Enfin toujours est-il qu’il savait agir quand c’était nécessaire. Peut-être, par ce biais-là pouvait-on avoir un espoir de le faire reprendre pied dans la réalité. Cela pour l’aider lui, bien sur, mais aussi parce que, dans leur position, plus ils étaient unis et solidaires mieux cela valait. Dès qu’il y avait eu quelqu’un qui avait voulut faire cavalier seul, il y avait eu des catastrophes en retour. Apolline avait aussi une seconde corde à son arc. Elle avait remarqué qu’Alix et lui s’évitaient de plus en plus. C’était la preuve qu’ils commençaient à s’attacher l’un a l’autre. Cela pouvait être une bonne chose. Si elle ne se trompait pas, elle sentait ces deux êtres profondément seuls et quoi de mieux que d’unir deux solitudes ?
Elle fut sortie de ses pensées par les gémissements d’Arnaud qui semblait se réveiller. Elle s’employa alors à lui faire absorber un peu de tisane.
La ruche était bien là, tapie dans la souche de l’arbre. Les abeilles entraient et sortaient avec entrain et Nina la regarda d’un air dubitatif.
« Et vous voulez aller chercher du miel là dedans ? Vous êtes malade ?
- Non seulement, nous allons le récolter, répondit Marius, mais en plus nous allons le faire en faisant attention de ne pas abîmer la ruche. Il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or !
- Vous êtes complètement malade ! Nous allons nous faire piquer ! Si vous touchez à ce truc, moi, je m’en vais ! D’ailleurs, je préfère veiller Arnaud.
- Comme vous voulez, fit le vieil homme, mais nous allons le faire en toute sécurité après avoir endormi ces petites bêtes.
- Nous allons les enfumer ? demanda Richard.
- Exactement, poursuivit Marius. Je voie que vous me suivez. Il faudrait aller chercher de l’herbe et des brindilles pour faire un feu qui fume. »
Chacun se mit au travail sauf Nina qui reparti vers la grotte en traitant les autres d’inconscients.
« Quand vous serez tous malades parce que vous serez piqués, ne venez pas vous plaindre ! » lança-t-elle avant de disparaître.
Maud hocha les épaules.
« Celle-là, dès qu’on parle de travailler un peu, elle se défile.
- Allez, ce n’est pas grave, lui dit Alix, allons chercher de quoi faire ce feu et finissons-en ! Je dois avouer que je ne suis pas très rassurée non plus. »
A vrai dire, personne ne l’était. Mais si Marius disait que c’était possible, ils avaient maintenant suffisamment confiance en lui pour le suivre et faire ce qu’il demandait.
« Eh bien ça n’est pas trop tôt ! fit Nina. Ca fait deux heures que l’on vous attend ! »
Le groupe venait de rentrer à la grotte, portant une grande provision de miel.
« C’est qu’il fallait faire attention à ne pas bousiller la ruche, répondit Bernard. Si tu avais été là tu aurais vu que ça n’était pas si facile que cela ! »
Nina se leva et sortit, furieuse.
- Tiens ma douce, fit Marius en donnant un part de miel à sa femme.
- Je m’en occupe de suite, dit-elle.
- Est-ce que cela ira ? demanda Alix à voix basse.
- Nous le saurons dans vingt-quatre heures, répondit la vieille dame. Nous avons fait ce que nous pouvions, maintenant c’est à son corps de réagir et… »
Un cri et un bruit de chute les interrompit brusquement. Elles se retournèrent et virent Pierre et Bernard se précipiter sur Nina qui gisait par terre, inconsciente.