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lesromansdelara
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Voici l'histoire d'un pompier pas comme les autres ! Blog pour ceux qui M l'action et le suspens
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05.05.2007
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30.04.2008
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Chapitre 5

Chapitre 5

Posté le 28.01.2008 par lesromansdelara
Chapitre 5

Déménagement


L’avion venait de s’écraser. La fumée était intense dans la carlingue et Alix avait l’impression d’étouffer. Il fallait sortir de là mais elle en était incapable. Sa ceinture était bloquée et elle n’arrivait pas à la détacher. Soudain quelqu’un cria :
« Sortez vite ! Ca brûle et il y a une bombe ! »
L’odeur de fumée était de plus en plus intense. Il fallait qu’elle se détache à tout prix mais c’était impossible.
Elle se réveilla en sursaut. La grotte était totalement enfumée.
Alix avait eu du mal à s’endormir ce soir-là. Peut-être était-ce la découverte de l’explosif ou la fatigue nerveuse accumulée mais elle avait été reprise de nausées et de vomissements. Elle n’avait rien pu avaler. En début de nuit, elle avait même vomi presque toute son eau. C’était dommage car avec les récipients en métal que Marius avait réussit à bricoler, Apolline avait pu faire une tisane de mélange de plantes qui s’était révélé excellente.
La jeune femme avait fini par somnoler un peu et s’était réveillée en sursaut à moitié étouffée par la fumée qui envahissait la grotte. Elle se leva en toussant et essaya de réveiller les autres mais ils étaient profondément endormis. La fumée les avait surpris dans le premier sommeil, le plus profond, et les intoxiquait tous peu à peu, approfondissant leur inconscience.
L’infirmière sortit reprendre sa respiration. Elle s’aperçut que c’était le feu qui fumait. Elle décida de s’en occuper dès qu’elle aurait sorti les autres. Elle commença par les enfants et les blessés qui étaient les plus sensibles à la fumée, puis s’occupa des femmes et enfin des hommes.
Aucun d’entre eux ne s’étant réveillé quand elle eut fini, elle s’occupa du feu. Il y avait une façon radicale de l’empêcher de continuer à dégager de la fumée en l’éteignant avec de l’eau. Mais, dans leur situation, le feu était vital et ils ne pouvaient pas se permettre de le perdre. Elle pensa que le meilleur moyen d’arrêter la fumée sans l’éteindre était d’essayer de ranimer les flammes. Elle souffla donc dessus en ajoutant des brindilles sèches et, une minute après, elle obtint un feu clair et pétillant.
Quelqu’un bougea. C’était Mélanie qui se réveillait, suivie de près par Thibaut. Les membres du groupe reprirent conscience l’un après l’autre. Finalement, les personnes valides n’avaient pas trop souffert du manque d’oxygène car la fumée avait rempli la grotte en commençant par le plafond. Comme ils dormaient, allongés sur le sol, ils avaient été protégés. Par contre trois des blessés en étaient morts.
« Quand même, fit Richard qui était, comme les autres, encore un peu ensuqué, heureusement que vous étiez patraque et que vous n’arriviez pas à dormir !
- Oui, approuva Nina, sinon nous finissions tous comme ces pauvres gens !
- C’est vrai qu’à quelque chose malheur est bon, acquiesça Alix.
- Comment ça se fait que le feu se soit mis à fumer de cette manière ? demanda Bernard. Il ne l’avait jamais fait jusque là. N’avez-vous rien vu de spécial dans le feu ? Avec quoi brûlait-il ?
- Il n’y avait plus de flammes, se souvint l’infirmière. Il y avait de l’herbe séchée dessus.
- Cela ne m’étonne pas qu’il y ait eu de la fumée, dit Richard. Je ne sais pas qui a mis ça et je ne veux pas le savoir mais ce serait bien qu’il ne recommence pas ! »
Tout le monde se regarda mais personne ne se dénonça. Pour mettre fin à ce silence gêné Alix proposa d’enterrer les morts. Le lendemain ils devaient partir tôt et il valait mieux le faire rapidement. Ils se mirent donc au travail.


« Bon, tout est prêt maintenant ? fit Bernard avec une colère contenue. Allons-nous enfin pouvoir partir ?
- Marius, demanda Alix sans se démonter, avez-vous eu le temps de préparer de l’extrait de racine de poivrier ? »
La matinée était déjà bien avancée et ils avaient pris beaucoup de retard sur le programme. Pourtant tout avait relativement bien commencé malgré leur courte nuit. Ils avaient tout emballé et le convoi avait été prêt assez rapidement.
Cela se gâta un peu quand il fallut charger les blessés sur les brancards. Alix tint absolument à leur faire boire un peu d’extrait de poivrier pour calmer leur douleur.
« Ils vont être balancés pendant des heures sur ces brancards et il vaut mieux qu’ils dorment pendant ce temps. »
Bernard râla bien un peu que c’était inutile et que ça allait leur faire perdre du temps. L’infirmière le calma en lui promettant que l’opération ne durerait qu’une minute. Manque de chance, il ne restait plus d’extrait.
« Mais enfin, fit Marius, hier soir il en restait trois demies noix de coco.
- Vous avez dû vous tromper, fit l’infirmière.
- Non, j’en suis sûr voyons !
- Bon, ça n’est pas grave. Il faut en refaire.
- Mais les poivriers sur lesquels nous les avons prélevés sont un peu loin.
- Tant pis. Ces deux personnes vont terriblement souffrir durant le transport si on ne leur donne rien. Nous ne pouvons pas leur faire subir cela alors que nous savons comment les soulager. Faites-vous accompagner et allez en rechercher. »
Mais Bernard tempêta tellement qu’il fallut faire voter la décision. Mal lui en prit car le groupe décida à l’unanimité moins une voix de tout faire pour soulager les blessés. Il lui fallut donc attendre en rongeant son frein que Richard et Marius aillent chercher des racines, les ramène et qu’Apolline les prépare. D’où son exclamation agacée.
Mais ensuite il n’eut plus longtemps à patienter. La potion était prête et l’infirmière eut tôt fait de la faire prendre aux malades. Cinq minutes après, le groupe s’ébranla après s’être recueilli un instant sur les tombes des personnes qu’ils avaient enterrées à cet endroit. Ils décidèrent d’un commun accord de revenir régulièrement sur les lieux pour les entretenir.
Puis ils entamèrent leur marche.

Ils arrivèrent à la rivière en début d’après-midi. L’avancée avait été pénible. Malgré le débroussaillage de la veille, nombreux étaient les passages qu’il fallut retoucher pour que les brancards puissent passer dans de bonnes conditions. De plus il fut nécessaire de s’arrêter assez souvent pour leur permettre de souffler un peu. De plus, Nina ne voulait pas marcher n’importe où et ne supportait pas que la moindre branche lui bouche le passage.
« Est-ce qu’on est obligé de continuer comme ça ? » finit par exploser l’homme d’affaire au dixième arrêt.
L’énervement commençait à gagner tout le monde. Ceux qui ne l’étaient pas au début s’agaçaient de voir les autres tempêter tout le temps.
« Comme quoi ? se fâcha Richard.
- Ensemble, nous perdons un temps impossible ! Si nous partions en groupe nous pourrions mieux avancer.
- Et après ? De toute façon il faudrait nous attendre ensuite, fit Pierre qui était ravi d’avoir une occasion de dire sa façon de penser à l’homme d’affaire. Et puis il faut nous relayer pour porter les brancards. Vous ne voudriez quand même pas les laisser derrière nous ?
- Je n’ai jamais dit cela. Et puis m… de toute façon quand je parle personne ne m’écoute !
- Et ben pourtant, vu comment vous hurlez, on ne peut pas faire autrement que de vous entendre ! fit Nina qui se vengeait des attaques répétées de Bernard.
- Vous m’em…. fit-il en faisant brusquement demi-tour.
- Mais qu’est-ce que vous faîtes ? hurla Richard.
- Je passe par l’autre chemin et je vous attends à la rivière !
- Mais ça n’est pas prudent de nous séparer ! Bernard ! Bernard ! »
C’était inutile, il avait disparu dans la jungle.
« Je vais avec lui ! proposa Arnaud, comme cela il ne sera pas seul ! »
Quand le jeune homme fut parti à son tour les autres reprirent leur chemin tant bien que mal. Les conditions de vie pénibles et la fatigue qui s’accumulait rendaient les relations difficiles. Pourtant leur survie dépendait de leur solidarité. Ils fallaient qu’ils arrivent à surmonter leurs dissensions et mettre leurs forces en commun au lieu de les perdre à s’entre-déchirer. Richard se dit qu’il avait peut-être trouvé un moyen et se promis d’en parler à la prochaine réunion quand tout le monde serait calmé. Ce ne serait que quand les rivalités dues aux différents caractères s’estomperaient qu’ils y verraient plus clair et seraient vraiment efficaces.
« Venez ! Vite ! »
Le cri claqua dans l’air comme un coup de feu. Ils s’arrêtèrent tous ensemble et se regardèrent.
« Au secours ! Venez par-là ! »
C’était la voix de Bernard.
« Pierre, allons-y ! fit Richard. Vous autres vous ne bougez pas ! »
Ils se précipitèrent en se guidant à la voix de Bernard qui continuait d’appeler. Ils ne mirent que quelques minutes à le rejoindre.
« Bernard, Arnaud qu’est-ce qui se passe ? Vous allez bien ? demanda Pierre.
- Nous oui, fit l’homme d’affaire, lui je n’en suis pas sûr. »
Il désigna une forme inerte. Richard se précipita.
C’était l’homme qui avait disparu de la grotte le premier jour et qui ressemblait à un clochard.


« Alors ? » demanda Christine.
Alix était en train d’examiner l’homme inconscient.
« Je ne sais pas trop, mais vu sa façon de transpirer et les tremblements dont il est secoué cela ressemble à un delirium tremens.
- Très mince ? se moqua Nina. Je ne sais pas ce que c’est mais, à mon avis, c’est loin d’être mince.
- Le delirium tremens ça a un rapport avec l’alcool non ? demanda Maud.
- Oui c’est ça ! répondit Alix.
- Ca veut dire que cet homme buvait ? fit Nina. Alors il s’est prit une cuite ?
- Non, sourit l’infirmière le problème c’est qu’il n’a pas pu en prendre une. Le delirium tremens est un processus qui est analogue au manque pour un toxicomane. En clair il est en train de se sevrer.
- C’est plutôt une bonne chose pour lui alors ! s’exclama Richard.
- Oui et non. Il faut le surveiller. Un sevrage aussi brusque sans médicament peu être dangereux.
- Ah non ! intervint Bernard, vous n’allez pas dire qu’on va prendre ce clodo avec nous !?
- On ne peut tout de même pas le laisser là dans cet état ! dit Arnaud.
- Non, on ne peut pas ! trancha Richard. Allez on le charge sur un brancard ! »
Bernard fulmina mais, tout le monde étant d’accord, ils l’installèrent et se remirent en route.


« Là ce serait bien non ? »
Ils étaient arrivés au bord de la rivière très en retard sur leur prévision. L’après-midi était déjà très avancée et ils n’avaient pas le temps de commencer à descendre la rivière. Ils ne savaient pas si elle était navigable de bout en bout ou s’il faudrait contourner des obstacles. Il valait mieux attendre le lendemain pour avoir toute une journée pour atteindre le lac. Mais, pour cela, fallait qu’ils trouvent un endroit pour bivouaquer.
Pierre et Richard étaient partis en éclaireur pour trouver un endroit sûr pour le groupe. Ils avaient repéré un énorme arbre au tronc creux, dont la cavité était assez grande pour les recevoir tous.
« Nous serons protégés là-dedans, affirma le ministre.
- Oui, ça me paraît très bien en effet. Allons le dire aux autres. »
Une demi-heure après, tout le monde était installé dans l’arbre. Ils vérifièrent les radeaux qui étaient en parfait état. Demain ils pourraient partir dès le lever du jour.
Alix s’occupa des blessés et du malade pour qu’ils passent la meilleure nuit possible. Peu après leur arrivée, l’homme qu’ils avaient récupéré dans la forêt reprit conscience.
« Qu’est-ce que je fais là ? demanda-t-il d’une voix pâteuse.
- Nous vous avons trouvé dans la jungle, répondit doucement Alix.
- De quoi vous vous mêlez ! Laissez-moi ! »
Il essaya de se lever mais retomba, trop faible pour tenir debout.
« Restez tranquille, voyons ! »
L’infirmière le fit se recoucher et sortit.
« Vous pensez que ça ira pour lui ? »
C’était Maud qui venait aux nouvelles.
« Je pense qu’il va avoir du mal physiquement mais surtout psychologiquement.
- Comment ça ?
- Tu sais quand quelqu’un commence à boire c’est souvent pour combler un manque affectif.
- Si c’était vrai je devrais déjà boire des litres, répondit tristement l’adolescente..
- Chacun sa manière de compenser. D’autres vont se droguer ou devenir boulimique.
- Ou se jeter sur le chocolat ...
- Oui, par exemple ! »
La jeune fille se tourna vers l’homme. Soudain cette personne qui lui faisait un peu peur jusque là lui semblait étonnement proche d’elle.
« Dites, on pourrait essayer cela, avec ce monsieur. »
Marius tenait une coque de noix de coco contenant un liquide.
« Qu’est-ce que c’est ?
- De l’infusion de passiflore. Ca va l’aider au sevrage.
- Mais comment faites-vous ? Vous avez de tout pour tout vous ! s’exclama Maud.
- Oh vous savez, il suffit de connaître les plantes et de savoir regarder ! D’ailleurs à ce propos, fit-il en se tournant vers Alix. J’ai trouvé quelque chose pour vos nausées. »
Il lui montra un fruit jaune.
« Un citron ?
- Oui vous en buvez le jus quand vous vous sentez mal et cinq minutes après vous n’aurez plus rien. »
La jeune femme remercia chaleureusement le vieil homme.
« Ah ! Aïe ! Aaaaah !
- Maman, papa ! »
Thibaut avait crié d’abord suivit de Mélanie.
Richard et Christine se précipitèrent suivit de près par Arnaud, Bernard, Pierre et Alix. Ils arrivèrent auprès de la rivière et trouvèrent rapidement les deux enfants.
Thibaut était en train de se masser le pied et sa sœur se jeta dans les bras de sa mère en pleurant. Richard se pencha sur son fils.
« Qu’est ce qui t’arrive ?
- Nous étions en train de jouer dans l’eau quand j’ai senti un truc qui m’a pincé le gros doigt de pied. »
Alix regarda l’orteil du petit garçon. Il était un peu bleu mais ne semblait pas être cassé.
« Tu as vu ce que c’était ? lui demanda son père.
- Je ne sais pas, je l’ai écrasé là. »
Richard se pencha et se mit à rire.
« Vous allez bien ? demanda Pierre. Qu’est-ce que c’est ?
- La promesse de notre futur repas ! Une écrevisse ! »
Il s’approcha de l’eau et observa le fond un court moment.
« Oh ! Mais c’est un vrai garde-manger là-dessous ! Même pas besoin de les prendre au piège. Allez Mélanie, ne pleure pas ! Ce soir nous allons bien manger. »
Et il en prit une à main nue pendant que Christine aidait Thibaut à remettre ses chaussures.


La soirée touchait à sa fin. Ils s’étaient régalés avec les écrevisses et le moral de tout le monde remonta. C’est le moment que choisit Richard pour parler de son idée.
« Nous avons eu depuis que nous sommes sur cette île plusieurs divergences de point de vue. C’est normal que cela se produise mais il ne faudrait pas que cela nuise à notre sécurité.
- Jusqu’à maintenant nous nous en sommes plutôt bien sortis, non ? fit Pierre.
- Oui, le système de vote quand une décision pose une difficulté est une bonne façon de dénouer les crises, dit Alix.
- C’est vrai et il faut le garder. Mais qui empêche l’un d’entre nous de ne pas suivre ce qui a été décidé.
- C’est moi que vous visez ?
- Ne prenez pas la mouche Bernard ! Aujourd’hui c’est vous qui enfreignez une décision, demain ce peut être n’importe qui, mettant, par là-même, tout le reste du groupe en danger.
- Qu’est-ce que tu proposes ? demanda Christine.
- De nommer quelqu’un qui soit plus particulièrement responsable de faire appliquer les décisions prises en commun. Il pourrait aussi coordonner les actions et avoir un projet d’ensemble.
- Vous nous proposez d’élire un chef ? fit Maud.
- C’est tout à fait cela. Qui serait d’accord ? »
Les mains se levèrent l’une après l’autre, emportant la décision à l’unanimité.
« Bon, donnons-nous le temps d’arriver au lac et nous voterons ensuite. Cela nous laissera le temps de décider pour qui chacun veut voter. »
Tout le monde se leva. C’est alors qu’Alix sentit à nouveau qu’elle avait une forte en vie de vomir. Elle s’occupa de presser son citron et d’en boire le jus.
« Est-ce que ça marche ce truc là ? demanda Nina.
- J’ai l’impression oui, mais… »
Alix s’écroula par terre. Le mannequin appela.
« Qu’est-ce qu’elle a ? demanda Pierre en lui donnant des tapes sur les joues.
- Je ne sais pas, elle a bu ce truc-là et elle est tombée brusquement.
- Je savais bien que ce vieux fou allait finir par nous empoisonner un jour ! s’exclama Bernard.
- Je ne crois pas que le jus de citron ait quelque chose à voir avec cela, intervint Christine. Transportons-la dans l’arbre et laissez-moi seule avec elle. »
Tout le monde la regarda avec surprise mais personne ne posa de question. La jeune femme reprit conscience comme ils la portaient. Quand tout le monde fut sorti, elle demanda :
« Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Vous vous êtes évanouie.
- Encore ?
- Cela vous est déjà arrivé ?
- Oui, une fois ou deux ces derniers mois. Il fallait que j’aille voir le médecin un de ces jours mais j’étais débordée et puis entre temps…
- Entre temps ?
- Rien… J’espère que je n’ai pas attrapé quelque chose de grave.
- Je ne crois pas, fit Christine en souriant.
- Vous êtes médecin ?
- Non, mais quand je vois une jeune femme qui a des nausées, des vomissements et qui ne rentre plus dans ces pantalons, j’ai assez d’expérience en la matière pour que ça me fasse tilt.
- Tilt ?.. Vous voulez dire que… Mon Dieu… »
Elle regarda le sourire entendu de Christine et resta un moment sans voix. Les mots avaient du mal à sortir de sa bouche.
« J’attends un bébé… » finit-elle par souffler d’une voix blanche. Elle ne savait plus si elle devait être heureuse ou complètement effondrée. Peut-être les deux à la fois ce qui produisait un curieux mélange.
Un enfant de Christophe… En d’autres temps cela aurait été une bonne nouvelle. Ils auraient dû être mariés et avoir emménagé dans la nouvelle maison à l’heure qu’il est. Ils n’auraient plus eut qu’à préparer l’arrivée du bébé pendant six ou sept mois en savourant leur bonheur. Au lieu de cela Christophe était mort et elle était seule sur cette île pour elle ne savait combien de temps… Elle finit par fondre en larmes.
Christine la prit dans ses bras et attendit calmement que la crise soit passée.
« Allons, je sais que cela n’est pas fantastique d’être isolée de tout dans votre état mais ça va bien se passer. Nous sommes là. »
Alix se sentit un peu mieux. Elle leva son visage et se mit à parler de Christophe. C’était la première fois qu’elle y arrivait depuis… Elle retraça leur rencontre, leur vie commune de trois ans, le mariage et, ce qui était le plus dur, l’accident… Elle avait eu du mal à commencer mais maintenant elle ne s’arrêtait plus. Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle avait l’impression qu’un poison sortait progressivement d’elle.
« Il avait oublié mon casque et m’a donné le sien. Je n’aurais jamais dû accepter… A l’heure qu’il est, il serait encore vivant…
- Oui et il serait effondré parce que, maintenant, il saurait que sa fiancée et son enfant seraient mort. En vous protégeant, il a également, sans le savoir, sauvé son bébé. Vous n’êtes plus seule maintenant, c’est pour lui aussi qu’il faut vous battre. Cet enfant c’est le dernier cadeau qu’il vous a laissé, ne l’oubliez pas. »
Les paroles de Christine agissaient comme un baume bienfaisant et elle sentit la force et le courage lui revenir.
« Bon, reposez-vous un peu. Maintenant il va falloir vous économiser un peu. »
La mère de famille sortit, laissant la jeune femme qui s’endormit peu après.

(... à suivre)




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