Chapitre 10
Explication au sommet
Richard n’avait pas exagéré. La montée était rude. Pourtant, ils avaient laissé tous les sacs en bas, mais il fallait quand même grimper des pentes dépassant allégrement les vingt pour cent. Ce versant était plus direct que l’autre mais beaucoup plus pentu. S’il n’y avait pas de buissons épineux, en revanche, les cailloux roulaient sous leurs pieds exactement comme de l’autre côté.
« Allez, courage, dit gentiment Richard, nous arrivons bientôt !
- Je ne veux pas paraître grognon, mais ça fait plusieurs fois que tu dis çà, remarqua Alix.
- C’est vrai ! répondit-il en riant, mais je vois le sommet tout près et, à chaque fois qu’on y parvient, un autre se détache un peu plus haut.
- Et bien s’il y en a encore un de plus, je m’arrête ! Je n’en peu plus ! »
Elle n’était pas aussi fatiguée que cela mais elle avait un prétexte tout trouvé pour fausser compagnie à Richard.
« Tu n’auras pas à le faire, nous sommes arrivés ! »
Trop tard en effet pour stopper. Ils posèrent le pied sur la haute plate-forme qui dominait toute l’île. Alix n’avait pas le vertige mais elle se dit que là, elle avait vraiment fait une bêtise d’accompagner Richard ici. Certes elle avait vidé l’arme de ses balles mais il était beaucoup plus grand et plus fort qu’elle. S’il voulait la balancer en bas, il n’avait même pas besoin de son pistolet !
Pourtant, pour l’instant, il semblait penser uniquement au fanion.
« Bizarre, quand même, il n’est pas là. Pourtant je jurerais qu’on l’a mis là-bas sur un de ces palmiers.
- Allons voir alors ! »
Alix s’élança, ravie de quitter le promontoire. Il arrivèrent bientôt à l’endroit indiqué. Il n’y avait pas l’ombre d’un drapeau.
« Es-tu bien sur que c’est à cet endroit que vous l’avez accroché ? demanda-t-elle.
- Tout à fait certain ! C’était même sur cet arbre, je suis allé le pendre moi-même ».
Alix retourna machinalement les herbes et les feuilles qui se trouvaient au pied de l’arbre quand elle souleva un bout de tissus rouge. Elle se baissa et tira dessus. Elle se retrouva avec le fanion dans les mains.
« Voilà pourquoi il n’était plus sur l’arbre, constata Richard.
- Le vent a dû le faire tomber, risqua Alix.
- Peut-être, répondit-il d’un air peu convaincu. Je peux le voir ? »
Il examina le bout de tissus un court moment et :
« C’est bien ce que je pensais. Regarde ! »
Il le tendit à Alix en observant bien la façon dont elle allait réagir. La jeune femme prit le drapeau et regarda. Les deux angles par lequel il était accroché à l’arbre étaient manquants. Ce qui était étrange c’est qu’ils n’étaient pas arrachés mais tranchés de façon très nette.
« Oui, reprit Richard, ils ont été coupés avec un couteau. »
Alix pensa soudain aux radeaux qui avaient été sabotés de la même façon. Il y avait vraiment une ou plusieurs personnes sur cette île qui ne voulaient pas qu’ils soient retrouvés.
( à suivre...)