Chapitre 16
Le salut
Le groupe des naufragés n’eut pas à attendre trop longtemps avant d’être réunit. Dans la nuit, l’ouragan se calma et, dès le lendemain matin ils purent rentrer à la grotte. Arnaud prit les devants en emportant le feu et les quelques affaires qu’ils avaient emmenées. A leur réveil, Paul avait disparu. Il était rentré dés qu’il avait pu, pour éviter d’autres questions ou gestes de gratitude.
Christine accompagna Alix qui portait ses deux enfants. Celle-ci en profita pour raconter comment elles avaient surpris Paul en train, de briser la porte de la digue et tout ce qui s’était passé ensuite. Christine l’écouta attentivement.
« C’est vrai, conclu Alix, que contrairement à ce que je croyais, il ne nous a pas fait de mal. C’était à n’y rien comprendre.
- A moins, qu’en effet il ne dise la vérité. Arnaud à bien confirmé que cette brèche a permis à la digue de tenir.
- Ce gars est quand même bizarre. Il ne dit pas un mot depuis que nous sommes là sauf pour envoyer balader tout le monde et ensuite il nous aide plusieurs fois de suite.
- Je pense qu’au fond c’est quelqu’un d’hypersensible et qu’il a dû lui arriver des choses terribles. Peut-être saurons-nous un jour.
- Peut-être. En tous cas, mes petits lui doivent une fière chandelle et moi aussi, » conclut Alix alors qu’elles arrivaient à la grotte.
« Professeur Hauguel, est-ce que vous pouvez venir en salle de consultation ?
- J’arrive Edna.»
Paul raccrocha le téléphone de son bureau avec agacement. S’ils ne le laissaient pas travailler en paix il n’aurait jamais fini à temps. La rencontre mondiale de gynécologie allait avoir lieu dans une semaine à peine à Toronto et il n’aurait jamais finit son intervention à temps. Cela n’était pas parce qu’il était un chirurgien et un chercheur mondialement reconnu qu’on ne l’attendait pas au tournant. Ses récentes recherches sur les causes des fausses-couches et sa découverte de l’hormone qui était responsable de la plupart de ces accidents en laissait plus d’un septique. Pourtant, parmi les femmes dont il suivait la grossesse, il avait réussit à diviser par dix le nombre qui n’arrivaient pas à terme.
Il se leva pourtant immédiatement et sortit rejoindre le Docteur Faugeron. Quand Edna demandait de l’aide c’était toujours important. C’était un grand chirurgien et dans quelques années, il pensait lui laisser le service pour se consacrer à la recherche.
Quand il passa la porte, il marqua un instant d’arrêt sur le seuil.
« Vero ! s’exclama-t-il. Ca ne va pas ? »
Il s’avança vers sa femme qui était allongée sur la table de consultation le visage crispé par la douleur. Elle était enceinte mais ils n’attendaient l’accouchement que dans un mois et demi.
« Paul, j’ai fait une échographie, regardez. »
( à suivre...)