Chapitre 4
Une ambiance explosive
« Eh ! Venez m’aider ! J’ai trouvé quelque chose ! » cria Bernard.
Arnaud arriva à sa rescousse.
« Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il. Oh ! une radio portative ? Est-ce qu’elle marche ?
- Oui, je crois. C’est un miracle qu’elle ne se soit pas mouillée. Ca n’aime pas l’eau ces choses là !
- Je vais la ramener au camp. S’il le faut nous n’aurons pas longtemps à attendre pour être secourus.
- Non et tant mieux ! Je vais déjà à avoir du mal à rattraper le retard que j’ai pris ! Les affaires n’attendent pas. J’ai dû perdre des millions à la bourse pendant ces trois jours ! »
Les naufragés avaient décidé de se diviser en trois groupes durant cette journée. Apolline, Marius, Alix et les enfants étaient restés à la grotte. Thibaut avait bien un peu râlé. Il aurait bien voulut partir avec ses parents, Papy, Pierre et Maud qui étaient partis explorer la route qui menait au fleuve. Mais le chemin était pénible et il aurait été trop difficile pour le petit garçon de les suivre. Il avait bien dû se résigner à rester « avec les vieux et les filles. »
Quant à Bernard, Nina et Arnaud ils étaient chargés d’explorer les restes de l’avion afin de récupérer ce qui pouvait l’être. Mais en fait, le mannequin n’était pas d’un grand secours pour les deux hommes. Elle refusait catégoriquement de marcher dans la boue alors que la quasi-totalité des débris y était profondément enfoncés. Bernard, qui en avait par-dessus la tête de la jeune femme, râlait d’autant plus qu’au début elle devait partir avec les Méchaleux et les Distrac pour l’exploration. Mais elle avait rejeté cette idée car elle ne voulait pas s’écorcher les jambes en marchant dans les broussailles ! Il fallait qu’elle se préserve pour pouvoir reprendre son métier quand ils sortiraient de là. La moindre cicatrice pouvait lui fermer l’accès aux podiums et aux objectifs des photographes.
Du coup, elle restait sur la berge à les regarder fouiller la boue et récupérait les objets que les hommes arrivaient à extraire et lui portaient. Elle les mettait ensuite en sécurité dans la grotte. Elle pouvait ainsi les aider sans se salir ou se blesser.
Arnaud lui apporta la radio.
« Prenez en soin Nina, c’est peut-être notre salut que vous tenez dans les mains.
- Comment ça ? demanda-t-elle.
- C’est une radio ! Nous allons pouvoir appeler du secours !
- C’est fantastique ! Nous allons pouvoir partir de cet horrible endroit, alors ?
- Oui, mais à condition qu’elle porte assez loin et que quelqu’un nous écoute. »
Le mannequin eut l’air si contente de cette nouvelle qu’elle se saisit de l’appareil avec adoration. Mais elle se hâta tellement de l’emmener à l’abri qu’elle se cassa un talon et se retrouva à plat ventre dans l’eau. Elle hurla autant de douleur que d’horreur de se retrouver pleine de boue.
« Oh mon Dieu ! s’exclama Arnaud en se précipitant vers la jeune femme. Nina, ça va ?
- J’ai mal à la cheville ! dit-elle en pleurant.
- Mince, la radio ! »
Mais elle avait disparue dans l’eau.
« Tenez Alix, je pense que cela peut soulager les brûlés. » Marius se tenait devant l’infirmière avec une feuille de bananier contenant une espèce de pâtée verdâtre.
Depuis le début de la matinée, le vieux couple s’était mis à l’écart dans le fond de la grotte et semblait préparer quelque chose. L’infirmière avait pris les enfants avec elle pour les laisser un peu tranquille. Après tout, ils étaient coincés ensemble sur cette île (maintenant, ils savaient que c’en était une) mais cela ne voulait pas dire qu’ils fallaient qu’ils restent tout le temps les uns sur les autres.
« Qu’est-ce que c’est ? demanda la jeune femme.
- Des feuilles d’acanthe broyées. En cataplasme cela soulage les brûlures. »
Alix regarda Marius, un peu perplexe.
« Vous êtes sur ? »
Le vieil homme sourit un peu tristement.
« Vous me prenez pour un vieux gâteux, hein ? Si, si, je le vois bien, ajouta-t-il alors que l’infirmière tentait de protester. Ecoutez, j’étais agriculteur et, avec ma femme nous partageons la passion des plantes depuis que nous sommes tout jeunes. Nous avons appris à les reconnaître et à les préparer pour pallier à tout ce que nous ne pouvions pas nous acheter. Nous ne roulions pas sur l’or et tout ce que nous pouvions économiser pour élever notre fille et lui payer ses études était le bien venu. Alors prenez cela. De toute façon vous n’avez rien d’autre et cela ne peu pas leur faire de mal. »
La jeune femme prit les feuilles et, sur les indications du vieil homme, les appliqua sur les brûlures des blessés. Quand elle eut fini, elle se tourna vers lui.
« Alors, tout ce que vous avez ramené hier c’était pour faire des médicaments ?
- Oui et des tas d’autres choses. Quand nous sommes partis hier j’ai trouvé des centaines plantes intéressantes pour nous. Je n’ai pas pu tout ramener mais j’ai cueillis l’essentiel. Par contre, nous ne nous pourrons pas nous en servir tout de suite.
- Pourquoi ?
- Parce que la plupart de ces plantes se consomment en tisanes. Il faut donc les laisser sécher et attendre de l’eau potable, expliqua Apolline. Nous avons aussi cela. »
La vieille femme lui montra une espèce de pâte blanche qu’elle avait mise dans une demi coque de noix de coco.
- Qu’est-ce c’est ? demanda l’infirmière.
- Des racines de poivriers, expliqua Marius. Nous les avons broyées. Ensuite il faut un peu d’eau pour les humidifier et ensuite en tirer le jus.
- Il servira à quoi ?
- C’est un anesthésiant. Je crois que cela ne sera pas du luxe ! » fit Apolline en regardant la mine douloureuse des blessés.
Alix n’en croyait pas ses oreilles. Tout le monde s’était trompé sur ces deux personnes. Les sentiments que le reste du groupe avaient pour eux se situaient sur une gamme allant des gentils petits vieux qu’il fallait surveiller au fardeau inutile. Finalement c’était eux qui allaient peut-être les aider le mieux à survivre !
Peu après, ils partirent ramasser des plantes autour de la grotte. Thibaut voulut absolument les accompagner. Marius lui avait promis de lui montrer comment reconnaître les herbes utiles et il avait eu l’air passionné. Alix en était bien contente car elle le trouvait particulièrement anxieux. Sa mère avait essayé de savoir ce qui le tracassait mais il avait gardé le silence. Elle avait demandé à la jeune femme de chercher à savoir ce qui l’angoissait. Elle se disait qu’il serait plus facile pour lui de parler avec l’infirmière.
Alix se retrouva donc seule avec Mélanie. La petite fille vouait une véritable adoration à la jeune femme depuis l’aéroport. Aussi, au bout de quelques minutes, vint-elle se blottir dans ses bras.
« Et alors ? Ta maman te manque ? »
Mélanie opina de la tête.
« Elle va revenir ce soir, tu sais ?
- Oui, je sais, soupira-t-elle. Elle est allée chercher de l’eau.
- Tu as très soif ?
- Moins depuis hier. »
La veille, ils avaient pu un peu étancher leur soif grâce au lait des noix de coco.
« Dis, les gens qui sont morts, ils sont où ? »
Dans la soirée ils avaient organisé une veillée pour les personnes qui avaient péri pendant le crash. La petite fille en avait été assez impressionnée.
Alix était un peu gênée pour répondre. Elle ne savait rien des convictions des Méchaleux sur le sujet et ne voulait pas faire de gaffe.
« Tu sais, personne n’est revenu pour le dire. Alors les gens croient des choses différentes.
- Et toi, tu crois quoi ?
- Qu’il y a un Dieu au ciel qui nous aime et que tous ceux qui sont morts sont auprès de lui.
- C’est drôle tu penses comme ma maman et mon papa. »
La jeune femme se sentit soulagée. Au moins elle n’avait pas contredit les parents de Mélanie. Elle se dit que c’était peut-être le moment d’interroger la petite fille sur son frère. Ils se chamaillaient bien un peu tous les deux mais avaient l’air très proche l’un de l’autre. Peut-être s’était-il confié à sa sœur.
« Ton frère est-il toujours aussi peu bavard ?
- Mon papa, il dit que je parle pour deux et que c’est pour ça que Thibaut il peut rien dire. »
Alix eut fortement envie de rire pour la première fois depuis le crash. C’est vrai que Mélanie n’avait pas la langue dans sa poche !
« Mais là, en plus il a peur, alors il dit encore moins rien.
- De quoi est-ce qu’il a peur ?
- C’est un secret, chuchota-t-elle.
- Et si je te promets de ne le dire à personne ? »
La petite fille regarda l’infirmière avec méfiance.
« C’est juste pour aider ton frère. »
Mélanie se mordit la lèvre du bas. Elle avait l’air tiraillé entre l’envie de le dire et le fait de ne pas vouloir trahir son frère. Mais comme elle avait une entière confiance en Alix elle se lança.
« Il a peur d’être enlevé ? »
La jeune femme s’attendait à beaucoup de chose mais cette raison lui paraissait franchement bizarre.
« Enlevé ?
- Oui, comme dans ‘LOST’ ils enlevaient les enfants en premier.
- LOST ? C’est quoi ça ?
- Une série à la télé. C’est des gens perdus comme nous sur une île où il y a d’autres personnes qui enlèvent les enfants. »
La jeune femme se souvenait en effet d’en avoir vu un épisode une fois. Mais ensuite, entre le travail et les préparatifs du mariage, elle n’avait pas franchement eut le temps de regarder la télé. Maintenant l’essentiel était de rassurer ces enfants.
« Est-ce que ta maman te raconte des histoires avant que tu t’endormes ?
- Oh oui ! En ce moment elle me lit Harry Potter.
- Est-ce que tu penses qu’il y a vraiment des sorciers et une école pour eux ?
- Oh non ! C’est quelque chose qui a été inventé par une dame.
- Pour ‘LOST’ c’est pareil. C’est une histoire inventée. Tu
sais, il n’y a personne à part nous dans cette île.
- Tu es sur ?
- Oui ma chérie. »
Mélanie eut l’air soulagé. Son frère avait fini par lui faire peur. Elle se serra contre Alix.
« Je suis bien contente que ce ne soit pas vrai. Dis, il faudra le dire à Thibaut. Lui aussi il sera content de le savoir.
- Je te le promets. Si tu mettais un peu de bois dans le feu maintenant ? Sinon il risque de s’éteindre. »
« Allez, encore un peu et on rentre ! »
Thibaut était rentré en fin de matin, ravi de la cueillette des plantes et avait l’air plus détendu. Alix en avait profité pour lui proposer de ramasser du bois. Ils en avaient trouvé une bonne provision et la jeune femme avait pu sympathiser avec le jeune garçon. Ils en étaient arriver à discuter de la différence entre la fiction et la réalité et il avait du mal à ne pas confondre les deux.
Elle décida de plaisanter pour dédramatiser la situation.
« Regarde, argumenta Alix, dans les films ou les livres les naufragés sur une île déserte se retrouvent toujours sur une plage de sable blanc, avec des cocotiers et de l’eau transparente. La différence dans la réalité c’est qu’on se retrouve dans un marais avec de l’eau croupie qui sent mauvais !
- Oui, convint Thibaut, évidemment on ne peu pas se tromper ! Je crois que je préfère les livres ou les films ! Au moins quand on en a assez on se retrouve dans son salon confortablement installé dans le fauteuil !
- Et on peut aller piquer des chips dans le placard pour se remettre de ses émotions ! »
A la fin du ramassage, il était à moitié rassuré et aussi, un peu en colère contre sa pipelette de sœur.
« Tu sais, lui avait dit la jeune femme, il ne faut pas en vouloir à Mélanie. Elle s’inquiétait pour toi, c’est tout.
- Dites, vous ne le répéterez à personne…
- T’inquiètes pas ! Bouche cousue… »
Et ils se dirigèrent vers la grotte.
« Et ça c’est du jus de racine de poivrier broyé. C’est un anesthésiant. Nous venons d’en utiliser une partie pour calmer la douleur des blessés. Ils dorment maintenant. »
Le crépuscule était déjà bien avancé quand le groupe des survivants se retrouva autour du feu pour faire le point sur les avancées de la journée. Alix avait tenu à commencer par la découverte des plantes des époux Desner. Elle voulait les réhabiliter aux yeux de tous. Vu l’intérêt que provoquaient ses paroles, l’infirmière comprit qu’elle avait réussi.
Ensuite le couple Méchaleux et les Distrac commencèrent le récit de leur journée. Ils avaient ramené de l’eau grâce à des poches plastiques étanches trouvées dans l’avion. Ils avaient aussi trouvé de la nourriture, aidé pour cela par le panier tressé par Apolline. Le groupe avait ainsi pu se rassasier et se désaltéré assez correctement pour la première fois depuis qu’ils étaient sur l’île. Il était temps car, avec le manque de nourriture ils étaient assez fatigués et la suite des opérations demanderait toutes leurs forces.
« Pendant que les autres faisaient le tour, continuait Richard, je suis monté avec Maud sur la colline où nous sommes allés hier. Cela nous a permis de repérer le chemin exact à suivre ensuite et d’accrocher sur un arbre le drapeau que nous avions emporté pour nous signaler.
Nous sommes redescendus de l’autre côté et quand les autres nous ont rejoint, nous avons continué droit vers la rivière.
- Elle nous a paru navigable, expliqua Pierre, ce qui est une excellente chose pour nous, vu l’état de la forêt.
- C’est vrai que nous avons eu du mal à avancer, approuva Maud.
- Heureusement, termina Christine, nous avons trouvé un chemin un peu plus direct pour pouvoir y revenir.
- Oui, fit Pierre, mais il va falloir le débroussailler un maximum demain si nous voulons pouvoir déplacer les blessés.
- Nous avons commencé à tresser des brancards pour pouvoirs les transporter, intervint Apolline. Les enfants m’ont aidé. Nous avons utilisé des joncs et des feuilles de bananier. Si cela peut-être utile pour transporter des objets nous pouvons faire de petites malles.
- Un ou deux peut-être ! répondit Alix. Vu le peu qu’Arnaud, Nina et Bernard ont trouvé, nous en aurons peu besoin. »
Les deux hommes se levèrent pour faire l’inventaire de ceux qu’ils avaient pu récupérer. Il y avait quelques valises mais presque rien car la soute avait été éventrée quand l’avion s’est brisé en plein vol. Le peu qui restait avait été déchiqueté par l’explosion. Il en était de même avec la carlingue. Les quelques restes de métal avaient été recueillis avec beaucoup de soin. En les travaillant un peu, peut-être pourraient-ils en faire des récipients pour faire cuire les aliments et bouillir l’eau. Marius dit qu’il verrait ce qu’il pourrait faire avec.
Il y avait aussi des restes de tissus qui pourraient être utile pour refaire des habits.
« Tant mieux, fit Alix. Je ne rentrais déjà plus tellement dans mes vêtements mais là je ne sais pas si c’est la rétention d’eau mais c’est pire que jamais.
- Vous êtes bien la seule à grossir ! fit Nina. Avec le peu que nous mangeons ! »
Ils avaient aussi retrouvé des fourchettes, des couteaux et des cuillères rescapés des meubles de l’office. Tout ce qui était bouteille d’eau ou nourriture avait été détruit par l’explosion ou gâté par la boue et l’humidité.
La plus précieuse trouvaille avait été celle de la radio mais elle avait disparue dans la boue lors de la chute de Nina. Celle-ci avait récolté une entorse et ne se remettait pas d’avoir cassé ses chaussures. Bernard leva les yeux au ciel.
« Elle n’en ratte pas une celle-là ! »
Enfin ils sortirent différents bouts de fils et de métaux qui avaient servi à on ne sait quoi mais dont on pouvait peut-être faire quelque chose. Dans leur situation il valait mieux ne rien négliger.
Le lendemain dès l’aube tout le monde se mit au travail avec ardeur. Il était urgent de tout faire pour partir de cet endroit insalubre. C’est pour cette raison que Marius, Apolline et les enfants partirent chercher de la nourriture pendant qu’Alix s’occupait des blessés. Tous les autres valides se chargeaient de préparer le terrain pour faciliter le départ du groupe ainsi que de construire des radeaux pour naviguer sur la rivière. Ils étaient aussi chargés de ramener de l’eau.
Le petit groupe essaya d’élargir au maximum le passage mais cela n’était pas très facile car ils n’avaient pas d’outils efficaces pour travailler. Les quelques couteaux qu’ils avaient trouvés dans l’avion se révélaient très peu adaptés à la situation. Aussi, ils avançaient assez lentement vu le nombre qu’ils étaient à travailler et les trois kilomètres qu’ils avaient à débroussailler.
« C’est trop enchevêtré par-là, fit Bernard au bout d’un moment. Essayons de faire un détour par là-bas.
- Mais ça va nous rallonger d’au moins cinq cents mètres ! protesta Pierre.
- Peut-être mais, comme ce sera moins difficile nous regagnerons le temps que nous aurons perdu.
- Ah non ! Je ne suis pas d’accord ! reprit Pierre, nous allons nous exténuer et nous avons besoin de toutes nos forces ! »
Ils se mirent à se disputer avec force. Nina se rangea du côté du ministre et Maud, pour se démarquer de son père, choisit le camp de Bernard. Richard, voyant que la discussion tournait franchement mal essaya de désamorcer la situation.
« Bon, attendez. Vous avez deux avis différents. Si nous votions pour trancher. »
Pierre qui aimait bien le système démocratique accepta. Il était d’autant plus d’accord que selon les avis que chacun avaient donnés, il était sur d’obtenir la majorité.
« Mais moi je ne suis pas d’accord ! Vous dites ça parce que vous savez que la majorité est pour vous. Mais on a vu que la majorité n’avait pas toujours raison. Regardez Galilée ! »
Nina pouffa.
« Je ne vois pas ce qu’une sonde spatiale vient faire là-dedans !
- Est-ce que vous le faîtes exprès ou vous êtes vraiment bête ? ironisa l’homme d’affaire.
- Répétez ça ! rugit le mannequin en se jetant sur lui. »
Richard voulut l’arrêter mais la manqua. Ce n’était pas grave car Bernard la stoppa rien qu’en tendant les bras et en la saisissant par les épaules. Elle essayait bien de lui donner des coups mais n’arrivait qu’à battre l’air. Lasse de ses vains efforts elle partit en pleurant bouder dans son coin.
Ils se remirent au travail chacun selon ce qu’il croyait le meilleur. Ils se rejoignirent au bord de la rivière en même temps, chacun des deux groupes reprochant à l’autre de ne pas l’avoir aidé. En effet, en se mettant ensemble ils seraient allés beaucoup plus vite !
Ils passèrent le reste de la journée à construire les radeaux. Mais là non plus les affaires n’avancèrent pas très vite, chacun ayant son idée sur la procédure à suivre. Idées qui, bien sur, étaient contradictoires… Le climat était donc très tendu entre eux quand ils rentrèrent à la grotte. A leur grande surprise les autres les attendaient avec des têtes de cent pieds de long.
« Qu’est-ce qui se passe ? demanda Richard avec inquiétude.
- Les enfants vont bien ? questionna Christine qui ne les voyait pas.
- Oui, fit Alix. Ils sont derrière à chercher du bois. Nous voulions pouvoir vous parler tranquillement sans qu’ils entendent.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Bernard à son tour.
- J’ai voulu voir si je pouvais faire quelque chose des bouts de métaux trouvés dans le marais et j’ai trouvé quelque chose de très bizarre. »
Marius montra alors un petit tas de métal et de fils enchevêtrés.
« Je le reconnais ! s’exclama Arnaud. C’est moi qui l’ai trouvé.
- A quel endroit ? demanda Alix.
- C’est le débris le plus lointain que nous avons dégagé. Il se trouvait au fond, il s’était perché dans un des derniers arbres là-bas.
- Il n’était pas dans l’eau alors ?»
Marius, Alix et Apolline se regardèrent intensément.
« Mais pourquoi cela vous intéresse-t-il autant ? s’étonna Christine.
- Parce que, coincé dans ce tas de fils j’ai trouvé ces objets. »
Il sortit un petit boîtier ressemblant, autant qu’on puisse en juger, à une calculatrice et un petit bout de papier rouge. Une inscription y figurait en noir. Richard s’en saisit et lu :
« ‘…glycerin…’, Oh mon dieu ! souffla-t-il en regardant sa femme.
- Est-ce que c’est ce que je crois ? » fit celle-ci.
Tout le monde se regarda avec surprise, sauf Nina qui ouvrait de grands yeux.
« Mais qu’est-ce qui se passe, c’est quoi ce truc ? »
Ce fut Pierre qui s’y colla.
« Nous avons de bonnes raisons de penser que ce ‘truc’ est une bombe.
- Une… une bombe… ? bégaya le mannequin. Mais alors ça veut dire que…
- … que l’explosion de l’avion n’est pas due à sa chute mais était criminelle. »
Ces mots tombèrent dans un silence médusé.
(... à suivre)