Alix n’était pas tranquille. Pourtant, il n’y avait objectivement pas de raisons. Apolline était partie depuis dix minutes à peine et Paul n’avait pas bougé d’un poil. Elle décida de lancer la conversation, il fallait qu’elle sache.
« Pourquoi avez-vous fait cela ? » dit-elle soudain.
Paul tressaillit mais ne bougea pas d’un poil. Ca y est ! Il lui refaisait le coup de celui qui n’entendait pas. Sauf que cette fois-ci, cela n’allait pas se passer comme ça. Elle avait vu comment Apolline avait manœuvré pour le faire bouger.
Elle laissa donc les petits dormir au creux de la couverture et se leva.
« Vous devez me répondre maintenant. Que signifie tout cela ?» demanda-t-elle avec autorité.
La seule chose à laquelle elle n’avait pas pensé c’est qu’elle était vraiment fatiguée. Elle sentit toute la grotte tanguer autour d’elle et trébucha. Pourtant, à sa grande surprise elle ne toucha pas le sol. Elle se sentit rattrapée et portée. Quand elle ouvrit les yeux, elle était à nouveau près du feu et Paul la regardait.
« Vous êtes folle ! Restez tranquille si vous ne voulez pas mal finir ! »
Il tenta de se relever mais Alix qui ne perdait pas le nord suivait son idée. Elle le retint donc par le bras et :
« Répondez-moi maintenant ! Pourquoi faîtes-vous cela ?
- De quoi parlez-vous ? répondit-il en se dégageant de l’étreinte de la jeune femme.
- Vous essayez de tous nous tuer et puis maintenant vous m’aidez ? »
Paul la regarda l’air surpris.
« C’est à mon tour de ne rien comprendre… Vous tuer… Qu’est-ce que vous racontez ?
- C’est ça ! Faîtes l’innocent maintenant ! Nous vous prenons sur le fait en train de saboter la digue et vous trouvez le moyen de nier… Vous ne manquez pas d’air quand même !
- Ah, c’est ça ? fit-il en ayant visiblement envie de rire. Ce n’est que ça ?
- Que ça ? Vous noyez tout le monde et c’est tout ce que vous trouvez à dire ? répondit-elle en commençant à s’échauffer sérieusement.
- Noyer tout le monde ? Mais au contraire… Dites-moi, mademoiselle je-sais-tout, ce qui serait arrivé si les autres n’avaient pas pu ouvrir les vannes.
Je ne sais pas. Ca aurait finit par déborder je suppose.
Pas du tout. La digue n’aurait pas tenu jusque là. Si vous aviez observé autour de vous avant de me sauter dessus, vous auriez vu que les rondins commençaient à céder. Il fallait les soulager d’urgence et ouvrir une des vannes. Comme elle ne résistait, je l’ai faite céder.
Si ce que vous dites est vrai, pourquoi avez-vous ouvert la porte la plus près de la grotte ? La pression était telle que le canal allait forcément déborder et la noyer.
Parce que ce canal étant précisément près de notre abri, il était celui qui avait été creusé le plus profond. Tous les autres auraient fortement débordé et l’aurait inondée à coup sûr.
Mais, quand nous vous avons surpris, vous nous avez bien sauté dessus quand même. Je ne l’ai pas inventé !
Oui, mais c’était pour vous faire sortir de là ! La porte commençait a céder et vous étiez en plein sur son parcours. Si je ne vous avait pas poussées, vous auriez été toutes les deux emportées.»
Alix le regarda. Elle ne savait pas très bien si elle devait le croire ou non.
( à suivre...)