En s’arrêtant devant la maison, elle aperçut la femme du chef de centre qui se battait avec une tondeuse à gazon qui faisait un sacré boucan.
« …jour… Lu…lle, comm… va-tu ? Excu…moi, je n’arr…er.. euse.
- Quoi ? hurla Lucille.
- …tends … un …tant. »
La fermière éloigna l’engin. Le bruit du moteur s’estompa fortement.
« Ca fait du bien quand ça s’arrête ! » pensa l’infirmière.
« Excuses-moi, Lucille. Cet engin me rendra folle ! Elle ne veut plus s’arrêter… Je n’ai plus qu’à attendre qu’elle tombe en panne d’essence ! »
Elles se saluèrent en s’embrassant.
« Ce n’est pas grave, assura la jeune femme. Dis-moi, Greg n’est pas là ?
- Oh si ! Il est entrain de moissonner dans le champ là-bas ! »
En effet, la jeune sœur vit un tracteur au loin.
« Tu crois que je peux aller lui parler ? C’est assez urgent !
- Oh oui, je pense ! D’ailleurs, ça va bientôt être l’heure de lui apporter à manger. Tu pourrais le faire, en même temps ? Ca m’éviterais d’y aller, je suis un peu en retard pour soigner les bêtes !
- Oui, avec plaisir ! »
Deux minutes après, Lucille entrait dans le champ de blé. Greg, qui l’aperçut de loin, la salua de la main et lui fit signe d’aller dans une petite clairière où il y avait un arbre. Il arrêta son tracteur et descendit tout en sueur.
« Tu m’excuses si je ne te fais pas la bise mais je ne suis pas très présentable !
- C’est moi qui suis désolée de te déranger durant ton travail, mais il fallait que je te parle… Mais avant, prends ça, c’est la part de Viviane, fit la jeune femme en lui tendant le panier.
- Merci. Viens allons nous asseoir sous l’arbre. Tu permets que je boive un coup d’abord ?»
Il était cinq heures de l’après-midi mais il faisait encore extrêmement chaud en ce milieu de mois de Juillet.
« Ah ! Ca fait du bien par où ça passe ! dit-il en posant la bouteille d’eau et en s’essuyant le visage avec une serviette. Alors qu’est-ce qui t’amène ? » demanda Greg en commençant à manger.
La jeune femme expliqua en détail au chef de centre, ses découvertes successives et ses soupçons. Sa réaction fut à la mesure de ces révélations. Il commença par pâlir puis il posa son sandwiche, ensuite il ouvrit de grands yeux et quand elle eut fini, il parut incapable de répondre de suite. Puis, inexplicablement, il se mit à rire. C’était un rire forcé qui ne plaisait pas du tout à Lucille.
« Et ben dis donc, tu as une imagination débordante !
- C’est loin d’être de l’imagination, il y a des faits tangibles voyons !
- Oui, mais dont tu tires des conclusions complètement tirées par les cheveux ! Voyons Lucille, reprend toi ! »
La moutarde commençait à monter au nez de la jeune femme devant tant de mauvaise foi.
« Ecoute Greg, nous avons un problème et un problème sérieux ! C’est même toi qui m’as mis sur la piste. Pourquoi fais-tu machine arrière ?
- Ouais, et bien maintenant je regrette de t’en avoir parlé, répondit-il un peu vertement. J’avais quelques doutes mais c’est fini maintenant… Tout cela c’est du passé.
- Tu sais ton problème ? fit Lucille sur le même ton. Tu sais qu’il y a des sabotages dans le centre. Manque de chance c’est ton adjoint qui est soupçonné et, pour le protéger, tu mets en danger tes hommes !
- Je te défends de dire ça ! hurla Greg. C’est dans l’intérêt du service et de l’honneur des pompiers que je fais tout cela ! Il n’y a pas que nos petits soucis personnels en jeu, figures-toi ! Un scandale comme cela rejaillit sur l’ensemble du corps des pompiers. Il faut être prudent et avoir des preuves solides avant d’accuser quelqu’un d’aussi apprécié que Jean-Luc ! »
Lucille n’en croyait pas ses oreilles. Pour une stupide histoire d’honneur, il allait laisser ce malade saboter tranquillement le centre au risque de tuer quelqu’un !
« Je ne peux pas croire que tu ne veuilles pas bouger et que…
- Bon, écoutes, plus un mot ! Je ne veux plus jamais entendre parler de cela compris ? Sinon je te vire immédiatement ! Et que je n’ai pas à le redire ! » conclut-il sur un ton autoritaire.
La jeune femme se remit sur ses pieds sans dire un mot, jeta un regard glacial au lieutenant et partit rapidement. Greg la suivit des yeux en murmurant tristement :
« Désolé !… Je n’ai pas le choix… C’est pour ta sécurité…»

Le bip avait sonné en fin de soirée quelque temps après. Ce jour-là était au cœur du week-end de la fête du village. En général, c’était plus à trois heures du matin qu’à onze heures du soir que les gens se trouvaient mal. Mais comme certains jeunes ne dessaoulaient pas de trois jours durant la fête, Lucille ne fut qu’à demi surprise de voir du monde attroupé sur la place quand elle descendit avec son vélo. Elle s’arrêta voir si c’était urgent avant de passer au centre. Bien lui en prit.
Quand elle vit la personne qui était le centre de l’attention générale, elle sut tout de suite que c’était grave. C’était un jeune homme, presque un adolescent. Il était par terre, inconscient et son teint livide, donna un frisson à l’infirmière. Le pire c’est qu’elle reconnut Franck Larribe le fils du boucher.
« Qu’est-ce qui s’est passé, demanda-t-elle immédiatement.
On ne sait pas ! répondit David, un de ses amis. Il a avalé un de ses trucs là et il est tombé ! » et il montra un sac contenant des cachets blancs.
Pendant qu’il parlait, la jeune femme avait fait un bilan rapide. Le jeune homme était inerte et ne répondait pas. Elle se pencha sur son sternum qui ne bougeait pas.
« Zut ! Il ne respire plus ! » se dit-elle.
Elle lui bascula la tête en arrière et lui fit deux insufflations dans la bouche. Puis elle essaya de sentir les pulsations du jeune homme en mettant deux doigts sur l’artère carotide. Elle ne sentit rien.
« Est-ce que quelqu’un a un brevet de secourisme ? » demanda-t-elle. Mais personne ne répondit. Elle devrait donc se débrouiller seule le temps que les autres arrivent.
Elle se fit aider pour enlever la chemise de Franck et lui dénuder le torse. Elle regarda l’heure, puis elle réinsuffla de l’air dans les poumons du jeune homme et commença le massage cardiaque. Elle prit vite le rythme : 15 massages, 2 insufflations.
Les gens autour d’elle, comprenant la gravité du moment, s’étaient tût et il régnait un silence impressionnant rythmé seulement par Lucille qui comptait ses massages. Cela lui paru durer longtemps. En fait seules quelques minutes s’écoulèrent avant que le VSAV n’arrive.
Les gars descendirent. Au grand déplaisir de l’infirmière c’était Greg qui commandait. Elle avait décidé de ne plus avoir avec lui que des relations ayant trait aux interventions. En dehors de cela, elle ne lui adresserait plus la parole. De toute façon, elle n’eut pas à faire de grands discours pour expliquer la situation. Ils la relayèrent immédiatement. Rémi s’occupa du massage cardiaque et Fred de l’insufflation au masque que Pascal relia à l’oxygène. Puis ils posèrent le Défibrillateur semi-Automatique sur le thorax du jeune homme. Pendant ce temps Greg passa un premier message pour demander le SAMU.
Lucille, quant à elle, reprit son souffle une seconde car un massage cardiaque est vite très fatigant à faire. Puis sans perdre de temps elle fonça dans le VSAV et prépara une seringue d’adrénaline et de quoi perfuser le jeune homme. Elle lui posa rapidement le soluté et commença à injecter l’adrénaline comme son protocole le lui demandait.
Les pompiers se relayèrent pour le massage cardiaque pendant que le Défibrillateur faisait son analyse. Il commanda un choc électrique. Greg appuya sur le bouton après avoir fait dégager tout le monde. L’impulsion électrique souleva un peu Franck mais son cœur ne repartit pas. L’infirmière injecta la seconde dose et le massage reprenait quand un cri déchirant se fit entendre.
« Mon petit ! Mon petit ! qu’est-ce qui lui arrive ? »
C’était la mère de Franck que quelqu’un avait du prévenir.
Lucille se serait bien passé de ce problème supplémentaire. Dans un cas d’urgence absolu comme celui-là il y avait assez à faire avec le patient sans avoir à gérer la douleur de la famille. D’autant que, plus le temps passait et moins il y avait de chances de réanimer l’adolescent.
Mais l’ensemble de ces choses faisaient partie du métier de l’urgence et, tout en surveillant sa montre pour injecter à temps la prochaine dose d’adrénaline, l’infirmière s’approcha de la mère de Franck.
« Nous nous occupons de lui Madame, laissez-nous faire.
- Qu’est-ce qu’il a, où est le médecin ? s’affola la maman.
- Le SAMU arrive, répondit la sœur calmement, il a eu un malaise, nous nous en occupons… Excusez-moi… »
L’infirmière partit injecter le médicament. La maman de Franck, se rendant compte de ce qui se passait, s’évanouit. Lucille finit sa seringue et fit allonger la dame à l’abri, en position latérale de sécurité. Elle la fit surveiller par les badauds.
« Quand elle reprendra connaissance vous m’appelez ! » leur recommanda-t-elle.
Elle vit arriver avec soulagement l’équipe du SAMU. Elle informa rapidement le médecin de ses faits et gestes, et, pour une fois celui-ci eut l’air satisfait.
« Très bien, bon travail les gars » dit-il à toute l’équipe en préparant son matériel.
Pendant ce temps le défibrillateur refaisait une analyse et demanda un choc. Le médecin fit signe à Greg de le déclencher. L’impulsion électrique fut lancée et tout le monde retint son souffle. Le médecin prit le pouls. Tous les regards étaient fixés sur lui.
« Il y a un pouls ! Continuez la ventilation ! »
Un murmure passa dans la foule. A ce moment-là quelqu’un vint chercher Lucille.
« Ma sœur, Suzanne est réveillée, elle veut vous voir !
- J’arrive ! »
Et la jeune femme se rendit auprès de la maman.
« Gardez espoir Madame, le cœur est repartit. C’est encore faible mais le médecin est auprès de lui. »
Les yeux de la dame se remplirent de larmes et elle ne put souffler que :
« Merci mon Dieu…Merci mon Dieu… Mon petit, mon petit… »
Puis, regardant Lucille :
« Allez vous occuper de lui je vous en prie ! »
Et la jeune femme repartit aider les autres. Petit à petit la situation se stabilisait et quelques minutes après ils purent mettre l’adolescent dans le VSAV.
« Doucement recommanda le médecin, surtout pas de secousses ! »
La jeune sœur lui fit savoir que la mère du jeune homme n’était pas loin. Plein d’humanité, il décida d’aller la voir pour lui expliquer la situation. Lucille et l’infirmière du SAMU restèrent pour surveiller Franck.
Au bout d’une minute le jeune homme ouvrit les yeux.
« Comment te sens-tu ? demanda l’autre infirmière.
- Bien… Qu’est-ce qui s’est passé ? fit-il faiblement.
- Tu as eu un malaise en avalant des comprimés » expliqua Lucille.
Soudain elle eut une idée qui lui glaça le sang demanda :
« Franck, où est-ce que tu as eu ces trucs ? »
Pas de réponse. Par deux fois elle renouvela la question mais le jeune homme resta butté.
« Je ne suis pas une balance ! finit-il par dire.
- Je ne te demande pas ça pour le répéter aux flics ! Réfléchis voyons ! Ces trucs ont faillit te tuer. Si d’autres en ont acheté, ils vont peut-être y passer pour de bon. Tu veux avoir ça sur la conscience ? »
Il y eut un court silence.
« C’est Ben.
- Benoît ? Le fils du boulanger.
- Oui… Mais ne dites pas que c’est moi…
- Est-ce que tu sais s’il en a vendu beaucoup ?
- Ici, non… Juste à moi et à Steve mais on a acheté le paquet à deux. Par contre après, il est allé à la fête à Montbaqué. »
Le médecin revint et elle laissa l’équipe partir vers l’hôpital avec le SAMU. Lucille sentait qu’il y avait urgence à arrêter Benoît avant qu’il y ait un autre drame mais c’était imprudent de partir seule. D’un autre côté, elle ne pouvait pas avertir la gendarmerie car elle avait promis à Franck de rester discrète.
Elle réfléchissait à la conduite à tenir quand elle vit arriver le père de Franck. C’était l’occasion qu’elle attendait. C’était un gars plein de sang froid. Comme il mesurait un mètre quatre-vingt-quinze environs et qu’il avait des épaules de déménageur, il était très impressionnant. A côté de lui, René, qui aurait pu être pilier de rugby, passait pour un petit bonhomme !
La jeune sœur le prit à l’écart, et lui expliqua rapidement la situation.
« Votre fils a eu de la chance ce soir, mais peut-être que d’autres n’en auront pas autant…
- Vous avez raison ! Nous ne pouvons pas laisser nos enfants se détruire, ni détruire les autres. Laissez-moi une minute, j’arrive ! »
Il s’arrangea pour faire raccompagner sa femme par des amis afin qu’elle ne soit pas seule, et suivit Lucille.
Montbaqué se situait à dix kilomètres de là, dans les collines. Durant tout l’été les fêtes de village se succédaient et les jeunes y passaient leur week-end. Avec les années, ces joyeux regroupements se transformaient progressivement en rassemblement de bandes. La drogue avait fait petit à petit son apparition dans les endroits les plus reculés.
Un quart d’heures après, ils y étaient. La fête battait son plein.
« Laissez-moi faire, fit le père de Franck, ça va être vite réglé ! »
Il avisa un de ses amis qu’il salua et demanda :
« Tu n’aurais pas vu Benoît Farroux ?
- Si ! Il est dans la salle des fêtes avec sa bande de petits voyous ! »
Il eut tôt fait d’expliquer la situation et plusieurs autres parents amis se joignirent à eux pour aller interroger l’adolescent. Ils coupèrent les retraites, en postant une personne à chaque sortie de la salle et entrèrent.
Ce fut vite fait. Le groupe d’homme encercla les adolescents. Plusieurs avaient de la drogue dans les poches mais, au grand soulagement de Lucille aucun n’en avait encore consommé. Benoît fut ramené par la peau du coup à son père après avoir expliqué aux autres ce qui était arrivé à Franck. Cela jeta un grand froid et certains, à partir de ce jour ne touchèrent plus à des produits illicites.
Le lendemain ils apprirent que Franck était sorti d’affaire. Lucille en profita pour le visiter en même temps qu’elle allait voir René. Il allait mieux mais il se passerait un moment avant qu’il ne soit capable de reprendre ses activités. En repartant, elle croisa Greg dans le couloir. Elle eut le sentiment qu’il voulait lui parler mais elle fit sciemment demi-tour et passa par une autre sortie. Ce n’était que partie remise…
Le soir même, pendant les informations, il téléphona à Lucille. Elle n’avait pas trop envie de lui parler, mais alla prendre l’appel dans un coin au calme.
« Allô ? fit la jeune sœur.
- Bonjour c’est Greg, fit une voix un peu hésitante.
- Greg ? Qu’est-ce que tu veux, ? répondit-elle un peu froidement
- Ecoute Lucille, ça ne peut pas durer comme ça ! Il faut qu’on se parle.
- De quoi ?
- Tu le sais très bien. Arrêtes de faire l’imbécile ! dit-il un peu impatienté. Tu peux venir demain soir à vingt heures au centre ?
- Je croyais que ça ne me regardait pas et que tu me virais si on en reparlait ? s’emporta-t-elle. Et puis si c’est pour me resservir le coup de l’intérêt du service et de l’honneur des pompiers c’est pas la peine !
- J’avais des raisons pour te parler de cette manière. Mais depuis certains éléments ont changé. Je te promets que je vais tout t’expliquer.
- Bon d’accord, marmonna-t-elle. Je viendrais, a ce soir.
- Merci beaucoup, à ce soir »

Le lieutenant raccrocha son combiné et leva les yeux vers la personne qui se trouvait en face de lui.
« Est-on obligé d’en arriver là ? demanda-t-il.
- On en a parlé cent fois, vous le savez bien. On n’a pas le choix. Elle en sait trop ! On ne peut pas prendre le risque qu’elle parle.
- Il faudra y aller doucement alors.
- Ca non ! s’exclama fermement l’homme. Il faut y aller énergiquement et régler le problème ce soir ! Vous avez été parfait jusqu’à maintenant, vous n’allez quand même pas craquer quand tout est sur le point de se terminer ?
- Non, fit Greg en se levant, vous savez que j’irai jusqu’au bout.
- Bon alors, à ce soir. Courage ! » ajouta-t-il en lui tapant sur l’épaule avant de sortir.
Le chef de centre se retrouva seul dans son bureau. Ses yeux tombèrent sur la photo de groupe des pompiers du centre fixée sur le mur. Il s’approcha et fixa le visage de la jeune sœur :
« Lucille je te demande pardon pour ce qu’on va être obligé de faire demain. »








Chapitre 17

Guet-append


Lucille arrêta son vélo sous le lampadaire qui était devant le centre. Elle regarda sa montre : il était vingt heures pile. La voiture du chef de centre était déjà là, mais aucune lumière ne filtrait du bâtiment.
« Bizarre » se dit-elle. Elle n’eut pas à composer le code d’entré car la porte était déjà ouverte, ce qui était normal si Greg était là. Par contre, en entrant, elle eut la confirmation que le centre était dans le noir. Elle alluma la lumière et monta l’escalier menant au bureau du chef de centre. Là non plus il n’y avait personne.
« Greg, Greg tu es là ? » appela-t-elle un peu nerveuse. Mais personne ne lui répondit, rien ne bougeait dans le centre. Elle allait redescendre l’escalier quand elle sentit une présence derrière elle. La jeune sœur se retourna brusquement. Il n’y avait personne.
« Je deviens stupide. Depuis l’histoire de Michelle je deviens un peu paranoïaque ! » pensa-t-elle en riant de façon un peu forcée.
Elle redescendit au rez-de-chaussée et rentra dans la remise des véhicules qui était dans le noir et aussi déserte que le reste. Elle entendit nettement quelque chose qui bougeait sur sa droite. Elle alluma immédiatement mais rien n’était visible. Cette fois-ci Lucille eut franchement peur et elle décida de ressortir et d’attendre Greg dehors. Elle saisit la poignée de la porte.
Soudain un bras s’enroula autour de son cou et une main se plaqua sur sa bouche. La jeune femme eut tellement peur que de vieux réflexes ressurgirent. Elle lança ses coudes en arrière et entendit une exclamation étouffée. L’étreinte se desserra. Elle ouvrit la porte de la remise à la volée et se rua vers la sortie. Mais la porte était déjà ouverte et une grande silhouette se dessinait à contre jour.
La jeune sœur n’avait plus qu’un choix de retraite et elle se précipita dans l’escalier. Elle entendait des pas précipités derrière elle. Elle se jeta dans la petite cuisine qui se trouvait en face du bureau de Greg et coinça la poignée avec une chaise. Des coups se firent entendre à la porte mais elle était déjà sortie par la seconde ouverture qui donnait sur la salle de réunion.
Celle-ci était dans le noir malgré les baies vitrées qui composaient le mur donnant sur la prairie attenante. Comme elle était devant le bar, Lucille saisit une bouteille et voulut aller discrètement aux baies vitrées. Mais quelqu’un surgit par la seconde entrée de la pièce et elle lui cassa la bouteille sur la tête. Puis elle fonça vers la porte-fenêtre et l’ouvrit.
Mais son élan fut coupé par une main qui lui saisit une cheville. La jeune femme trébucha et se retrouva à plat ventre, a moitié dans l’herbe. Elle voulut crier mais une main essaya de l’empêcher d’appeler. La jeune sœur la mordit de bon cœur et se délivra d’une bonne ruade.
Elle courut en faisant le tour du centre pour récupérer son vélo. Quand elle déboucha sur le parking elle aperçut Greg sous le lampadaire.
« Greg, Greg, lui cria-t-elle, méfie-toi, il y a des types qui… » Elle s’aperçut soudain qu’il saignait du cuir chevelu et réalisa que c’était lui qu’elle avait frappé avec la bouteille. Elle restait là frappée de stupeur quand une voix dit derrière elle :
« Bon, je crois que ça suffira, félicitation ma sœur vous avez passé le test ! »
L’homme qui se trouvait devant elle avait un hématome a la mâchoire et la main qui saignait. Lucille reconnut le colonel Rimfart le chef de corps départemental…



« Mon colonel, je suis vraiment désolée … » fit Lucille pour la dixième fois tout en finissant de lui panser la main. Le Colonel sourit ce qui n’était pas facile à cause du sac de glaçons qu’il tenait sur sa mâchoire.
« Ne vous inquiétez pas ! Je vous le dis, vous avez dépassé nos plus folles espérances ! Voyez, ajouta-t-il à l’adresse de Greg, elle est tout à fait en mesure de se défendre !
- Oui, j’ai constaté ! répondit le chef de centre en grimaçant parce que Lucille s’employait maintenant à désinfecter les plaies de son crâne. Dis-moi, comment ça se fait qu’une sœur sache se battre de cette façon ? demanda-t-il à la jeune femme.
- Ca n’est pas très compliqué, fit-elle en riant. Quand j’étais enfant j’habitais à Toulouse dans un quartier pas très sûr, surtout la nuit. A l’adolescence, quand j’ai voulut sortir le soir, mes parents ne vivaient plus tant que je n’étais pas rentrée. Alors ils m’ont fait prendre des cours de self défense, et, comme ça m’a plut, j’en ai fait pendant six ans. Mais c’est vrai que ça fait dix ans que j’ai arrêté et qu’avant ce soir je n’avais jamais utilisé ce que je sais en situation réelle. Je croyais même avoir tout oublié !
- Encore heureux pour nous ! » ajouta une troisième personne qui était restée silencieuse jusqu’à maintenant. Le Colonel avait présenté cet homme comme étant un gendarme mais Lucille ne savait pas du tout pourquoi il était là.
- Y a t’il quelque chose d’autre que nous devons savoir sur vos talents cachés ? demanda prudemment le Colonel.
- Ca dépend par rapport à quoi… hésita la jeune femme. Je suppose que si je vous dis que j’aime le dessin, la broderie et que je ne me débrouille pas trop mal en ski, ça ne vous apportera pas grand chose ? »
Vu la tête des trois hommes la jeune sœur en déduit que ce n’était en effet pas cela qu’ils attendaient. Soudain elle se souvint de quelque chose d’autre :
« Sinon, ajouta-t-elle tranquillement, quand j’étais adolescente, j’ai été championne de France Junior de tir au revolver. Je faisais aussi du tir à l’arc et au fusil d’assaut, mais ça hors compétition juste pour me détendre.
- Pour vous déten… bredouilla le gendarme. On m’avait bien prévenu… Dites Rimfart vous êtes sûr que c’est bien une sœur ?
- Cent pour cent sûr je confirme, intervint Greg en riant. Aïe ! gémit-il soudain alors que Lucille nettoyait sa plaie la plus profonde.
- Bouge pas comme ça ! fit-elle. Tu as eu de la chance quand même. J’aurais pu te faire très mal !
- Et ben qu’est-ce que ça aurait été ! grimaça-t-il. »


Dix minutes après les trois hommes et la jeune femme se retrouvèrent dans la salle de réunion autour d’un café. Les deux pompiers étaient pleins de bleus et de pansements. Le gendarme n’avait pas de blessure visible mais, a sa façon de se déplacer, Lucille avait constaté avec confusion que ses coups de coudes arrière avaient laissé des traces.
« Bon, commença le Colonel, je crois que nous vous devons des explications.
- Et bien j’avoue que je ne comprends pas bien à quoi tout cela rime, acquiesça Lucille »
Il jeta un coup d’œil aux autres qui lui firent signe de commencer à expliquer.
« Comme vous le savez, depuis quelque temps votre chef de centre a remarqué des incidents à répétitions. Des choses qu’on ne remarque pas au début car cela peu passer pour de simples coïncidences. Mais c’est leur répétition qui nous a mis la puce à l’oreille. Car, ce que vous ne savez pas, c’est que ces problèmes ont commencé à Vic il y a quelque mois, ils avaient débuté dans plusieurs centres du département depuis un an environ.
Beaucoup de temps est passé avant que nous soyons vraiment mis au courant. Finalement c’est le service de la logistique des véhicules qui nous a prévenu car leur budget réparation a explosé. Après une brève et discrète enquête auprès des chefs de centre, nous avons suspecté quelque chose de plus important que de simples sabotages indépendants les uns des autres et nous avons fait appel à la gendarmerie. »
Le colonel s’arrêta un moment et regarda le gendarme assis à ses côtés. Celui-ci pris la parole pour continuer à expliquer la situation.
« Nous avons commencé à enquêter sur tout cela et nous avons trouvé des preuves sur l’existence d’un groupe extrêmement bien organisé, ayant des ramifications dans de nombreux centres du département.. »
Lucille ouvrit de grands yeux et demanda, un peu incrédule :
« Vous pensez à un groupe de pompiers, qui utiliserait tout ce temps et cette énergie pour saboter des interventions ? Quel serait leur intérêt ?
- Nous pensons que ces incidents provoqués ne sont que de petits essais pour discréditer le service, expliqua le gendarme. Toutes les personnes que nous avons identifiées comme faisant partie de cette organisation sont toutes en conflits avec leur hiérarchie. Ces sabotages sont le début d’un plan visant à se venger.
- Mais si vous savez tout, pourquoi ne pas les arrêter de suite ? demanda la jeune sœur.
- Pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il nous manque des preuves. Nous avons infiltré un homme dans le centre le plus touché. Il a pu obtenir pas mal de renseignements mais nous n’avons pas repéré tous ceux qui font partie de cette bande. Si nous les arrêtons, il faut faire un coup de filet groupé, sinon certains pourraient passer au travers des mailles et recommencer par la suite.
- Je comprends… mais pourquoi vous me racontez tout cela ? Qu’est-ce que je viens faire là-dedans ? » s’étonna Lucille.
Les trois hommes se regardèrent gravement, comme s’ils attendaient cette question depuis le début de la conversation et qu’ils hésitaient à y répondre.
« Mais enfin qu’est-ce qui se passe ? A quoi rime l’attaque de tout à l’heure ? » insista-t-elle.
Le colonel se lança.
« Depuis quelques semaines, la bande est passée à la vitesse au-dessus. Ils veulent s’en prendre directement à moi et régler leurs comptes. Mais dans des conditions normales, ce n’est pas très facile de me prendre à partie. Ils ont donc monté un plan.
Ils se sont dit qu’ils le feraient à l’occasion d’une fête un peu officielle où je serais invité. Il fallait en choisir une, pas trop grande pour pouvoir m’isoler et trouver un moyen de m’attirer à l’écart. Or, un événement inconnu a précipité les choses. Ils ont choisi la prochaine fête qui convenait…
- Oh !… J’ai peur de comprendre… la Sainte Barbe de Vic…
- Oui, acquiesça Greg.
- Mais pourquoi me le dire à moi ? Il y a, dans le centre, d’autres gars qui sont plus aptes physiquement que moi pour intervenir !
- Il y deux raisons majeures, continua le gendarme. D’abord parce que nous suspectons tout le monde, dans le doute. Vous êtes la seule à qui nous pouvons faire confiance. D’autre part, ils ont trouvé un moyen d’attirer le colonel à l’écart : avec un appât.
- Un appât mais qu’est-ce que ça a à voir avec moi ? … » demanda Lucille qui n’était pas sure de vouloir comprendre.
Les trois hommes la regardèrent si intensément qu’elle commença à se sentir franchement mal à l’aise.
« C’est… C’est moi ?…bégaya-t-elle.
- J’ai essayé de te protéger, Lucille, expliqua Greg. Au début j’ai été informé des sabotages et je t’ai dit d’ouvrir l’œil car je ne pouvais pas tout voir. Puis, quand les choses se sont précisées, j’ai essayé de te tenir à l’écart.
- Ah c’est pour ça ?… et moi qui croyais…
- … que j’étais lâche ?
- Oui… pardonne-moi !
- T’inquiètes pas. J’ai fait de mon mieux pour que tu le croies et ça aurait pu marcher. Mais ensuite nous avons eu ces dernières informations…
- Quand votre chef de centre à su cela, expliqua le colonel, il a voulut vous mettre à l’écart pour vous protéger. Mais nous avons là une occasion unique de les arrêter dans un coup de filet général et en flagrant délit. D’autre part, nous savons quand, où, et comment ils vont frapper. Si nous laissons passer l’occasion maintenant, ils agiront plus tard à un moment où nous serons moins bien armés…
- Il y a aussi votre action dans l’arrestation de deux personnes de votre village, renchérit le gendarme. Cette histoire a fait le tour des services de la gendarmerie. Pour que le GIGN raconte des choses pareilles c’est que vous avez dû faire fort !
- Je n’étais toujours pas convaincu, poursuivit Greg, mais le temps pressait et le colonel a alors proposé que l’on te mette à l’épreuve pour voir si tu étais capable de te défendre seule. C’est pour cela que nous avons monté ce piège ce soir.
- Comme je l’avais prévu, conclu le gendarme, vous avez passé le test avec succès… »
Lucille les regarda tous, un peu abasourdie. Ce la faisait beaucoup de révélations pour un seul soir.
« Mais qu’attendez-vous exactement de moi ?
- Nous vous avons exposé les faits, reprit le colonel. Nous pensons que c’est l’occasion idéale de les arrêter et que votre collaboration est essentielle. Par contre, il faut que vous sachiez qu’il y a une notion de danger, très faible car la gendarmerie sera là, prête à intervenir mais, on ne peut pas tout maîtriser. Maintenant, nous vous donnons le choix : vous pouvez nous aider ou vous retirer simplement en donnant une excuse pour ne pas être là à la fête.
- Si je ne viens pas, ils agiront quand même ?
- Oui, certainement, mais par d’autres moyens qui ne vous mettront pas en danger. »
Mais elle pensa que les autres seraient beaucoup plus dépendants de l’aléatoire et, si ça tournait mal pour l’un d’eux, elle ne se le pardonnerait jamais.
« D’accord, dit-elle simplement. »
Cette réponse toute simple sans tergiversations sembla les prendre un peu par surprise.
« Le GIGN me l’avait bien dit… murmura le gendarme.
- Tu es sure ? demanda Greg, l’air inquiet.
- Absolument sure, répondit la jeune sœur d’un air déterminé. Dites-moi exactement ce que je dois faire. »

Mère Jeanne écarquilla les yeux et resta un moment sans pouvoir dire un mot.
« … et vous avez dit quoi ? put-elle seulement articuler.
- Que j’étais d’accord, répéta tranquillement Lucille.
- Mais ça ne va pas non ?! Vous avez perdu la tête ? »
La jeune femme laissa le temps à sa supérieure d’exprimer son émotion puis se mit à expliquer :
« Ecoutez, ils frapperont de toute façon et il vaut mieux que ce soit entouré de gendarmes que dans le coin d’une rue sombre.
- Lucille, je comprends, mais laissez faire les professionnels. Il n’est pas raisonnable de vous exposer ainsi. Vous avez failli me donner une attaque il y a un mois chez Michelle et je n’ai pas envie que vous recommenciez.
- Les professionnels seront là pour nous entourer. C’est la formule la plus sure pour les autres. Il faut absolument arrêter ces gars avant qu’il n’y ait des morts. »
Mère Jeanne soupira. Décidément, quand Lucille avait une idée en tête… Mais d’un autre côté elle se dit que, bien que le plan soit aventureux, il était, en effet bien moins dangereux de le laisser se dérouler ainsi.
« Bon… mais soyez prudente… et n’en faites pas plus que vous ne le devez…
- Je vous le promets, d’ailleurs vous…
- …me connaissez…oui, oui, oui… »
L’infirmière sortit avec un grand sourire. Elle partait crânement mais, au fond d’elle-même, elle n’en menait pas large en pensant à ce qui l’attendait…


( a suivre ...)
















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