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Nom du blog :
lesromansdelara
Description du blog :
Voici l'histoire d'un pompier pas comme les autres ! Blog pour ceux qui M l'action et le suspens
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
05.05.2007
Dernière mise à jour :
30.04.2008

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chapitre 19 et 20

chapitre 19 et 20

Publié le 18/10/2007 à 12:00 par lesromansdelara
Chapitre 19

Explications




L’arrivée du petit garçon avait fait l’effet d’un électrochoc dans la tête de Lucille. Son esprit redevenait complètement clair pour la première fois depuis qu’elle avait été endormie. Il fallait absolument faire quelque chose pour retarder le passage à l’acte de ces hommes. La meilleure manière de gagner du temps c’est de le faire à plusieurs. Jean-Luc paraissait anéanti et il ne fallait pas compter sur lui. Il fallait qu’elle allie ses forces avec celles du colonel et du lieutenant, donc trouver un langage codé pour communiquer. Un code… mais bien sur !
« Ecoutez, commença-t-elle l’air de rien, on a de la chance, la nuit est chaude, ce serait bête de mourir sans bien comprendre. »
Après un instant de surprise, Greg et Paul Rimfart reconnurent la phrase convenue pour le test des micros. Négligemment chacun porta la main à la joue. Ils étaient sur la même longueur d’onde. Le colonel était intérieurement ravi, il avait besoin de temps avant jouer sa carte maîtresse. Elle pouvait donc se lancer, assurée de leur aide.
« Qu’est-ce que vous ne comprenez pas ? demanda Friart.
- C’est au sujet des sabotages à Vic. Pour le VSAV, comme je vous l’ai expliqué, il ne pouvait être fait que par un gradé et par quelqu’un qui connaissait la mécanique. Louis ne correspond pas à la description. »
Le truand se retourna vers le jeune homme et lui fit signe de parler.
« Tu oublies juste, Lucille, que, même si je ne me suis pas lancé dans des études de mécanique, j’ai grandi dans un garage. Depuis tout petit mon père m’a initié et il n’y pas un véhicule qui ait de secret pour moi. D’autre part, tu as bien vu. Mon père savait qui allait être le conducteur. Je me suis débrouillé pour qu’il m’en parle au cours d’un repas et…
- Comment as-tu pu faire cela ? le coupa furieusement son père.
- T’as plus rien à me dire. Depuis tout petit tu me casse les pieds, ‘’réussis ‘’, ‘’sois le meilleur’’. C’était jamais bien, jamais assez ! Là j’ai trouvé quelqu’un qui me respecte qui pense que je vaux quelque chose et que je suis capable de réussir !
- Mais, moi et ta mère t’avons tout donné !
- Tout sauf de l’attention ! T’es toujours au boulot ou chez les pompiers. Je me suis dit qu’en entrant en tant que pompier volontaire je serais un peu plus avec toi. Mais là aussi je n’ai rencontré que mépris de ta part et de la part des autres. De ceux-là en particulier ! » dit-il en montrant Greg et Lucille de la main.
Celle-ci sentait que c’était le moment de réorienter la conversation car sinon la situation risquait de se dégrader.
« Mais, pour la corde qui a cédé, c’est bien ton père qui l’a vérifiée ?
- Non, c’est moi. Ma mère m’avait envoyé le chercher car nous étions invités à manger chez des amis. J’ai donc terminé la vérification de la corde pendant qu’il signait le registre. J’en ai profité pour la sectionner de l’intérieur. Par contre, le fait que ce soit René qui s’en soit servi le premier, et dans de telles conditions, est allé au-delà de mes espérances. Mon seul regret c’est qu’il n’y soit pas resté…
- Comment peux-tu dire cela ? s’exclama Greg.
- Je le dis comme je le pense ! Il m’a pris en grippe depuis toujours et il m’a enfoncé, comme vous ! Mais ce soir, vous allez payer… »
Lucille allait relancer mais le Colonel mis ses mains derrière le dos, comme convenu si le micro ne marchait pas. Elle en conclut qu’il voulait qu’elle ne dise rien de plus. Sa déduction se confirma car il prit aussitôt la parole.
« Si vous voulez nous tuer, je pense que vous pouvez nous dire comment. Je suppose que tous vos complices sont ici ?
- Bien sur, personne ne voulait louper ça ! Ils sont tous là, venez les gars. »
Une trentaines de gars se montrèrent dans la lumière. Sur le tas, une dizaines seulement étaient des pompiers. Il y en avait finalement moins que prévus mais choisis de façons stratégiques. Ils venaient de centres situés dans tout le département et, certains faisaient partie du SDISS.
« Finalement, avec peu de monde, vous auriez pu paralyser tout le service, constata le colonel.
- C’était le but ! Nous voulions vous discréditer complètement avant d’en finir. Mais la dénonciation de Montvalent nous a coupé l’herbe sous le pied. Nous avons pensé l’éliminer tout de suite en représailles pour faire un exemple pour les autres. Après cela personne n’aurait osé nous trahir. Mais nous avons décidé de le laisser faire sans qu’il ne s’en doute. Nous avons distillé les informations au compte-gouttes comme celles concernant l’embuscade de ce soir. C’était jubilatoire pour moi de penser que j’allais rouler tout le monde y compris la gendarmerie. Nous avons suivi avec attention la façon dont vous avez averti la sœur. Nous avons été impressionnés ! Franchement sans cela nous vous aurions sous estimée Mademoiselle. C’est comme cela que nous avons décidé de vous maîtriser en vous endormant d’emblée.
- Merci de votre sollicitude ! Mais, quand même ce serait bien si vous en aviez autant pour le petit bout de chou que voilà, dit-elle en montrant Lucas.
- Et il en a eut son père de la sollicitude ?
- Ecoutez faites ce que vous voulez de moi mais ne touchez pas à mon fils.
- Pas question ! J’attends ce moment-là depuis trop longtemps. »
La situation était critique. Lucille était à cours d’idée. Jusqu'à maintenant, quand elle avait réussit de à se tirer d’ennuis similaires, c’était parce qu’elle était seule en cause contre deux ou trois personnes. Là c’était différent. D’abord parce que les autres étaient très nombreux, ensuite parce qu’il y avait un petit garçon qu’il fallait protéger à tout prix. Finalement, une idée lui vint qui lui paraissait tellement loufoque… Non… Ils étaient bêtes mais quand même… En même temps si rien n’était fait… « Allez j’essaye », se dit-elle en mettant les mains derrière le dos pour que les autres lui laisse la parole. Sa voix se fit enjôleuse.
« Je comprends que vous êtes obligé de tuer les autres, mais est-ce que j’ai un moyen d’y échapper ? »
Le Colonel se passa la main sur la joue, il avait compris ce qu’elle voulait faire. Greg, en revanche la regardait d’un air ahuri. Dans un sens, c’était bien. Sa réaction spontanée allait rajouter à la véracité de ce qu’elle allait tenter.
Le truand la regarda avec suspicion. Ca n’était pas gagné.
« Comment cela ?
- Ecoutez, je n’ai pas l’intention de mourir pour une histoire qui n’a rien à voir avec moi. En plus, Louis, tu as déjà blessé René et tu as Greg. Tu n’es pas obligé de me rajouter. »
Greg était en train de rentrer dans un terrible état de fureur. Friart la regarda de haut en bas avec un air de convoitise.
« Franchement ce que vous pourriez me donner n’est pas compatible avec votre condition, si vous voyez ce que je veux dire… »
Lucille voyait très bien. Elle se mit à mentir effrontément.
« Ma condition n’est pas immuable. J’ai trente-deux ans et pas du tout envie de mourir. De plus tu es plutôt beau garçon. Qui c’est, si ça marche entre nous, nous pourrions collaborer pour la suite.
- Pour la suite ?
- Oui, réfléchis un peu. Ces témoins éliminés personne ne saura que je suis de votre côté. Si on s’y prend bien, ça peut donner lieu à des coups plus fumants les uns que les autres. Dans peu de temps tu te retrouve le numéro un de la pègre française. »
Friat, n’était pas idiot. Il se doutait bien que Lucille bluffait. Mais elle avait touché deux de ses points faibles : il aimait les femmes et le pouvoir. Il pouvait toujours se servir de cette fille quitte à l’éliminer ensuite si elle devenait moins coopérative.
Pourtant, il ne voulait pas avoir l’air de céder trop spontanément.
« Qu’est-ce qui me prouve que ta proposition est sérieuse ?
- Viens avec moi au fond du champs, derrière le bosquet. Je te montrerais ma bonne volonté. »
C’était risqué, mais elle se doutait bien qu’il avait hâte d’en finir. Il ne pouvait pas se permettre ce genre de loisir maintenant. Il s’apprêtait à décliner l’offre quand Greg explosa :
« Mais qu’est-ce qui te prend voyons, tu es folle ? Tu ne vas pas laisser tomber tout ce qui fait ta vie pour sauver ta peau non ? »
Lucille s’efforça de lui lancer un sourire frondeur. C’était dur de mentir à cet homme qu’elle estimait, mais il le fallait. Le Colonel vint à son secours en jouant le dédain.
« Calmez-vous, voyons ! Le danger révèle les caractères. Tout ce qu’elle nous a montré d’elle jusqu’à maintenant était faux, n’est-ce pas ? »
Lucille approuva, tout en se demandant où il voulait en venir.
« Allez dites-nous qui vous êtes vraiment ? »
La jeune femme fit un sourire entendu, en se demandant qui il voulait qu’elle soit.
« Allez, je vais vous aider. Vous ne vous appelleriez pas Terlou ? »
Lucille ne savait pas qui était mademoiselle Terlou mais ce nom fit un effet bœuf sur Friart. Il sursauta, pâlit et regarda la jeune femme avec surprise.
« Quoi… Non ce n’est pas possible… Ca fait…
- Trente-deux ans, oui, compléta le Colonel. Juste l’âge de cette jeune femme. De plus la ressemblance est frappante !
- N’est-ce pas ? fit Lucille, incapable de dire à qui elle ressemblait.
- Vous… êtes la fille de Louise Terlou ? bredouilla le truand.
- Oui, affirma la Colonel, et donc…
- La fille de mon frère…» compléta Friart.
Lucille était complètement bluffée. Le Colonel Rimfart était encore plus gonflé qu’elle quand il s’agissait de monter des bobards ! En tout cas le truand n’était pas le seul à gober ces bêtises. Greg n’avait plus de couleur et paraissait désespéré.
« Mais qu’est-ce que tu fais là ? C’est incroyable ! s’exclama Friart. Ta mère a disparu subitement après la mort de Fred. »
C’était une bonne question et Lucille avait intérêt inventer une histoire très vite. Heureusement pour elle, elle avait une imagination débordante. C’est pourquoi elle répondit presque instantanément.
« Après la mort de papa, maman a voulut me mettre en sécurité. Nous sommes partis dans le Sud, prés de Toulouse. Elle m’a raconté comment mon père est mort et elle ne s’en est jamais remise. Elle a sombré dans une sévère dépression et a finit par se suicider il y a dix ans. J’ai ensuite consacré ma vie à préparer ma vengeance.
Quand j’ai appris que le meurtrier de mon père était nommé dans ce département je me suis engagée dans un couvent d’où je pourrais agir. C’était vraiment la couverture idéale ! Qui aurait pu suspecter une gentille petite sœur ? Puis j’ai fait de mon mieux pour être repérée par le chef de centre. Il a mis du temps mais j’ai été patiente et il a fini par me proposer de rentrer chez les pompiers. Quand j’ai su que mon oncle était par là et tentait quelque chose aussi, je me suis arrangée pour l’aider en sous-main. Je suis ta carte surprise !
- Pour une surprise, s’en est une ! admit Friart.
- Ecoutez, votre histoire est touchante, intervint le colonel, mais soyez raisonnable et réfléchissez à ce que vous allez faire !
- Vous avez tué mon père, et ma mère est morte de désespoir ! hurla-t-elle à l’adresse du Colonel. Je suis comme mon oncle je veux que vous mouriez désespéré. Donnes-moi ce gamin ! » dit-elle à l’adresse de celui qui le portait.
Elle s’avança résolument vers lui. Tout ce qu’elle avait raconté jusqu’à maintenant n’avait qu’un but : se saisir du petit Lucas pour pouvoir le protéger. Elle savait que si elle y parvenait son père pourrait tenter quelque chose sans crainte.
Elle prit le petit dans ses bras et s’éloigna vers un arbre.
« Regarde ton gamin ! Il va subir la même chose que mon père ! » et elle passa derrière l’arbre.
Lucille ne comprit pas vraiment tout de suite ce qui se passa ensuite. Elle s’attendait à ce que ses amis tentent quelque chose à trois mais elle entendit une grande clameur et un bruit de coups de feu. Elle voulut se précipiter à leur aide mais elle entendit hurler :
« Cours Lucille, cours ! »
Elle réalisa qu’elle n’était pas seule et qu’elle tenait la vie de Lucas entre ses bras. Instinctivement le petit garçon s’était collé contre elle, recherchant sa protection. Elle se mit donc à courir sans chercher à comprendre quoi que ce soit d’autre. Elle se dirigea vers la lisière de la forêt toute proche. Elle était un peu gênée par ses petites chaussures à talons qui n’étaient par franchement faites pour le cross en forêt !
D’ailleurs, il lui apparut assez rapidement qu’elle ne pourrait pas aller bien loin en portant Lucas. Il fallait qu’elle s’arrête un peu pour reprendre son souffle. Elle avisa un trou dans la racine d’un gros arbre et elle y sauta.
Le petit garçon demanda son père, elle allait lui répondre quand il lui sembla entendre un bruit de course au loin. Quelqu’un les poursuivait !
« Ecoute Lucas, on joue à cache-cache avec un monsieur. Il ne faut pas faire de bruit. »
L’enfant mis un doigt sur sa bouche et ne fit plus de bruit. Par bonheur, il prenait ça pour un jeu ! La jeune femme le plaça au fond du trou et se pelotonna dans la cavité en priant pour qu’on ne la trouve pas.
Les pas se rapprochèrent et tournèrent autour de l’arbre. Lucille avait la désagréable impression d’être un gibier que l’on traque. Puis, à son grand soulagement, la personne s’éloigna. Elle attendit une minute. Seul le silence régnait alentour. Elle sortit prudemment la tête. Rien ne bougeait. Elle s’extraya complètement du trou.
Une masse lui tomba soudain sur le dos lui faisant perdre l’équilibre et une main se plaqua brutalement sur sa bouche…
« Ne bougez pas, mademoiselle, gendarmerie nationale. »
Elle se senti entraînée à nouveau vers le trou juste au moment où des pas se firent à nouveau entendre. Ils firent silence jusqu’au moment où Lucas se mit à babiller. Lucille lui mit la main sur la bouche mais trop tard. La personne se dirigea rapidement vers eux. Le gendarme jaillit et un coup de feu se fit entendre.
Friart tomba lourdement sur le sol. Il était mort.

Paul Rimfart commençait à ruer dans les brancards. Après que Lucille ait mis son fils à l’abris derrière l’arbre il leva la main et, comme convenu, les gendarmes chargèrent. Ils étaient arrivés dès le début grâce à l’émetteur miniature incrusté dans le bras du Colonel. Par soucis de sécurité, personne à par lui et le commandant de gendarmerie, n’était au courant du subterfuge.
Il était convenu que pour lancer l’attaque, il fallait d’une part obtenir des aveux complets, ensuite être sur que tout le monde était sur place pour que le coup de filet soit total. Pour finir, il tenait à mettre son fils en sécurité.
Lucille avait parfaitement réagi. Manque de chance, dans la mêlée, Friart leur avait échappé et c’était lancé à la poursuite de la jeune femme et de l’enfant. Ils s’en étaient aperçu un peu tard et avaient envoyé une équipa à leur aide. Le colonel Rimfart avait voulu les suivre mais le commandant l’en avait empêché.
Mais maintenant ça faisait une demi-heure qu’ils n’avaient pas de nouvelles.
« Ecoutez ! Si dans cinq minutes on n’a toujours rien, j’y vais… et c’est inutile de m’en empêcher, rajouta-t-il comme le gendarme voulait parler.
- Si vous me laissiez en placer une, vous sauriez que nous avons de la visite » répliqua le commandant en riant.
Le Colonel se retourna vivement. Sortant de l’ombre, Lucille arrivait portant le petit garçon. Il se précipita et serra son fils dans ses bras.
« Jamais je ne vous remercierais assez ! » s’exclama-t-il à l’adresse de la jeune femme.
Celle-ci se sentait un peu sonnée par l’ensemble des évènements de la nuit et avait du mal à réaliser, que tout était finit. Elle était éberluée par le nombre de gendarmes présents sur les lieux qui étaient en train d’embarquer les membres de la bande.
« Comment êtes-vous arrivés là ? demanda-t-elle au commandant. Ils nous avaient arraché tous les micros ! »
Il n’eut pas le temps de répondre. Greg leur fondit dessus.
« Toi t’es gonflée de te représenter devant nous ! »
Et il étala Lucille d’un direct du droit parfaitement orienté sur la pommette.























Chapitre 20

Jour de neige


La vie avait reprit normalement au couvent. Dès le lendemain, comme si de rien n’était, Lucille avait fait cour aux postulantes et aidé au ménage. Bien sur, il avait fallu qu’elle explique à la Mère pourquoi elle rentrait avec un œil au beurre noir… La supérieure avait changé de couleur en écoutant le récit de Lucille.
« En tout cas, dorénavant, je vous interdis d’aller vous fourrer dans des histoires pareilles !
- L’embêtant c’est que ces histoires me tombent dessus sans prévenir !
- Et bien arrangez-vous pour qu’elles te tombent à côté.
- Oui, ma Mère, répondit docilement la jeune sœur en sortant.
- Ouais, marmonna la Mère qui ne se faisait pas d’illusion, cause toujours… »
Une semaine était passée depuis, tranquille comme le calme après la tempête. Lucille venait de terminer de recevoir les postulantes et était très satisfaite. Dans l’ensemble elles s’adaptaient très bien. Sarah n’avait plus eu de visions et Maylis commençait un peu à se plier à ce que Lucille demandait.
C’est alors que sœur Roselyne vint la trouver.
« Vous avez une visite ! »
La jeune sœur se dirigea vivement vers la porte en se demandant qui pouvait bien venir la voir. Arrivée dans le hall d’entrée ce qu’elle vit lui coupa le souffle. Le colonel Rimfart était là avec sa femme et Lucas. Quand le petit garçon la vit, il courut vers elle en criant :
« Cille, Cille !
- Il n’arrive pas à prononcer votre prénom en entier» expliqua sa maman comme pour s’excuser.
La jeune femme prit l’enfant dans ses bras en riant.
« Et bien pour toi, et rien que pour toi, ce sera Cille ! Bonjour mon colonel, Madame.
- Non, je vous en prie, aujourd’hui c’est le père de Lucas qui vient vous voir, pas le colonel.»
Tout en les conduisant au parloir, la jeune sœur se disait que c’était étrange de voir le colonel habillé en civil. Ils s’installèrent dans la petite pièce. Lucille leur proposa des boissons fraîches qui se trouvaient dans un frigo, placé dans un angle de la pièce. En effet, pour une fin septembre, il faisait encore très chaud. Lucas prit son verre de jus d’orange à deux mains et l’engloutit en deux temps, trois mouvements.
« Il fait plaisir à voir ! s’exclama Lucille.
- C’est vrai, admit le colonel. Mais, s’il est en bonne santé aujourd’hui, c’est grâce à vous.
- Oh, j’étais juste au bon endroit au bon moment.
- Ca vous pouvez le dire ! Vous avez une capacité de réaction peu commune. Est-ce que tu sais qu’avec ses airs de sainte Nitouche elle ment comme un arracheur de dents ! fit-il en se tournant vers sa femme.
- Sauf votre respect mais en manière de bluff, vous n’avez rien à m’envier ! Par contre j’ai été moins rapide à esquiver le coup de poing de mon chef de centre ! »
Ils rirent au souvenir de ce pauvre Greg, tout déconfit quand on lui avait tout raconté. A sa décharge, il fallait dire que, dans le feu de l’action, personne n’avait pensé à lui expliquer que Lucille avait inventé l’histoire qu’elle avait racontée à Friart !
« Je suis beaucoup plus inquiète pour Jean-Luc, reprit l’infirmière. Depuis cette histoire il est l’ombre de lui-même.
- Oui, c’est préoccupant… Ca n’est pas encore officiel mais il compte donner sa démission à la fin de l’année.
- Mais pourquoi ? Il n’est pour rien dans le comportement de son fils !
- Il faut le comprendre. C’est un enfant qu’ils ont eu du mal à avoir et il avait placé tous ses espoirs en lui. Le voir devenir criminel est un terrible choc pour lui.
- A ce propos. Que vont devenir les pompiers qui ont pris part à cette cabale ?
- Et bien nous allons les renvoyer discrètement. Nous avons réussit à mener cette opération dans le secret et nous la conclurons ainsi. Il faut préserver l’honneur du service.
- Mais ils ont été arrêtés et seront jugés. Comment allez-vous garder le secret dans ces conditions ?
- Nous nous sommes arrangés avec la gendarmerie et le parquet. Tout le monde pense qu’on y arrivera. Par contre, je ne pourrais pas vous remercier officiellement comme j’aurais voulut le faire.
- Oh ne vous inquiétez pas pour cela, je n’ai fait que mon devoir.
- Vous avez fait beaucoup plus que çà, intervint la femme du colonel en regardant son petit.
- Oui. C’est pour cela que nous voulons, mon épouse et moi-même vous remercier officieusement. Nous allons vous confier quelque chose que vous serez la première à apprendre. »
Le couple se regarda en souriant et le colonel prit la main de sa femme.
« J’attends un petit frère ou une petite sœur pour Lucas. »
Lucille était touchée de cette confidence.
« Je suis vraiment très contente pour vous ! » s’exclama-t-elle.
Le couple se regarda à nouveau. Visiblement ils avaient quelque chose à ajouter. Cette fois, ce fut monsieur qui se lança.
« Nous aurions voulu vous demander si vous accepteriez d’être la marraine de cet enfant. »
La jeune femme écarquilla les yeux. C’était la dernière demande à laquelle elle s’attendait. Peut-être se sentaient-ils obligé de le faire. Elle voulut les mettre à l’aise.
« Mais maintenant que vous n’êtes plus poursuivis par Friart, vous n’avez pas envie de retourner dans le Nord ?
- Non, nous avons fait notre vie ici maintenant et Paul est Directeur de ce SDISS. Nous n’avons pas d’autre famille, donc aucune de raison de remonter.
- Donc si j’accepte votre proposition je ne pends la place de personne ?
- Non. Nous vous le proposons parce que nous voulons vraiment que ce soit vous. »
Lucille les regarda. Elle sentait vraiment qu’elle leur ferait de la peine en refusant. D’autre part, elle avait beaucoup de plaisir à accepter.
« Alors c’est d’accord ! » conclut-elle.
Madame Rimfart se leva et embrassa Lucille très spontanément. A son tour le colonel lui serra la main.
« Merci beaucoup ! Et au niveau du service nous serons nous souvenir de vos capacités.
- Oh, si vous pouviez oublier, çà m’arrangerez. Je doute que ma supérieure apprécierait de me voir renouveler ce genre de choses…
- Qui sait ma sœur, on ne sait jamais ! »
Et longtemps après que les Rimfart soient repartis, cette dernière phrase du Colonel lui trotta dans la tête.
« Seigneur, s’il te plait, fait que ma vie soit dorénavant monotone et ennuyeuse… »
Mais, apparemment, cela ne Lui plaisait pas…

Cependant, pendant quelque temps, la jeune femme put croire que sa prière avait été exaucée. Le temps s’écoula tranquillement entre les postulantes, la maison et quelques interventions on ne peut plus classiques. L’hiver peinait à s’installer et début décembre il faisait encore anormalement chaud. Sœur Marie-Yves n’arrêtait pas de pester.
« Ce temps est complètement fou ! répétait-elle à tout bout de champs. Il n’y a plus de saison ! »
Puis, petit à petit, les températures se firent plus basses.
Ce matin-là, c’était l’avant-veille de Noël. Le couvent était en effervescence car traditionnellement la messe de la veillée avait lieu chez les religieuses. Le moindre recoin avait été récuré et la chapelle était magnifiquement décorée.
Lucille avait toujours aimé ce temps de Noël. Mais elle ne savait pas à quel point celui-là allait être particulier… Cela commença tout simplement par la chute d’un flocon sur le nez de Sarah.
« Oh ! s’exclama-t-elle. Chic, il neige ! »
Elle était si contente qu’elle sautait partout. Maylis la regarda d’un air de commisération en marmonnant :
« Mais qu’elle est gamine celle-ci ! »
Toujours la plus jeune des postulantes avait de quoi se réjouir car, la température se maintenant assez basse, la neige tomba drue toute la journée et, le lendemain, il y en avait une sacrée couche. La circulation sur les routes se fit plus difficile et Greg dû demander à une équipe de rester de garde au centre. C’était nécessaire car il y avait pas mal d’interventions pour accompagner les personnes qui devaient absolument circuler comme le médecin ou les infirmiers libéraux.
Il neigea toute la veille de Noël et le temps ne se calma que vers la fin de l’après-midi. Ce fut alors que Greg appela. Lucille était alors avec la Mère pour régler les derniers détails de la veillée. Se doutant de la nature de l’appel, la jeune sœur actionna le haut-parleur.
« Lucille, il faudrait relever l’équipe qui à fait la journée. Comme c’est la veillée de Noël et que la circulation est difficile j’essaye de demander aux célibataires qui n’habitent pas trop loin du centre.
- Une minute, je demande. »
La jeune femme regarda la supérieure.
« Allez-y. De toute façon avec la neige il y aura peu de monde qui viendra. De plus il est normal de laisser les pères de famille passer Noël avec leurs enfants. Votre place est la-bas.
- C’est d’accord, reprit Lucille pour Greg.
- Bon amènes ton duvet. Vu l’état des routes, vous devrez passer la nuit au centre. »
Lucille regarda la Mère à nouveau qui acquiesça.
« C’est bon, j’y vais !
- Merci Lucille, fit Greg en raccrochant.
- La route est bloquée et la prairie impraticable en vélo, constata la Mère. Comment Allez-vous descendre ? »
Lucille la regarda avec un sourire entendu.
« Ah non ! s’exclama la supérieure. Il n’en est pas question ! N’y pensez même pas ! »

Lucille s’avança au bord de l’esplanade juste avant la prairie qui descendait vers Vic. Au bout d’une corde, elle traînait une vieille luge en bois qui datait du siècle dernier. Elle l’avait trouvé dans le grenier durant un des derniers nettoyages de printemps. A temps perdu elle l’avait réparée et lustrée dans le but de l’essayer dans un champs s’il neigeait. Une fois, pour faire râler sa supérieure, elle avait dit que, s’il neigeait beaucoup, elle irait au centre avec. La Mère avait lancé de hauts cris avant de s’apercevoir que Lucille plaisantait.
Mais, même si alors elle n’avait pas l’intention de mettre son idée à exécution, aujourd’hui cela semblait le seul moyen de descendre à Vic. La supérieure, elle-même avait finit par en convenir à contre-cœur.
« Vous allez me faire vieillir avant l’heure ! s’était-elle exclamé. Allez filez avant que je change d’avis… »
La jeune femme ne se le fit pas dire deux fois. Elle monta prendre quelques affaires dans sa chambre qu’elle mis dans un petit sac à dos. Elle prit aussi son sac de couchage puis elle se dirigea vers la sortie, après avoir sortit la luge de la remise. Elle s’installa dessus et s’élança dans la pente.
La descente fut moins drôle que ce qu’elle aurait pensé. Il était tombé cinquante centimètres de neige et la luge s’enfonçait dans la poudreuse. Elle avait donc du mal à prendre de la vitesse. Mais elle arriva quand même en bas sans tomber.
Arrivée au centre, elle retrouva Armand, Gilles et Jean-Luc. C’était la dernière garde du lieutenant dont la démission prenait effet le premier janvier. Il était le seul pompier marié, mais Lucille pensa qu’il ne voulait peut-être pas trop penser à son fils le jour de Noël.
Ils s’installèrent pour passer le réveillon ensemble. Ils avaient amené chacun un petit quelque chose : foie gras, champagne, saumon fumé, gâteau… Lucille posa son sac de couchage dans le bureau de Greg. Les autres dormiraient dans la grande salle.
Puis, Armand ayant emmené un jeu de carte, ils se mirent à faire une belote. Comme il n’était que dix-huit heures ils pensèrent avoir le temps de manger ensuite. Mal leur en prit. Une demi-heure après leurs bips se mirent à sonner.
« Flutte, fit Armand. ma Mère qui était si fière de son gâteau !
- T’inquiète pas ! répondit Gilles. On l’appréciera mieux en rentrant. »
Ils étaient alors loin de se douter qu’ils n’y toucheraient jamais…

Le VSAV avançait difficilement malgré les chaînes dont Gilles l’avait équipé dans l’après-midi. Ils venaient de s’engager dans une petite route qui n’avait pas été du toute déneigée.
« Je ne sais pas si on va pouvoir continuer longtemps, fit Gilles au bout d’un moment.
- Va le plus loin possible et on finira à pied, répondit Jean-Luc. »
Il avait été mutique toute la soirée et n’avait recommencé à dire quelques mots qu’au début de l’intervention. Lucille distinguait à peine la route. Entre la neige et la nuit elle se demandait comment Gilles arrivait à la suivre. Quand elle en fit la remarque il se mit à rire.
« C’est facile, je vise entre la falaise et le ravin ! »
Après avoir vainement essayé de jauger la profondeur du-dit ravin, la jeune femme eut un sourire crispé. Cinq minutes après ils virent une lumière en contre-bas.
« C’est ici ! annonça le conducteur. Mais si je descends avec le VSAV, il ne remontera jamais une pente pareille.
- C’est pas grave. Gare-toi le mieux possible et on va descendre à pied. Allez dépêchons-nous ! »
Ils prirent leurs sacs et descendirent de l’ambulance.
« On prend les radios portatives. Je vais demander une fréquence tactique au CODIS. »
Deux minutes après Jean-Luc revint.
« Fréquence huit. »
Jean-Luc et Armand réglèrent les deux radios sur le canal huit.
« En avant maintenant ! »
Ils s’enfonçaient dans la neige jusqu’à mi-cuisse et la progression fut difficile. Pourtant il fallait qu’ils fassent vite car quand on est appelé pour un accouchement, il ne faut pas traîner plus que nécessaire. Dans des conditions comme celles là, c’était toujours un peu stressant d’être isolé du reste du monde. Mais, ce qui était rassurant dans ce cas-là c’était qu’apparemment un médecin était sur place. Ils n’étaient appelés que pour le seconder et apporter du matériel.
Ils mirent dix minutes à franchir les cinq cents mètres qui les séparaient de la maison et arrivèrent trempés. Ils furent accueillis avec un tel soulagement que les pompiers furent étonnés. Mais ce n’était pas la dernière surprise de la soirée.
Quand ils rentrèrent dans la chambre ils virent la future maman qui avait l’air assez fatiguée. Son mari en avait les larmes aux yeux.
« Que je suis content de vous voir. Je ne sais plus quoi faire. »
Lucille pressenti une catastrophe à venir.
« Où est le médecin ?
- On l’a appelé il y a une heure mais il n’est toujours pas là. »
L’infirmière avala sa salive avec difficulté. Un accouchement sans médecin…
« Ne vous inquiétez pas, intervint Jean-Luc, nous avons une infirmière avec nous. Elle va s’occuper de tout. »
Il en avait de bonnes Jean-Luc ! Elle s’efforça pourtant de prendre un air assuré.
« Oui, j’ai travaillé en maternité. »
Elle omit juste de dire que c’était il y a déjà treize ans pour un simple stage d’un mois quand elle était à l’école d’infirmière. Pour se donner une contenance, elle fouilla dans son sac à la recherche de ses protocoles.
Elle sortit ensuite la grille de Malinas. En se renseignant sur le temps depuis le début du travail, la durée des contractions et leur espacement elle pourrait évaluer le temps qu’il restait avant l’accouchement. Elle obtint un chiffre élevé et quand elle le reporta dans les résultats elle obtint : accouchement imminent… Elle n’avait plus le choix, il fallait assumer.
Elle avait entendu dire que si çà se passait bien, il suffisait de laisser faire. Elle prit le kit accouchement dans le sac, mit la tunique, les gants et rangea sur une table le reste du matériel. Puis elle s’employa à faire connaissance avec la future maman.
« Comment vous appelez-vous ?
- Emilie, répondit-elle un peu essoufflée.
- Bon, Emilie vous allez m’écouter et dans quelques minutes vous allez serrer votre bébé dans vos bras. Ce sera un garçon ou une fille ?
- On ne sait pas. Nous n’avons pas voulut savoir et… »
Elle fut coupée par une contraction qui fut longue et efficace.
Lucille laissa les autres prendre la tension qui était bonne puis elle perfusa Emilie au cas où il y aurait des complications. Quelques minutes passèrent entrecoupées de contractions. Les futurs parents commençaient à se détendre. Gilles et Armand s’occupaient du futur père, pendant que Jean-Luc et Lucille géraient l’accouchement.
« Ca y est ! fit soudain Lucille. Je vois la tête ! A la prochaine contraction vous poussez à fond ! »
La contraction arriva vite et Lucille retira le bébé.
« Il ne pleure pas ! s’exclama la maman. »
Pendant quelques instants il resta inerte, puis poussa un cri. Le premier d’une nouvelle vie. Lucille se hâta de le couvrir avec un petit bonnet et des chaussettes en jersey.
« Monsieur, appela-t-elle ensuite. Vous pouvez venir !
- Est-ce qu’il va bien ? demanda le papa avec angoisse.
- Oui, répondit Lucille, elle va bien !
- Elle ? C’est…
- Une merveilleuse petite fille oui… »
Après avoir coupé le cordon ombilical, elle remit la petite dans les bras de sa mère puis, ils s’éclipsèrent dans la salle à manger pour laisser les parents profiter de ces premiers instants magiques avec leur enfant. Les pompiers les regardaient en silence savourant ce beau moment. Lucille regarda sa montre.
« Il est minuit ! dit-elle doucement. Joyeux Noël ! »
Il s’embrassèrent avec émotion. Ils n’auraient jamais imaginé passer un tel moment ! Un bébé pour Noël que pouvait-on imaginer de mieux !
Quand elle se retourna vers Jean-Luc, Lucille s’aperçut qu’il avait les larmes aux yeux. Réalisant qu’elle s’en était rendu compte il partit dans la cuisine. Avec la fatigue et l’émotion, la tension nerveuse et la peine qu’il avait accumulées étaient en train de le submerger.
Il était difficile pour la jeune femme de savoir ce qu’il fallait faire. Cet homme était en pleine détresse et ça la gênait de le laisser seul endurer cela. Mais, d’un autre coté, il voulait sûrement rester seul. Elle décida de proposer sa présence sans insister et s’approcha doucement de lui, sans rien dire.
« Tu sais, commença-t-il, c’est par une nuit comme celle-là que Louis est venu au monde. On était si content. Au dire des médecins c’était miraculeux que l’on ait pu l’avoir. Tu l’aurais vu petit, un vrai petit ange… Mais qu’est-ce qu’on a manqué avec lui ?… » finit-il la voix brisée par l’émotion.
Lucille était émue de voir un homme qui semblait ordinairement si dur, pleurer sur son enfant. Elle lui mit une main sur l’épaule pour lui signifier qu’elle était avec lui. Il se retourna et la serra dans ses bras avec émotion.
« Merci d’être là, put-il articuler. Pardon… Pardon pour tout ce que j’ai pu te dire… »
La sonnette de la porte les fit sursauter. Lucille alla à la rencontre d’un homme qui rentrait, couvert de neige. C’était le médecin.
« J’ai fait aussi vite que possible, comment va-t-elle ? »
La jeune femme sourit et tendit le bras vers la chambre où l’on voyait la petite famille toute à sa joie.
« J’arrive un peu tard à ce que je vois » dit-il en entrant dans la pièce.
Il ausculta la maman et le bébé. Tout le monde était en parfaite santé.
« Beau travail ! dit-il aux pompiers. Je pense qu’il est inutile de les transférer à l’hôpital. Avec ce temps ce serait plus dangereux qu’autre chose.
- Oui, confirma Jean-Luc qui en avait profité pour se reprendre. Ca me fait penser que je vais demander au CODIS si on ne peut pas finir la nuit ici. Entre la nuit et la neige, je ne sens pas vraiment le retour. »
En attendant Lucille repartit voir le jeune couple.
« Tout va bien ?
- Oui merci, répondit Emilie. Mon mari et moi avons décidé de changer le prénom que nous avions choisi. Nous avions pensé l’appeler Clara, mais nous avons trouvé mieux.
- Ah bon ?
- Oui, nous avons choisi de l’appeler Lucille, comme celle qui a aidé à la mettre au monde. »
La jeune femme resta la bouche ouverte, ce qui fit rire les jeunes parents. Elle n’eut pas le temps de réagir plus avant car Jean-Luc lui fit signe de venir.
« Qu’est-ce qu’il y a ?
- Il faut qu’on reparte. Le CODIS préfère qu’on soit prêt à répondre s’il y a une autre urgence. »
Lucille fit la grimace. L’idée d’une grimpette dans la neige et le froid ne lui disait rien du tout.
« Moi non plus ça ne m’amuse pas mais il faut y aller. »
Ils prirent donc congés du jeune couple et du médecin, et entamèrent la montée. Le temps s’était nettement réchauffé par rapport au début de soirée et la neige était devenu très molle. Ils gravirent difficilement le chemin et une coulée de neige les obligea à un petit détour. Ils récupérèrent la route cent mètres derrière le VSAV.
« On va suivre la falaise, proposa Jean-Luc, de cette manière on ne risque pas de dévier. »
Ils suivirent la paroi pendant une cinquantaine de mètres. Ce n’était pas facile parce, qu’avec le vent, la neige s’était accumulée à cet endroit. Lucille qui était plus petite que les autres en avait jusqu'à la taille et avançait péniblement. Ils étaient arrivés au niveau d’une anfractuosité de la falaise qui formait une petite grotte.
« Tu veux qu’on s’arrête un peu ? proposa Jean-Luc à la jeune femme.
- On est bientôt arrivés, fit Lucille un peu essoufflée. Je pense que je vais y arriver.
- Arrêtons-nous quand même une minute. On n’est pas à la pièce !
- Ecoutez ! fit soudain Armand. Qu’est-ce que c’est ? »
Ils tendirent l’oreille. En effet un bruit sourd se faisait entendre, lointain d’abord, puis se rapprochant. Un peu de neige leur tomba sur la tête.
« M… s’exclama Jean-Luc. Une avalanche ! A l’abri, vite ! »
Lucille bloquée par le poids la neige avait du mal a finir les deux mètres qui la séparaient de la grotte. Soudain elle sentit un grand souffle derrière elle qui la projeta contre le sol de la cavité. Sa tête tapa violemment par terre et elle perdit connaissance.

( à suivre ...)











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zizi le 22/06/2008
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