Publié le 01/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Chapitre 9
A la découverte de l’île
A six heures et quart tout était prêt. Les deux hommes et la jeune femme s’engagèrent l’intérieur des terres. La falaise était dirigée plein ouest et ils s’étaient crashés côté est. Ils choisirent donc de se diriger vers le nord. Ils suivirent le lac jusqu'à son extrémité en longeant la forêt. Plus ils pourraient faire de chemin à terrain découvert, mieux cela valait. Ils passèrent le champ de coton qui était vraiment très étendu.
« Il faudra que nous revenions tous ensemble ici pour tout cueillir, dit Richard. Inutile de nous encombrer pour l’instant. »
Apolline leur avait confectionné des sortes de hôtes qu’ils pouvaient porter sur le dos à l’aide de bretelles tressées avec des lianes. Comme cela ils pourraient récupérer toutes les choses intéressantes qu’ils trouveraient. Cependant, il était important de ne pas se charger trop vite. En effets ils pouvaient avoir une longue route à faire et il ne servait à rien de s’encombrer de quelque chose qu’ils retrouveraient par la suite sur leur chemin. De plus, Ricard pensait que, comme il n’était pas sur qu’ils rentrent à trois, il valait mieux prévenir que guérir.
Richard portait le feu, isolé dans plusieurs couches de feuilles de bananier. De temps en temps il fallait s’arrêter pour vérifier qu’il respirait bien et ranimer les braises. S’ils le perdaient, il faudrait qu’ils fassent demi-tour immédiatement. Après l’aventure des chauves-souris, personne n’avait envie de dormir à la belle étoile sans la lueur protectrice d’un brasier.
En allant vers le nord ils s’aperçurent que la forêt s’éclaircissait pour laisser la place à une sorte de savane à hautes herbes.
« Faisons attention ! prévint Richard. Il pourrait y avoir des bestioles. »
Ils avancèrent sans rien rencontrer d’inquiétant.
« Elle est quand même bizarre cette île. A part les poules et les chauves-souries nous n’avons rencontré aucun animal de taille respectable.
- Tant mieux dans un sens, si c’est pour se faire attaquer par des montres ! fit Marius en frissonnant.
- C’est une île isolée, répondit Richard. Elle doit avoir un écosystème à part. Je pense toutefois que des animaux de grande taille doivent y résider car ces chauves-souries géantes se nourrissent apparemment de sang. Ce n’est pas les trois poules que nous avons vues qui leur suffise.
- Oui, tu dois sûrement avoir raison. Il vaut mieux que nous ouvrions l’œil ! » admit Alix.
La jeune femme reprit la marche silencieusement. A mesure qu’ils s’éloignaient des autres, grandissait en elle le sentiment qu’elle avait peut-être fait une bêtise. Si Marius ou Richard étaient l’un ou l’autre (ou les deux qu’en savait-elle ? ) le ou les saboteurs de l’avion, elle serait isolée et à leur merci. Peut-être avaient-ils vu qu’elle se doutait de quelque chose ou voulaient-ils tuer les survivants les uns après les autres. Dans une expédition comme celle-la, un accident était vite arrivé. Qui s’en étonnerait ?
Par contre, s’ils n’étaient ni l’un, ni l’autre dans le coup, alors elle était protégée en s’éloignant. Peut-être avaient-ils, eux aussi, constaté des anomalies et ne voulaient pas en parler par peur. Pourquoi serait-elle la seule à avoir remarqué quelque chose ? Elle décida de sonder prudemment les deux hommes dès qu’elle aurait une occasion.
( à suivre demain...)
--
Publié le 02/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
« Il doit y avoir une sacrée montée pour arriver là-haut ! » fit remarquer Marius en montrant une colline qu’ils suivaient depuis quelque temps.
- Oh oui, croyez-moi ! répondit Richard. C’est là-haut que nous sommes montés pour mettre le fanion de détresse le lendemain du crash et nous avons cru ne pas y arriver !
- C’est normal qu’on ne le voit pas d’ici ? demanda Alix en plissant les yeux pour mieux y voir.
- Non, normalement nous devrions l’apercevoir, fit Richard. Nous l’avons perché en haut d’un des palmiers là-haut. C’est peut-être parce que nous avons le soleil dans les yeux ou que nous ne sommes pas dans le bon angle » conclu-t-il d’un ton qu’il arrivait difficilement à rendre badin.
Alix n’y voyait certes pas très bien mais elle était sure qu’il n’y avait rien là-haut. Elle décida d’y regarder de plus près quand ils auraient changé d’angle de vue. Cela serait facile car c’était le seul point haut de l’île et qu’il avait l’air visible de partout.
Peut-être n’avaient-ils pas mis le fanion en place ce matin-là. En effet, seul les Méchaleux étaient montés ce matin-là. Sinon quelqu’un d’autre était monté la nuit suivante pour le décrocher. Mais pourquoi ? Peut-être celui ou ceux qui voulaient les tuer avaient-ils besoin de temps et ne tenaient pas à être retrouvés de suite. C’était une possibilité en tous cas.
De toute façon c’était une bonne occasion de voir ce que les deux hommes savaient. Peut-être qu’ils se couperaient si elle faisait l’innocente. Elle verrait bien. Si Richard ne tenait pas à aller redresser le fanion c’est que c’était peut-être lui qui l’avait mis à terre. Après tout, il avait participé à sa mise en place et savait exactement où il était situé. Même si sa femme n’était pas de mèche, rien ne lui était plus facile que de revenir la nuit d’après pour l’enlever. Vu la difficulté de la route personne ne serait remonté par accident. De plus, de la grotte, on ne voyait la colline que de façon très éloignée. Du coup, personne n’avait pu se rendre compte de la disparition du signal de détresse, ce qui avait largement contribué à retarder les secours.
En tous cas, à leur grande surprise, leur marche était de plus en plus facile. Les herbes devenaient plus courtes et étaient moins touffues.
« Tant mieux ! » se dit Richard. Il était un peu inquiet pour Marius car il avait peur qu’il ne tienne pas la distance. En tous cas, pour l’instant, il avait l’air de bien avancer. De temps autre il cueillait l’une ou l’autre plante et expliquait ce que c’était et à quoi cela pouvait être utile. Il y en avait pour tous les goûts : rhumes, fatigue, anémie, plaies et aussi :
« Acné ? demanda Alix un peu ahurie.
- Oui, c’est imparable ! Maud est une très jolie jeune fille. Vous connaissez les adolescentes… Si je lui dis que je peux la débarrasser de quelques boutons elle en sera ravie ! Ma fille, en tous cas, ne pouvait plus s’en passer quand elle avait son âge ! »
Alix se mit à rire. Comme il était gentil, ce vieil homme ! Ils étaient perdus sur cette île et, malgré tout, il avait encore l’énergie de penser qu’une adolescente serait contente de se débarrasser de ses problèmes de peau !
Mais ils ne s’arrêtaient jamais car il leur fallait faire vite. Se séparer du groupe restait dangereux dans leur situation et il valait mieux ne pas prendre plus de temps que nécessaire.
« Marius, dès que vous voyez quelque chose qui se mange, vous prenez.
- Oui, ne vous inquiétez pas, nous trouverons. »
Pour ne pas se charger, ils n’avaient pas emporté de provisions. Le vieil homme les avait assurés qu’ils trouveraient des aliments en chemin.
« Vos pensées sont des ordres, Richard ! fit-il une minute après en montrant un palmier remplit de dattes.
- Formidable ! Allons en prendre et arrêtons-nous un peu ! »
Ils n’eurent même pas à monter à l’arbre. Des branches chargées de fruit s’étaient détachées et il y en avait plus que nécessaire. Ils s’assirent tranquillement et mangèrent en parlant de choses et d’autres.
Alix avait continué d’observer le haut de la colline. Il n’y avait toujours aucun fanion en vue. Elle s’aperçut que Richard lui aussi regardait de temps à autre tout en faisant attention que personne ne le voit. Si c’était lui qui l’avait enlevé pourquoi regardait-il avec autant d’insistance ? A moins qu’il ne cherche autre chose ? Et si ce n’était simplement pas lui ? Si son attitude d’étonnement le laissait penser, sa méfiance au contraire était un élément plus que bizarre pour un innocent.
Après le repas ils se remirent en marche. Ils seraient sûrement obligés de camper mais ils préféraient aller le plus loin possible avant la nuit. S’ils pouvaient arriver à la mer ce serait une bonne chose. Ensuite, ils auraient le temps de repartir par un autre chemin.
La savane devenait de plus en plus parsemée à mesure qu’ils avançaient. Le terrain était plat et égal. Ils ralentirent cependant un peu le pas car Marius commençait à fatiguer. Alix qui était plus leste marchait devant. Richard la suivait de près tout en veillant à attendre Marius.
« Alix, ne marche pas si vite ! Il ne faut pas nous séparer. »
La jeune femme s’arrêta immédiatement et se retourna.
« D’accord ! Je vous attends là. »
Elle vit un pas en arrière … et disparu brusquement.
Richard et Marius restèrent sur place, cloué par la stupeur. Ils se ressaisirent et se précipitèrent.
« Attention ! »
Marius arrêta Richard juste à temps. Le sol manquait brusquement et formait un à pic vertigineux.
( à suivre...)
Publié le 03/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
« Alix ! Alix ! » crièrent-ils ensemble sans trop de conviction.
A leur grande surprise une petite voix leur répondit.
« Je suis là ! Venez m’aider ! »
Richard se jeta à plat ventre et regarda. Alix était à un mètre en dessous à peine accrochée à une branche d’arbre. Il poussait à même la falaise et ses racines ne devaient pas être bien solide car on entendait des craquements peu engageant.
« Surtout ne bouge pas ! J’arrive ! »
Richard se retourna vers Marius ;
« Vous vous sentez assez fort pour me tenir les chevilles ?
- Euh... oui, je crois.
- Bon alors allez-y ! Je vais essayer de l’attraper. »
Marius lui saisit les jambes et il se pencha au-dessus du vide.
« Tends les bras et essaye de d’empoigner mes mains. »
Alix s’exécuta mais, en bougeant, l’arbre céda un peu et descendit de dix centimètres. Elle cria et s’agrippa à la branche tout en fermant les yeux. Elle se voyait déjà en bas.
« Allez, un peu de courage ! Ne bouge pas c’est moi qui viens ! » fit Richard en se penchant un peu plus. Il était maintenant presque totalement dans le vide lui aussi. Marius était encore d’une vigueur inattendue pour son âge et le tenait fermement. Il arriva à nouveau à portée de main d’Alix.
En regardant la falaise il s’aperçut que l’arbre ne tenait plus qu’à une minuscule racine. Quand il tourna la tête vers Alix il se rendit compte qu’elle l’observait.
« Vous l’avez vue aussi, dit-elle d’un ton qu’elle essayait de rendre badin. Vous feriez mieux de remonter ! Sinon nous allons nous retrouver tous les deux en bas.
- Il n’en est pas question, répondit Richard. Nous remontons tous les deux ! »
Et il tendit ses deux mains qu’elle agrippa fébrilement. L’arbre céda à ce moment-là et ils l’entendirent tomber à une centaine de mètres en dessous. Maintenant ils étaient tous les deux suspendus dans le vide.
( à suivre demain...)
Publié le 04/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
« Marius ! Remontez-nous ! » cria Richard.
Il espérait que le vieil homme en aurait la force. Comme ils remontaient tous les deux Alix se dit que, s’ils s’en sortaient, elle ne soupçonnerait plus Richard. En effet cet homme, loin d’essayer de la tuer, risquait sa vie pour sauver la sienne. Dans le même temps Marius lui-même semblait hors de cause. Qui l’empêchait de les lâcher tous les deux ? Personne n’aurait pu l’en blâmer ni le soupçonner ensuite.
Une minute après Richard reprit pied sur le sol et termina de remonter Alix qui poussa un soupir de soulagement. Comme elle se rétablissait, elle glissa et saisit la taille de Richard. Elle sentit quelque chose de dur et de froid qui était coincé à la ceinture de son pantalon. Mais cela ne dura qu’un bref instant. Trop soulagée pour pouvoir réfléchir, elle se jeta dans les bras de Richard.
Ils restèrent une heure à cet endroit pour se remettre de leurs émotions. En dessous d’eux se dessinait une vaste plaine délimitée par une falaise circulaire.
« C’est bizarre ce truc, on dirait une grande bassine !
- Vous n’êtes pas loin de la vérité Richard fit Marius après avoir longuement examiné l’ensemble.
- Qu’est-ce que vous voulez dire ? demanda Alix.
- Je pense qu’en fait nous sommes en présence d’un cratère.
- Un cratère ? Mais il n’y a pas de colline !
- Vous pensez à un cratère de volcan ? demanda le vieil homme.
- Oui, fit Richard, à quoi d’autre ?
- Vous savez tous les volcans ne sont pas en hauteur. Surtout dans le pacifique, ils crachent une lave liquide qui s’étale et ne forme pas de hauteur. Mais, dans le cas présent, je ne pensais pas à cela. Je crois que c’est plutôt quelque chose qui explique l’absence d’animaux de grande taille sur cette île.
- Qu’est ce que vous avez derrière la tête ?
- Je pense que ce que nous avons sous les yeux n’est rien d’autre qu’un impact de météorite. »
Les deux autres le regardèrent avec surprise.
( à suivre...)
Publié le 05/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
En effet, en y regardant bien, la cuvette était plus profonde au milieu que sur les bords et la végétation était plutôt rase au fond.
« Mais, objecta Richard, une telle météorite aurait dû tout raser !
- Je pense qu’elle l’a fait et plus que ça ! Mais il doit y avoir longtemps. Du coup la végétation a repris, surtout quand on s’éloigne de l’impact. Par contre la faune ne s’est pas régénérée car nous sommes sur une île. Il s’est passé à petite échelle ce qui a provoqué la disparition des dinosaures.
- Vous voulez dire que tous les animaux sont morts sur cette île ? demanda Alix.
- Non, seulement les gros, ceux qui n’ont pas pu se cacher sous terre.
- Ou s’envoler loin de là comme les chauve- souris, compléta Richard.
- Exactement, fit Marius.
- Il ne resterait donc sur cette île que des bestioles pas plus grosses que des poules ou des lézards ?
- Si ma théorie est bonne oui.
- Ca alors ! s’exclama Alix. Mais il y a combien de temps que cela a pu se produire ?
- Si vous observez bien, vous pouvez remarquer que les arbres de la forêt sont tous relativement jeunes. Je pense qu’ils n’ont pas plus d’une centaine d’année.
- Si cela a produit de tels bouleversements sur cette île, peut-être que cela n’est pas passé inaperçu ailleurs ? réfléchit Richard.
- Il y a cent ans… murmura Alix. Mais oui ! L’année sans été !
- C’est quoi ça ? demanda Richard.
- Eh bien, si je ne me trompe pas, en dix-huit cent quatorze, une météorite s’est écrasée au Mexique. Cela a produit un tel nuage de gaz et de poussières que le soleil en à été assombrit. Cette année là il a neigée en France au mois de Juillet et d’août. On a appelé cette année, l’année sans été.
- Mais quel rapport avec ce que nous voyons là ? demanda Marius.
- Et bien peut-être que cette météorite s’est scindée en plusieurs morceaux avant de tomber. Comme cette île est perdue au milieu du pacifique et que l’impact principal à été détecté, personne ne s’est douté qu’un autre morceau était tombé ailleurs.
- Oui, ce peu être une explication, en effet, admit Marius.
Bon, c’est bien intéressant tout cela, coupa Richard, mais la nuit ne va pas tarder à tomber. Est-ce que tout le monde se sent d’attaque pour continuer ? »
(à suivre...)
Publié le 06/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Devant l’approbation des autres, il se remirent en route. Le jour baissait en effet rapidement et il était urgent de trouver un abri pour la nuit. Ils contournèrent donc le cratère et dix minutes après se retrouvèrent sur une plage, à l’autre bout de l’île.
« Et bien, constata Alix, de ce côté il sera difficile de mettre un signal en hauteur ! »
En effet tout était plat autour d’eux. Contrairement à l’autre côté, aucune falaise n’était en vue.
« Oui, acquiesça Richard. Cela rend d’autant plus important le fait d’aller s’assurer dès demain de la présence du fanion de détresse en haut de la colline, quitte même à en rajouter. »
Alix se dit qu’elle avait vraiment été bête de soupçonner ce brave Richard. Il cherchait vraiment à ce que ce signal soit visible sinon il ne proposerait pas d’aller le redresser. Il lui suffisait de dire par exemple qu’il n’était pas au bon endroit pour être vu de l’île mais qu’il était parfaitement visible de la mer. Cela aurait été une explication très correcte et aurait empêché les questions embarrassantes.
Au lieu de cela, il les fit arrêter et ils entreprirent de construire un petit cabanon pour passer la nuit à l’abri, sur la plage.
La nuit était bien avancée. Alix s’éveilla en sursaut. Elle se sentait angoissée sans arriver à savoir pourquoi. Elle ferma les yeux et essaya de se calmer. Tout était tranquille aux alentours et les autres dormaient paisiblement. Alors, qu’est-ce qui l’avait réveillée ? Elle se souvint alors d’avoir rêvé. Les évènements de la journée lui étaient revenus en mémoire et elle avait revécu dans son sommeil sa chute de la falaise et son sauvetage. Elle s’était réveillée alors qu’elle se remémorait comment Richard la remontait et qu’elle touchait quelque chose de dur et froid à sa ceinture.
Qu’est-ce que cela pouvait être ? Une boucle ? Non c’était trop gros et c’était sur le côté de sa ceinture. Bon allez, il valait mieux qu’elle se rendorme car le lendemain allait être une grosse journée. Après tout qu’est-ce que cela pouvait lui faire ? Richard pouvait porter ce qu’il voulait sous sa chemise, cela ne la regardait absolument pas !
Elle se retourna donc sur le côté et essaya de se rendormir. Mais cela la turlupinait tellement qu’elle n’y parvenait pas. Bon il fallait qu’elle aille voir, sinon jamais elle ne se retrouverait le sommeil.
Elle se leva donc avec précaution et, tandis qu’elle s’approchait de Richard après avoir enjambé Marius, elle se sentit très bête. Si Richard se réveillait en la sentant farfouiller sous sa chemise qu’allait-il penser ?
Elle s’accroupit pourtant près des affaires du père de famille et les souleva méthodiquement. Il n’y avait rien qui ressemble à ce qu’elle avait senti. Elle le regarda. Il lui tournait le dos et dormait profondément. Alix se risqua à soulever le pant de sa chemise découvrant tout doucement et découvrit un objet noir. Elle resta pétrifiée.
C’était un canon de revolvers…
(... à suivre demain)
Publié le 07/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Richard dormait toujours d’un seul œil, surtout quand il était en mission et que celle-ci ne tournait pas comme il l’avait prévu. Quand il avait entendu Alix s’approcher, il avait discrètement saisi le poignard qu’il tenait caché en permanence dans sa manche. Il attendit et sentit qu’elle lui prenait sa première arme. Dès qu’il entendrait le bruit de la targette d’armement il se retournerait et l’égorgeait sans somation. Cependant il voulait quand même patienter et n’agir qu’en cas de nécessité ultime. Certes il était extrêmement bien entraîné et savait tuer quelqu’un en un clin d’œil de façon extrêmement efficace et silencieuse. Mais il se pourrait alors que Marius se réveille et il devrait alors le tuer aussi. Il n’entrait pas dans son contrat d’éliminer des innocents et il préférait être sûr de son coup avant d’agir.
Il entendit la jeune femme ouvrir l’arme et enlever les balles. Puis elle replaça doucement l’arme dans la ceinture de Richard.
« Mais qu’est-ce qu’elle fait ? » se demanda-t-il. En effet elle croyait qu’il dormait et elle aurait pu l’éliminer facilement. Peut-être avait-elle pensé la même chose que lui au sujet de Marius. Elle voulait sûrement attendre la bonne occasion avant d’agir. En tous cas, tout cela pouvait devenir très dangereux pour l’accomplissement de la mission. Maintenant, il n’avait plus le choix. Demain il fallait vraiment qu’il s’occupe d’elle et qu’il la neutralise définitivement.
*
Ce fut le soleil qui les réveilla. Réveiller est un bien grand mot car seul Marius avait dormit toute la nuit. Alix, quant à elle n’avait pas pu retrouver le sommeil, et Richard avait continué d’être vigilant, on ne sait jamais.
Malgré sa bonne nuit le vieil homme eut du mal à se lever.
« Vous ne vous sentez pas bien ? demanda Alix.
- Si, mais mes rhumatismes se rappellent à mon bon souvenir, si vous voyez ce que je veux dire… »
Richard sauta sur l’occasion.
« Ce doit être la marche d’hier. Nous avons encore une longue route à faire et il vaut mieux vous reposer un peu.
- Mais je ne veux pas vous faire perdre du temps, protesta Marius.
- Ne vous inquiétez pas. Pendant que vous reprenez des forces, nous irons sur la colline pour redresser ce fanion. Il a dût se décrocher.
- D’accord ! J’en profiterais pour regarder si je ne trouve pas des plantes intéressantes.
- Commençons par déjeuner, voulez-vous ? » proposa Alix.
Ce n’était pas qu’elle avait vraiment faim mais elle ne voulait pas donner l’impression qu’elle était inquiète. Cette marche avec ce gars armé, à l’écart de tout témoin ne la tentait pas du tout. D’autre part, elle ne pouvait pas refuser sans éveiller les soupçons de Richard. De plus elle n’arrêtait pas de se dire que s’il avait voulut l’éliminer, il aurait pu le faire facilement à la falaise. Au lieu de cela, il avait tenté l’impossible pour la sauver.
Elle ne savait vraiment plus quoi en penser…
(à suivre...)
Publié le 08/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Chapitre 10
Explication au sommet
Richard n’avait pas exagéré. La montée était rude. Pourtant, ils avaient laissé tous les sacs en bas, mais il fallait quand même grimper des pentes dépassant allégrement les vingt pour cent. Ce versant était plus direct que l’autre mais beaucoup plus pentu. S’il n’y avait pas de buissons épineux, en revanche, les cailloux roulaient sous leurs pieds exactement comme de l’autre côté.
« Allez, courage, dit gentiment Richard, nous arrivons bientôt !
- Je ne veux pas paraître grognon, mais ça fait plusieurs fois que tu dis çà, remarqua Alix.
- C’est vrai ! répondit-il en riant, mais je vois le sommet tout près et, à chaque fois qu’on y parvient, un autre se détache un peu plus haut.
- Et bien s’il y en a encore un de plus, je m’arrête ! Je n’en peu plus ! »
Elle n’était pas aussi fatiguée que cela mais elle avait un prétexte tout trouvé pour fausser compagnie à Richard.
« Tu n’auras pas à le faire, nous sommes arrivés ! »
Trop tard en effet pour stopper. Ils posèrent le pied sur la haute plate-forme qui dominait toute l’île. Alix n’avait pas le vertige mais elle se dit que là, elle avait vraiment fait une bêtise d’accompagner Richard ici. Certes elle avait vidé l’arme de ses balles mais il était beaucoup plus grand et plus fort qu’elle. S’il voulait la balancer en bas, il n’avait même pas besoin de son pistolet !
Pourtant, pour l’instant, il semblait penser uniquement au fanion.
« Bizarre, quand même, il n’est pas là. Pourtant je jurerais qu’on l’a mis là-bas sur un de ces palmiers.
- Allons voir alors ! »
Alix s’élança, ravie de quitter le promontoire. Il arrivèrent bientôt à l’endroit indiqué. Il n’y avait pas l’ombre d’un drapeau.
« Es-tu bien sur que c’est à cet endroit que vous l’avez accroché ? demanda-t-elle.
- Tout à fait certain ! C’était même sur cet arbre, je suis allé le pendre moi-même ».
Alix retourna machinalement les herbes et les feuilles qui se trouvaient au pied de l’arbre quand elle souleva un bout de tissus rouge. Elle se baissa et tira dessus. Elle se retrouva avec le fanion dans les mains.
« Voilà pourquoi il n’était plus sur l’arbre, constata Richard.
- Le vent a dû le faire tomber, risqua Alix.
- Peut-être, répondit-il d’un air peu convaincu. Je peux le voir ? »
Il examina le bout de tissus un court moment et :
« C’est bien ce que je pensais. Regarde ! »
Il le tendit à Alix en observant bien la façon dont elle allait réagir. La jeune femme prit le drapeau et regarda. Les deux angles par lequel il était accroché à l’arbre étaient manquants. Ce qui était étrange c’est qu’ils n’étaient pas arrachés mais tranchés de façon très nette.
« Oui, reprit Richard, ils ont été coupés avec un couteau. »
Alix pensa soudain aux radeaux qui avaient été sabotés de la même façon. Il y avait vraiment une ou plusieurs personnes sur cette île qui ne voulaient pas qu’ils soient retrouvés.
( à suivre...)
Publié le 09/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Elle pensa que, dès qu’ils seraient de retour au campement, il fallait qu’elle mette tout cela sur le tapis devant tout le monde. Puisqu’elle ne pouvait faire confiance à personne autant qu’elle le dise en présence de tous les rescapés. Si elle se confiait à une personne en particulier et que ce soit précisément celle qui cherchait à les neutraliser, elle ne donnait pas cher de sa peau. Au contraire, si elle disait ce qu’elle soupçonnait à tout le monde, personne n’oserait intervenir pour l’arrêter. Ensuite, quand tous les survivants seraient au courant il n’y aurait plus de raison de l’éliminer à elle en particulier.
Par contre c’est vrai que cela plomberait l’ambiance et elle n’osait pas imaginer ce que serait la suite de leur séjour si chacun suspectait le voisin de vouloir le tuer pendant son sommeil… D’autre part, personne n’était plus en sécurité et le cacher serait criminel.
Comme elle n’avait aucune intention que Richard devine à quoi elle pensait, elle enchaîna sur un ton badin :
« Mais voyons ! Qui aurait fait cela ? Regarde comme les palmiers sont des arbres tranchants ! Avec le vent, il a dû frotter au mauvais endroit. Il vaudrait mieux le percher sur un autre arbre si on ne veut pas qu’il tombe tout le temps ! »
Richard la regarda un bref instant. Soit elle était vraiment idiote et n’avait rien vu, soit elle jouait celle qui ne remarquait rien. Il ne savait pas pourquoi, mais son instinct le faisait plutôt pencher pour la seconde solution. Pour ne pas qu’elle le soupçonne, il acquiesça rapidement.
« Tu as raison. Regarde ce grenadier au bord de la falaise, il me paraît être tout indiqué. »
C’est vrai qu’il était idéalement placé pour être aperçu par un bateau ou un avion. L’arbre était planté seul au bord de la falaise et le fanion se détacherait nettement sur le ciel bleu. Pourtant, Alix avait toujours quelques répugnances à aller si près du vide en compagnie de Richard. Il n’avait rien tenté depuis tout à l’heure et s’était montré plus qu’amical dans la montée, l’aidant même dans les endroits difficiles. Elle ne savait plus que penser. Peut-être s’était-elle vraiment trompée sur son compte. Ce gars était vraiment déroutant.
En tous cas, il était déjà en haut de l’arbre attachant le drapeau très adroitement. Moins d’une minute après il était redescendu.
« Et voilà le travail ! Maintenant, nous pouvons être tranquilles. Si un bateau ou un petit avion passe aux alentours il ne pourra pas le manquer !
- Bon, fit Alix rassurée par l’attitude de Richard, allons-y alors !
- Oui, allez, après toi ! »
La jeune femme s’élançait dans le chemin, soulagée tout de même de partir de cet endroit. Soudain, elle se sentit trébucher et se retrouva en un clin d’œil à plat ventre, en équilibre au bord du précipice. Richard enfonçait son genou entre ses omoplates et lui tordait le bras droit.
(... à suivre)
Publié le 10/03/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Elle poussa un cri qui mêlait la surprise et la douleur.
« Alors ça y est, tu passes à l’action ? lui cria-t-elle dans l’espoir de gagner du temps.
- Et oui ! répliqua-t-il. Dans ce genre de circonstances, je ne t’apprends rien en disant que le premier qui attaque gagne ! Tu as joué un vrai jeu de poker menteur avec nous… Dis-moi depuis combien de temps as-tu deviné ? »
Elle pouvait toujours jouer à l’innocente, on ne sait jamais.
« Deviné quoi ?
- Allons, allons, ne jouons pas au plus fin… Tu sais de quoi je parle… Tu croyais quoi ? Que nous allions nous laisser faire sans réagir ? Ne te laisses pas abuser par notre côté bonne petite famille. Nous sommes des professionnels et nous n’avons pas l’habitude de faillir à nos missions. »
Alix se dit que cette fois-ci, elle était perdue et ne s’en sortirait pas. Mais la peur de mourir, au lieu de la paralyser, lui donnait plus d’assurance. Après tout, maintenant, elle n’avait plus rien à perdre. Avant d’y passer, elle voulait comprendre.
« Tu vas me tuer n’est-ce pas ?
- Ca n’est pas que cela me fasse plaisir, mais j’y suis contraint. Il ne fallait pas te mettre dans ce pétrin.
- Et tu es prêt à tuer beaucoup de monde comme cela ?
- Ce n’est pas le cœur de notre mission, ni ce qui nous plaît le plus mais, si nous y sommes contraints, nous n’hésitons pas. A vrai dire, cela n’était jamais vraiment arrivé jusqu’à maintenant.. Toi-même, tu n’hésiterais pas à me tuer si tu en avais l’occasion. Je me trompe ? »
Alix rougit, car en effet elle le ferait volontiers dans les conditions présentes.
« Finalement, tu vois, nous ne sommes pas vraiment éloignés l’un de l’autre quand il s’agit de sauver notre peau !
- Tu m’écœures ! Je n’ai rien à voir avec toi !
- Ne cries pas comme cela ! Ca ne sert à rien de perdre son calme ! Allez maintenant fini de plaisanter ! Finissons-en ! », fit-il en accentuant sa prise. Alix avait l’impression que tout son corps se disloquait.
« Attends ! hurla-t-elle alors qu’elle se sentait de plus en plus basculer dans le vide. Je vais mourir d’accord, mais avant, accordes-moi de répondre à mes questions.
- Vas-y toujours, ça peut-être drôle mais n’essayes pas de m’embrouiller, sinon tu parts tout de suite en bas.
- D’accord… Hier, au cratère, tu avais une occasion en or de m’éliminer. Au lieu de cela tu as fait l’impossible pour me récupérer. Pourquoi ?
- Parce que je pensais bien que tu pouvais être dangereuse, mais je n’en étais pas sûr. Nous ne tuons qu’en cas de nécessité absolue, je te le rappelle.
- Alors pourquoi aujourd’hui ?
- Parce que cette nuit tu as un peu trop observé mon revolver!
- Tu étais réveillé !
- Bien sur ! Et même si je ne l’avais pas été, tu faisais autant de bruit qu’un troupeau d’éléphant !
Tu dis tout le temps « nous », les autres c’est qui ? »
( à suivre ....)