Alix n’en revenait pas de toute cette histoire. C’était vraiment incroyable ! Par contre, avec cette explication, tous les évènements étranges qui leur était arrivé trouvaient une explication logique.
« Donc, vous pensez que c’est pour éliminer de Clerc que l’avion a été piégé ? continua-t-elle.
- Oui. Un tueur à dû être engagé dès son arrestation, avec l’ordre de passer à l’action dès que possible. Ce gars doit être prêt à tout, puisqu’il était décidé à sauter avec nous.
- Quand même… tuer près de trois cents personnes pour en éliminer une seule…
- Ces gens sont acculés. Si de Clerc témoigne, ce sont plus de huit mille personnes de par le monde qui vont passer leur vie en prison.
- Oui, vu comme cela… Et vous pensiez que c’était moi ce
tueur Kamikaze ?
- Oui, à peu près dès le début. Quand nous nous sommes écrasés et que les morceaux de bombes ont été retrouvés, nous avons compris qu’ils étaient sur nos traces. Nous étions seuls maintenant pour protéger le témoin et nous avons été sur nos gardes tout de suite. Nous avons alors remarqué que tu étais beaucoup avec les enfants à essayer de les faire parler. Thibaut était particulièrement nerveux car il avait compris toute la gravité de la situation.
- Je comprends maintenant pourquoi il avait tellement peur…
- Comme tu l’avais un peu trop remarqué, nous t’avons envoyé la petite te raconter une histoire de série télévisée.
- Que j’ai parfaitement gobé d’ailleurs… Et moi qui ai passé des heures à lui expliquer la différence entre la réalité et la fiction ! Pauvre gosse, il la sait mieux que moi !
- Nous t’avons vraiment soupçonnée quand, après le naufrage des radeaux, nous t’avons vu prés d’un bout de bateau, alors que tout le monde était occupé à réparer. Nous avons cru que tu cherchais à effacer les traces de la dégradation des embarcations.
- Non, pas du tout ! Je me suis plutôt aperçu à ce moment-là que quelqu’un cherchait à nous éliminer. Mais heureusement, cela n’a pas été efficace…constata Alix.
- Oui tellement pas que je crois que ce n’était pas une tentative de meurtre.
- Pourtant, répliqua Alix, cela a failli nous coûter la vie…
- Oui, je pense qu’il n’aurait pas été fâché d’éliminer quelques personnes, mais plus j’y pense, plus je crois qu’il voulait que l’on s’arrête quelque temps avant d’arriver au lac.
- Mais pourquoi faire ?
- En premier pour avoir le temps d’abattre le fanion que nous avions perché sur la colline. Il ne fallait pas que les secours nous retrouvent de suite. Puis, cela lui a permis de passer à l’attaque une seconde fois.
- Avec le feu ?
- Oui, et là nous avons vraiment pensé que c’était toi !
- Mais puisque j’ai sorti tout le monde… Si j’avais voulu vous éliminer, je vous aurais laissé dormir !
- Oui, mais tu aurais pu le faire pour brouiller les pistes. Après cela qui aurait soupçonné la gentille infirmière qui nous avait sauvé la vie ? Quand nous nous sommes aperçus que notre sommeil avait été induit par la racine de poivrier, tu étais vraiment dans le collimateur. Apolline t’apprenait à t’en servir depuis qu’ils l’avaient trouvée dans la forêt. Tu étais la seule avec elle à savoir la doser.
Apolline aussi, justement, objecta Alix.
(... à suivre )