Elle poussa un cri qui mêlait la surprise et la douleur.
« Alors ça y est, tu passes à l’action ? lui cria-t-elle dans l’espoir de gagner du temps.
- Et oui ! répliqua-t-il. Dans ce genre de circonstances, je ne t’apprends rien en disant que le premier qui attaque gagne ! Tu as joué un vrai jeu de poker menteur avec nous… Dis-moi depuis combien de temps as-tu deviné ? »
Elle pouvait toujours jouer à l’innocente, on ne sait jamais.
« Deviné quoi ?
- Allons, allons, ne jouons pas au plus fin… Tu sais de quoi je parle… Tu croyais quoi ? Que nous allions nous laisser faire sans réagir ? Ne te laisses pas abuser par notre côté bonne petite famille. Nous sommes des professionnels et nous n’avons pas l’habitude de faillir à nos missions. »
Alix se dit que cette fois-ci, elle était perdue et ne s’en sortirait pas. Mais la peur de mourir, au lieu de la paralyser, lui donnait plus d’assurance. Après tout, maintenant, elle n’avait plus rien à perdre. Avant d’y passer, elle voulait comprendre.
« Tu vas me tuer n’est-ce pas ?
- Ca n’est pas que cela me fasse plaisir, mais j’y suis contraint. Il ne fallait pas te mettre dans ce pétrin.
- Et tu es prêt à tuer beaucoup de monde comme cela ?
- Ce n’est pas le cœur de notre mission, ni ce qui nous plaît le plus mais, si nous y sommes contraints, nous n’hésitons pas. A vrai dire, cela n’était jamais vraiment arrivé jusqu’à maintenant.. Toi-même, tu n’hésiterais pas à me tuer si tu en avais l’occasion. Je me trompe ? »
Alix rougit, car en effet elle le ferait volontiers dans les conditions présentes.
« Finalement, tu vois, nous ne sommes pas vraiment éloignés l’un de l’autre quand il s’agit de sauver notre peau !
- Tu m’écœures ! Je n’ai rien à voir avec toi !
- Ne cries pas comme cela ! Ca ne sert à rien de perdre son calme ! Allez maintenant fini de plaisanter ! Finissons-en ! », fit-il en accentuant sa prise. Alix avait l’impression que tout son corps se disloquait.
« Attends ! hurla-t-elle alors qu’elle se sentait de plus en plus basculer dans le vide. Je vais mourir d’accord, mais avant, accordes-moi de répondre à mes questions.
- Vas-y toujours, ça peut-être drôle mais n’essayes pas de m’embrouiller, sinon tu parts tout de suite en bas.
- D’accord… Hier, au cratère, tu avais une occasion en or de m’éliminer. Au lieu de cela tu as fait l’impossible pour me récupérer. Pourquoi ?
- Parce que je pensais bien que tu pouvais être dangereuse, mais je n’en étais pas sûr. Nous ne tuons qu’en cas de nécessité absolue, je te le rappelle.
- Alors pourquoi aujourd’hui ?
- Parce que cette nuit tu as un peu trop observé mon revolver!
- Tu étais réveillé !
- Bien sur ! Et même si je ne l’avais pas été, tu faisais autant de bruit qu’un troupeau d’éléphant !
Tu dis tout le temps « nous », les autres c’est qui ? »
( à suivre ....)