Ils poursuivirent et retracèrent ensuite le chemin jusqu’à la plage et expliquèrent comment ils étaient remontés pour redresser le fanion. Alix et Richard avaient décidé de dire qu’il avait été arraché par le vent.
« Ils sont revenus vers midi, racontait Marius. Pendant ce temps j’en ai profité pour me reposer et regarder si je ne trouvais pas des choses intéressantes. J’en ai découvert beaucoup. Demain, ma douce, il faudra que nous fassions l’inventaire de tout cela et que nous nous occupions des plants que j’ai ramenés.
- Ensuite enchaîna Richard nous avons continué notre chemin. Le seul endroit de l’île que nous n’avions pas exploré était la suite de la côte. Nous avons ainsi contourné la colline. Nous voulions finir par revenir à l’endroit où nous nous sommes écrasés afin d’entretenir les tombes de ceux que nous avons laissés derrière vous.
- La côte est magnifique à cet endroit là ! s’exclama Alix, les yeux brillants au souvenir des superbes paysages qu’ils avaient vus. Il y a même une cascade qui dégringole de la falaise. Au moment où nous sommes passé, le soleil dessinait un arc-en-ciel au-dessus.
- C’est vrai que c’était féerique, approuva Richard. Cette cascade qui jaillit du rocher est la source de la rivière que nous avons descendue en radeau et qui se jette dans le lac. D’ailleurs, à partir de ce moment les arbres ont fait leur apparition.
- Nous ne pouvions plus continuer à pied, cela aurait été trop pénible, continua Alix. Nous avons alors construit un radeau léger pour nous transporter tous les trois, ce qui fut assez vite fait. Nous avons tout de même passé la nuit là.
- Pas de problèmes de chauves-souris ou autre chose ? demanda Arnaud avec inquiétude.
- Non, fit Richard. Nous avons allumé le feu et nous nous sommes mis sous les arbres.
- Par contre, rajouta Alix, cela a attiré les moustiques car nous étions près du marais. Pour pouvoir dormir nous avons dû nous enduire de boue, comme quand nous sommes arrivés.
- D’ailleurs il vous en reste un peu partout, fit Nina d’un air vaguement dégoûté.
- En tout cas cela à été efficace ! dit Marius. Le lendemain nous n’avons pas eu de problème. Il n’y avait qu’à traverser le marais et nous nous sommes assez vite retrouvés près des tombes.
- Il ne reste presque plus rien de l’avion, ajouta Richard. Tous les débris se sont enfoncés dans la vase et, bientôt il n’en restera plus rien.
- Les tombes, en tous cas, sont en assez bon état, reprit Alix. Nous ne sommes pas restés bien longtemps par-là. Ensuite nous avons redescendu la rivière jusqu’ici. Au passage, pas très loin d’ici, nous avons repéré un ou deux essaims d’abeille. Peut-être qu’en fouillant un peu nous pourrons trouver du miel.
- Oui, sûrement, dit Richard. Mais il faudra s’occuper en premier du champ de coton. Il est plus que mûr et il ne faudrait pas qu’il soit gâté par la pluie. En attendant, nous ferions mieux d’aller nous coucher, il se fait tard.
- Oh, ce n’est pas de refus, renchérit Marius. Mes vieux os se rappellent un peu trop à mon souvenir ! »
Ils se couchèrent rapidement et dix minutes après tout le monde dormait profondément. Tout le monde sauf une personne qui se leva discrètement coupa un ou deux liens de la charnière de la porte d’entrée et se recoucha, son plan bien arrêté dans sa tête. Cette fois, c’est sur, cela marcherait. Il le fallait.
( à suivre...)