Devant l’approbation des autres, il se remirent en route. Le jour baissait en effet rapidement et il était urgent de trouver un abri pour la nuit. Ils contournèrent donc le cratère et dix minutes après se retrouvèrent sur une plage, à l’autre bout de l’île.
« Et bien, constata Alix, de ce côté il sera difficile de mettre un signal en hauteur ! »
En effet tout était plat autour d’eux. Contrairement à l’autre côté, aucune falaise n’était en vue.
« Oui, acquiesça Richard. Cela rend d’autant plus important le fait d’aller s’assurer dès demain de la présence du fanion de détresse en haut de la colline, quitte même à en rajouter. »
Alix se dit qu’elle avait vraiment été bête de soupçonner ce brave Richard. Il cherchait vraiment à ce que ce signal soit visible sinon il ne proposerait pas d’aller le redresser. Il lui suffisait de dire par exemple qu’il n’était pas au bon endroit pour être vu de l’île mais qu’il était parfaitement visible de la mer. Cela aurait été une explication très correcte et aurait empêché les questions embarrassantes.
Au lieu de cela, il les fit arrêter et ils entreprirent de construire un petit cabanon pour passer la nuit à l’abri, sur la plage.
La nuit était bien avancée. Alix s’éveilla en sursaut. Elle se sentait angoissée sans arriver à savoir pourquoi. Elle ferma les yeux et essaya de se calmer. Tout était tranquille aux alentours et les autres dormaient paisiblement. Alors, qu’est-ce qui l’avait réveillée ? Elle se souvint alors d’avoir rêvé. Les évènements de la journée lui étaient revenus en mémoire et elle avait revécu dans son sommeil sa chute de la falaise et son sauvetage. Elle s’était réveillée alors qu’elle se remémorait comment Richard la remontait et qu’elle touchait quelque chose de dur et froid à sa ceinture.
Qu’est-ce que cela pouvait être ? Une boucle ? Non c’était trop gros et c’était sur le côté de sa ceinture. Bon allez, il valait mieux qu’elle se rendorme car le lendemain allait être une grosse journée. Après tout qu’est-ce que cela pouvait lui faire ? Richard pouvait porter ce qu’il voulait sous sa chemise, cela ne la regardait absolument pas !
Elle se retourna donc sur le côté et essaya de se rendormir. Mais cela la turlupinait tellement qu’elle n’y parvenait pas. Bon il fallait qu’elle aille voir, sinon jamais elle ne se retrouverait le sommeil.
Elle se leva donc avec précaution et, tandis qu’elle s’approchait de Richard après avoir enjambé Marius, elle se sentit très bête. Si Richard se réveillait en la sentant farfouiller sous sa chemise qu’allait-il penser ?
Elle s’accroupit pourtant près des affaires du père de famille et les souleva méthodiquement. Il n’y avait rien qui ressemble à ce qu’elle avait senti. Elle le regarda. Il lui tournait le dos et dormait profondément. Alix se risqua à soulever le pant de sa chemise découvrant tout doucement et découvrit un objet noir. Elle resta pétrifiée.
C’était un canon de revolvers…
(... à suivre demain)