« Qu’est-ce que c’était ? » demanda Maud.
De grands coups se faisaient entendre sur la porte.
« C’est le vent non ? fit Bernard.
Il vaut mieux aller voir ! » décida Richard.
Il remonta le tunnel d’entrée avec Arnaud et Pierre. Ils soulevèrent la porte tout en la retenant pour ne pas qu’elle s’arrache.
« Apolline ! mais qu’est-ce que vous faîtes là ?
Faites-moi entrer avant que je ne m’envole ! »
Ils aidèrent la vieille dame à entrer. La lutte contre les éléments l’avait épuisée et ils durent presque la porter.
« Apolline, ma douce ! » s’exclama Marius en se précipitant. Il l’allongèrent auprès du feu pour qu’elle se réchauffe en reprenant son souffle.
« Il faut aller porter du feu à Alix… haleta-t-elle.
- Du feu par ce temps ? Où est Alix ? Est-ce qu’elle va bien ? demandèrent-ils tous en même temps.
- Oui… elle va bien… Paul est avec eux… mais il leur faut du feu.
Eux ? remarqua Christine. Qui est-ce qui est avec elle ? »
Soudain chacun réalisa ce qui avait dû se passer.
« Elle a eu son enfant c’est ça ? » fit Richard.
Apolline fit non de la tête et fit le signe « deux » avec ses doigts.
« Quoi, deux ? fit Pierre, interloqué.
- Des jumeaux ? fit soudain Maud. Elle a eu des jumeaux ! répéta-t-elle après que la vieille dame ait fait un signe affirmatif de la tête.
- Où sont-ils ? demanda soudain Richard. Ils faut aller voir comment ils vont et leur amener du feu. Depuis combien de temps les avez-vous quitté ?
- Une heure environs, répondit Apolline qui commençait à reprendre son souffle. Ils sont dans la seconde caverne à droite quand on descend le chemin qui va à la plage.
- Je vais y aller, proposa précipitamment Christine, qui vient avec moi ? »
Elle préférait que Richard reste avec Papy et les enfants au cas où le tueur récidiverait. Elle lui évitait ainsi d’avoir à se désigner. Tout le monde comprendrait qu’alors il ne se propose pas. Arnaud se désigna pour être le second à partir à la grotte.
« Comment va-t-on transporter le feu ? demanda-t-il alors. Avec tout ce vent et cette eau, il sera éteint au bout de cinq secondes.
- Il faudrait le protéger sans l’étouffer, dit Richard. Une idée Marius ?
- Peut-être » répondit le vieil homme.
Il se leva et fouilla un moment dans l’armoire. Il en ressortit un petit récipient en forme de boule. C’était une noix de coco coupée en deux dans lequel il avait plaqué du métal, ce qui la rendait étanche.
« Cela fera l’affaire, je pense, dit-il en la donnant à Arnaud.
- Mais, objecta Christine, le métal va chauffer et la noix prendra feu.
- Ce serait en effet le cas si je n’avais pas intercalé des herbes entre le métal et le bois. Elles ont la particularité de l’isoler de la chaleur. Donc, vous ne risquez rien.
- Marius, vous êtes un génie ! s’exclama Christine en l’embrassant.
Eh, ho stop ! fit Richard en riant. Je vais être jaloux moi !
Bon, si on y allait ?
Tu as raison Arnaud, approuva Christine. Prenons des braises et partons. »
( à suivre...)