Christine revint avec la lance et ils repartirent. La situation était grave, il fallait absolument arriver à ouvrir ces vannes. Alix s’élança au dehors. Il fallait savoir si les autres avaient les mêmes problèmes. Elle avait pris quelques lances afin de leur en donner s’ils en avaient besoin. Arnaud et Bernard apprécièrent cette aide bienvenue car, eux non plus, n’arrivaient pas à soulever la porte en bois. Elle leur dit de ne pas bouger et alla dire aux autres d’aller les aider. Il valait mieux qu’ils regroupent leurs forces sur une porte à la fois.
Elle les laissa et reprit le chemin du retour. La pluie l’empêchait de voir à plus de trois mètres devant elle, pourtant, il lui sembla voir une silhouette près de la vanne la plus proche de la grotte. C’était impossible. Tous ceux qui étaient dehors étaient de l’autre côté du lac a essayer d’ouvrir la première vanne. Est-ce que quelqu’un d’autre était sorti de la grotte ? Elle se rapprocha et manqua de faire tomber Apolline.
« Qu’est-ce que vous faîtes là ? hurla-t-elle pour se faire entendre par-dessus le bruit du vent.
- Je regardais ce que faisait celui-ci, dit-elle en montrant l’ombre près du lac. Il y a quelque chose de louche. »
Les deux femmes s’approchèrent à trois mètres et ce qu’elles virent les pétrifia sur place. Paul était devant la porte de la digue et donnait de grands coups avec un bâton surmonté d’un bout de métal tranchant. Vu l’énergie qu’il y mettait, il voulait que ça cède et vite. Comme les autres vannes ne s’ouvraient pas, le surplus d’eau allait s’écouler par-là avec violence et tout balayer sur son passage. Les habitants de la grotte allaient être noyés, Papy en particulier pensa Alix. Il fallait absolument l’empêcher. Sans penser que Paul la dépassait très largement en poids, en taille et en force, elle s’élança vers lui laissant Apolline sur place.
« Arrêtez immédiatement ! », lui cria-t-elle en saisissant son outil.
Paul parut surpris mais ne se laissa pas décontenancer :
« Foutez-moi la paix ! » hurla-t-il. Il se débarrassa aisément de la jeune femme en l’envoyant par terre d’un geste du bras. Elle roula à deux mètres et eu du mal à se relever à cause des rafales de vents qui forcissaient.
« Mais vous êtes devenu fou ou quoi ? fit Apolline qui venait à la rescousse.
- Non, il ne l’est pas, tenta Alix, pour être sûre. Ce gars-là est un tueur, n’est-ce pas ? »
Cette fois, le geste de Paul pour casser la porte resta en suspend. Il se retourna brusquement, les yeux remplis de fureur.
« J’aimerais bien savoir comment vous savez ça ? » rugit-il.
Il se retourna un instant, comme pour écouter quelque chose, puis sans crier gare se jeta sur les deux femmes. Alix bondit de côté, juste à temps pour l’éviter mais Apolline, ayant les réflexes plus émoussés, n’en eut pas le temps. La vieille dame se fit aplatir par terre. Au même moment, un craquement sinistre se fit entendre et la porte céda.
« Nous sommes perdues ! » pensa Alix en voyant des tonnes d’eau se déverser sur eux. Le déluge fit diversion et l’attention de Paul se détourna de sa victime. La jeune femme en profita pour la relever.
« Courrez, courrez vite ! » cria-t-elle.
( à suivre...)