Chapitre 9
A la découverte de l’île
A six heures et quart tout était prêt. Les deux hommes et la jeune femme s’engagèrent l’intérieur des terres. La falaise était dirigée plein ouest et ils s’étaient crashés côté est. Ils choisirent donc de se diriger vers le nord. Ils suivirent le lac jusqu'à son extrémité en longeant la forêt. Plus ils pourraient faire de chemin à terrain découvert, mieux cela valait. Ils passèrent le champ de coton qui était vraiment très étendu.
« Il faudra que nous revenions tous ensemble ici pour tout cueillir, dit Richard. Inutile de nous encombrer pour l’instant. »
Apolline leur avait confectionné des sortes de hôtes qu’ils pouvaient porter sur le dos à l’aide de bretelles tressées avec des lianes. Comme cela ils pourraient récupérer toutes les choses intéressantes qu’ils trouveraient. Cependant, il était important de ne pas se charger trop vite. En effets ils pouvaient avoir une longue route à faire et il ne servait à rien de s’encombrer de quelque chose qu’ils retrouveraient par la suite sur leur chemin. De plus, Ricard pensait que, comme il n’était pas sur qu’ils rentrent à trois, il valait mieux prévenir que guérir.
Richard portait le feu, isolé dans plusieurs couches de feuilles de bananier. De temps en temps il fallait s’arrêter pour vérifier qu’il respirait bien et ranimer les braises. S’ils le perdaient, il faudrait qu’ils fassent demi-tour immédiatement. Après l’aventure des chauves-souris, personne n’avait envie de dormir à la belle étoile sans la lueur protectrice d’un brasier.
En allant vers le nord ils s’aperçurent que la forêt s’éclaircissait pour laisser la place à une sorte de savane à hautes herbes.
« Faisons attention ! prévint Richard. Il pourrait y avoir des bestioles. »
Ils avancèrent sans rien rencontrer d’inquiétant.
« Elle est quand même bizarre cette île. A part les poules et les chauves-souries nous n’avons rencontré aucun animal de taille respectable.
- Tant mieux dans un sens, si c’est pour se faire attaquer par des montres ! fit Marius en frissonnant.
- C’est une île isolée, répondit Richard. Elle doit avoir un écosystème à part. Je pense toutefois que des animaux de grande taille doivent y résider car ces chauves-souries géantes se nourrissent apparemment de sang. Ce n’est pas les trois poules que nous avons vues qui leur suffise.
- Oui, tu dois sûrement avoir raison. Il vaut mieux que nous ouvrions l’œil ! » admit Alix.
La jeune femme reprit la marche silencieusement. A mesure qu’ils s’éloignaient des autres, grandissait en elle le sentiment qu’elle avait peut-être fait une bêtise. Si Marius ou Richard étaient l’un ou l’autre (ou les deux qu’en savait-elle ? ) le ou les saboteurs de l’avion, elle serait isolée et à leur merci. Peut-être avaient-ils vu qu’elle se doutait de quelque chose ou voulaient-ils tuer les survivants les uns après les autres. Dans une expédition comme celle-la, un accident était vite arrivé. Qui s’en étonnerait ?
Par contre, s’ils n’étaient ni l’un, ni l’autre dans le coup, alors elle était protégée en s’éloignant. Peut-être avaient-ils, eux aussi, constaté des anomalies et ne voulaient pas en parler par peur. Pourquoi serait-elle la seule à avoir remarqué quelque chose ? Elle décida de sonder prudemment les deux hommes dès qu’elle aurait une occasion.
( à suivre demain...)