La cueillette du coton battait son plein. Le champ était étendu et cela prendrait au moins une semaine. Richard se disait qu’à partir de cet après-midi il détacherait deux personnes pour rechercher de la nourriture. De plus, Marius ne participait pas au ramassage car il avait rapporté plusieurs plans qu’il devait mettre en terre rapidement. Apparemment, bien que tout le monde n’ait vu que des feuilles et de l’herbe dans ce qu’il ramenait, il avait assuré qu’avec cela il pourrait contribuer largement à nourrir et soigner la colonie pour un sacré bout de temps.
« Bon, tu m’as fait assez mariner, tu me racontes ? »
Tout en cueillant le coton lui et Christine s’étaient arrangés pour s'éloigner du reste du groupe avec Papy et les enfants. Puis, ils s’écartèrent un peu afin d’avoir tout le monde à l’œil tout en pouvant parler tranquillement. Dès qu’ils eurent réuni toutes les conditions, Christine se lança. Elle avait beau avoir confiance en son mari, elle n’était pas tranquille.
« Alors ? Pourquoi es-tu revenu avec cette fille ? »
Richard lui raconta par le menu tout ce qui était arrivé avec Alix et le quiproquo qui s’en était suivi.
« Et qu’est-ce qui te fait penser qu’elle ne t’a pas roulée dans la farine ? répliqua Christine méfiante. Si cette fille est une professionnelle, elle sait y faire et… Pourquoi tu ris ? Il n’y a rien de drôle !
- C’est pour cela que je t’aime !.. Toujours à te poser des questions…
- Oui, et bien peut-être que tu ferais mieux de t’en poser un peu plus au lieu de toujours marcher à l’intuition !
- Ca, s’est ma petite polytechnicienne qui parles… Dis-moi est-ce que tu as déjà eu à te plaindre de mon intuition ?
- Non mais cela ne gâte rien de trouver des éléments qui l’étaye…
- C’est toujours comme cela que l’on fait non ? Je flaire les pistes, tu trouves les preuves. C’est pour cela que l’on se complète si bien. Jusqu’à maintenant les personnes que l’on protège l’on été efficacement que je sache. Allez, détends-toi.
- Mais je suis très détendue ! Je ne vois pas pourquoi je ne le serais pas ! Nous sommes coincés sur une île déserte avec nos enfants, un type recherché par la pègre de tous les pays et un tueur près a tout ! Pour couronner le tout… »
Elle s’interrompit, d’abord parce qu’il y a bien un moment où il faut reprendre sa respiration si on veut continuer à engueuler son mari, ensuite parce c’est compliqué de parler quand celui-ci se met à vous embrasser.
« Tu es impossible, murmura-t-elle en essayant doucement de se dégager. On ne peut jamais discuter sérieusement avec toi et… »
Il l’embrassa à nouveau.
« Alors… » commença-t-elle avant d’être à nouveau interrompu.
« Alors, on pourrait peut-être essayer, admit-elle.
- Tu es formidable !
- Tu es impossible… » conclu-t-elle en l’embrassant une
dernière fois.
( à suivre ...)