Publié le 24/04/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Apolline regardait dehors avec inquiétude. L’ouragan était toujours aussi violent. Pour l’instant, les enfants étaient bien emmitouflés mais il faudrait les réchauffer auprès d’un feu d’ici peu. Il était hors de question de les faire sortir par ce temps, sans compter qu’Alix n’était pas encore en état.
Elle s’approcha donc de Paul :
« Il nous faudra du feu pour les bébés. »
Paul ne bougea pas.
« Eh, Ho ! Je vous parle !
Et alors ? Que voulez-vous que j’y fasse ?
Que vous alliez en chercher à la grotte. »
Il regarda la vieille dame avec de grands yeux.
« Vous êtes tombées sur la tête ou quoi ? Vous croyez que vous allez me faire sortir par ce temps ?
- Mais vous savez comme moi que ces petits bouts de chou ont besoin de chaleur, sinon ils risquent de se refroidir.
- Allez-y vous-même si vous pensez que c’est si important ! Pour moi, il n’en est pas question !» ajouta-t-il de façon définitive.
Apolline soupira et retourna voir Alix.
« Comment ça va mon petit ?
Très bien. Il n’a pas voulu, n’est-ce pas ?
Non, et pourtant il nous faut ce feu et nous l’aurons, je vous le garantis.
Qu’allez-vous faire ? Vous n’allez pas y aller quand même ?
Vous voyez une autre solution ?
Mais, c’est de la folie, voyons ! Vous ne pouvez pas sortir en plein ouragan ! Et puis, si ce gars-là en profite pour nous éliminer tous les trois ?
Ecoutez, je ne sais pas ce qui vous fait dire que Paul est un tueur, mais il aurait cent fois eu l’occasion d’en finir ces dernières heures. »
Alix soupira. Pour le bien de ses bébés, il fallait le faire. Si elle avait eu plus de force, elle y serait bien allée elle-même mais c’était impossible. La vieille dame sortit donc.
La jeune maman se retrouva seule avec Paul en priant le ciel qu’Apolline ne se trompe pas.
( à suivre...)
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Publié le 25/04/2008 à 12:00 par lesromansdelara
« Qu’est-ce que c’était ? » demanda Maud.
De grands coups se faisaient entendre sur la porte.
« C’est le vent non ? fit Bernard.
Il vaut mieux aller voir ! » décida Richard.
Il remonta le tunnel d’entrée avec Arnaud et Pierre. Ils soulevèrent la porte tout en la retenant pour ne pas qu’elle s’arrache.
« Apolline ! mais qu’est-ce que vous faîtes là ?
Faites-moi entrer avant que je ne m’envole ! »
Ils aidèrent la vieille dame à entrer. La lutte contre les éléments l’avait épuisée et ils durent presque la porter.
« Apolline, ma douce ! » s’exclama Marius en se précipitant. Il l’allongèrent auprès du feu pour qu’elle se réchauffe en reprenant son souffle.
« Il faut aller porter du feu à Alix… haleta-t-elle.
- Du feu par ce temps ? Où est Alix ? Est-ce qu’elle va bien ? demandèrent-ils tous en même temps.
- Oui… elle va bien… Paul est avec eux… mais il leur faut du feu.
Eux ? remarqua Christine. Qui est-ce qui est avec elle ? »
Soudain chacun réalisa ce qui avait dû se passer.
« Elle a eu son enfant c’est ça ? » fit Richard.
Apolline fit non de la tête et fit le signe « deux » avec ses doigts.
« Quoi, deux ? fit Pierre, interloqué.
- Des jumeaux ? fit soudain Maud. Elle a eu des jumeaux ! répéta-t-elle après que la vieille dame ait fait un signe affirmatif de la tête.
- Où sont-ils ? demanda soudain Richard. Ils faut aller voir comment ils vont et leur amener du feu. Depuis combien de temps les avez-vous quitté ?
- Une heure environs, répondit Apolline qui commençait à reprendre son souffle. Ils sont dans la seconde caverne à droite quand on descend le chemin qui va à la plage.
- Je vais y aller, proposa précipitamment Christine, qui vient avec moi ? »
Elle préférait que Richard reste avec Papy et les enfants au cas où le tueur récidiverait. Elle lui évitait ainsi d’avoir à se désigner. Tout le monde comprendrait qu’alors il ne se propose pas. Arnaud se désigna pour être le second à partir à la grotte.
« Comment va-t-on transporter le feu ? demanda-t-il alors. Avec tout ce vent et cette eau, il sera éteint au bout de cinq secondes.
- Il faudrait le protéger sans l’étouffer, dit Richard. Une idée Marius ?
- Peut-être » répondit le vieil homme.
Il se leva et fouilla un moment dans l’armoire. Il en ressortit un petit récipient en forme de boule. C’était une noix de coco coupée en deux dans lequel il avait plaqué du métal, ce qui la rendait étanche.
« Cela fera l’affaire, je pense, dit-il en la donnant à Arnaud.
- Mais, objecta Christine, le métal va chauffer et la noix prendra feu.
- Ce serait en effet le cas si je n’avais pas intercalé des herbes entre le métal et le bois. Elles ont la particularité de l’isoler de la chaleur. Donc, vous ne risquez rien.
- Marius, vous êtes un génie ! s’exclama Christine en l’embrassant.
Eh, ho stop ! fit Richard en riant. Je vais être jaloux moi !
Bon, si on y allait ?
Tu as raison Arnaud, approuva Christine. Prenons des braises et partons. »
( à suivre...)
Publié le 26/04/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Alix n’était pas tranquille. Pourtant, il n’y avait objectivement pas de raisons. Apolline était partie depuis dix minutes à peine et Paul n’avait pas bougé d’un poil. Elle décida de lancer la conversation, il fallait qu’elle sache.
« Pourquoi avez-vous fait cela ? » dit-elle soudain.
Paul tressaillit mais ne bougea pas d’un poil. Ca y est ! Il lui refaisait le coup de celui qui n’entendait pas. Sauf que cette fois-ci, cela n’allait pas se passer comme ça. Elle avait vu comment Apolline avait manœuvré pour le faire bouger.
Elle laissa donc les petits dormir au creux de la couverture et se leva.
« Vous devez me répondre maintenant. Que signifie tout cela ?» demanda-t-elle avec autorité.
La seule chose à laquelle elle n’avait pas pensé c’est qu’elle était vraiment fatiguée. Elle sentit toute la grotte tanguer autour d’elle et trébucha. Pourtant, à sa grande surprise elle ne toucha pas le sol. Elle se sentit rattrapée et portée. Quand elle ouvrit les yeux, elle était à nouveau près du feu et Paul la regardait.
« Vous êtes folle ! Restez tranquille si vous ne voulez pas mal finir ! »
Il tenta de se relever mais Alix qui ne perdait pas le nord suivait son idée. Elle le retint donc par le bras et :
« Répondez-moi maintenant ! Pourquoi faîtes-vous cela ?
- De quoi parlez-vous ? répondit-il en se dégageant de l’étreinte de la jeune femme.
- Vous essayez de tous nous tuer et puis maintenant vous m’aidez ? »
Paul la regarda l’air surpris.
« C’est à mon tour de ne rien comprendre… Vous tuer… Qu’est-ce que vous racontez ?
- C’est ça ! Faîtes l’innocent maintenant ! Nous vous prenons sur le fait en train de saboter la digue et vous trouvez le moyen de nier… Vous ne manquez pas d’air quand même !
- Ah, c’est ça ? fit-il en ayant visiblement envie de rire. Ce n’est que ça ?
- Que ça ? Vous noyez tout le monde et c’est tout ce que vous trouvez à dire ? répondit-elle en commençant à s’échauffer sérieusement.
- Noyer tout le monde ? Mais au contraire… Dites-moi, mademoiselle je-sais-tout, ce qui serait arrivé si les autres n’avaient pas pu ouvrir les vannes.
Je ne sais pas. Ca aurait finit par déborder je suppose.
Pas du tout. La digue n’aurait pas tenu jusque là. Si vous aviez observé autour de vous avant de me sauter dessus, vous auriez vu que les rondins commençaient à céder. Il fallait les soulager d’urgence et ouvrir une des vannes. Comme elle ne résistait, je l’ai faite céder.
Si ce que vous dites est vrai, pourquoi avez-vous ouvert la porte la plus près de la grotte ? La pression était telle que le canal allait forcément déborder et la noyer.
Parce que ce canal étant précisément près de notre abri, il était celui qui avait été creusé le plus profond. Tous les autres auraient fortement débordé et l’aurait inondée à coup sûr.
Mais, quand nous vous avons surpris, vous nous avez bien sauté dessus quand même. Je ne l’ai pas inventé !
Oui, mais c’était pour vous faire sortir de là ! La porte commençait a céder et vous étiez en plein sur son parcours. Si je ne vous avait pas poussées, vous auriez été toutes les deux emportées.»
Alix le regarda. Elle ne savait pas très bien si elle devait le croire ou non.
( à suivre...)
Publié le 28/04/2008 à 12:00 par lesromansdelara
« Bon, écoutez, poursuivit-il. Que vous me croyiez ou pas, je m’en fou complètement ! Alors, vous continuez à me foutre la paix et vous arrêtez de vous agiter pour rien ! »
Avant qu’Alix ai pu répondre quoi que ce soit, il était déjà reparti s’asseoir dans son coin. Elle se sentait un peu mal d’avoir accusé cet homme si hâtivement. Après tout, sans lui, Mathis ne dormirait pas dans ses bras et elle ne serait peut-être pas là pour bercer Lucie.
Elle fut sortie de ses pensées par Arnaud et Christine qui rentrèrent soudain dans la grotte.
« Alix ? demanda le jeune homme. Tout va bien ?
Oui, ça va.
Si tu nous présentait les deux nouveaux habitants de l’île ? proposa Christine.
Voilà Lucie et Mathis, fit Alix en soulevant un peu la couverture.
Qu’ils sont mignons ! s’extasia-t-elle.
Oui, répliqua la jeune maman, et ils sont en forme, grâce à Paul.
Nous avons apporté le feu, annonça le jeune prêtre.
Est-ce qu’Apolline est arrivée sans encombre ?
Oui, mais le temps est terrible dehors et elle était très fatiguée en arrivant.
Bon, allez, si on l’allumait ce feu ? » dit Arnaud tout en s’exécutant.
Le système de Marius avait parfaitement fonctionné. Le feu était conservé et, après avoir rassemblé des brindilles sèches qui se trouvaient dans la grotte, ils soufflèrent pour faire prendre les braises. Cinq minutes après un feu pétillant réchauffait tout le monde. Les deux nouveaux arrivants s’assirent autour pour se sécher.
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Arnaud qui avait déjà des fourmis dans les jambes.
- Je pense que nous n’avons qu’à attendre la fin de la tempête. Pendant ce temps profites-en pour te reposer, fit Christine en s’adressant à Alix.
Ca n’est pas de refus. A propos… Joyeux Noël à tous. » répondit celle-ci.
C’est vrai qu’avec tout cela ils avaient oublié qu’aujourd’hui c’était Noël ! Ils n’avaient d’autres cadeaux que de se dire qu’ils étaient tous en vie et en bonne santé. La plus gâtée était Alix qui s’endormit bientôt en pensant qu’au travers de ses enfants Christophe était encore un peu vivant.
( à suivre...)
Publié le 30/04/2008 à 12:00 par lesromansdelara
Chapitre 16
Le salut
Le groupe des naufragés n’eut pas à attendre trop longtemps avant d’être réunit. Dans la nuit, l’ouragan se calma et, dès le lendemain matin ils purent rentrer à la grotte. Arnaud prit les devants en emportant le feu et les quelques affaires qu’ils avaient emmenées. A leur réveil, Paul avait disparu. Il était rentré dés qu’il avait pu, pour éviter d’autres questions ou gestes de gratitude.
Christine accompagna Alix qui portait ses deux enfants. Celle-ci en profita pour raconter comment elles avaient surpris Paul en train, de briser la porte de la digue et tout ce qui s’était passé ensuite. Christine l’écouta attentivement.
« C’est vrai, conclu Alix, que contrairement à ce que je croyais, il ne nous a pas fait de mal. C’était à n’y rien comprendre.
- A moins, qu’en effet il ne dise la vérité. Arnaud à bien confirmé que cette brèche a permis à la digue de tenir.
- Ce gars est quand même bizarre. Il ne dit pas un mot depuis que nous sommes là sauf pour envoyer balader tout le monde et ensuite il nous aide plusieurs fois de suite.
- Je pense qu’au fond c’est quelqu’un d’hypersensible et qu’il a dû lui arriver des choses terribles. Peut-être saurons-nous un jour.
- Peut-être. En tous cas, mes petits lui doivent une fière chandelle et moi aussi, » conclut Alix alors qu’elles arrivaient à la grotte.
« Professeur Hauguel, est-ce que vous pouvez venir en salle de consultation ?
- J’arrive Edna.»
Paul raccrocha le téléphone de son bureau avec agacement. S’ils ne le laissaient pas travailler en paix il n’aurait jamais fini à temps. La rencontre mondiale de gynécologie allait avoir lieu dans une semaine à peine à Toronto et il n’aurait jamais finit son intervention à temps. Cela n’était pas parce qu’il était un chirurgien et un chercheur mondialement reconnu qu’on ne l’attendait pas au tournant. Ses récentes recherches sur les causes des fausses-couches et sa découverte de l’hormone qui était responsable de la plupart de ces accidents en laissait plus d’un septique. Pourtant, parmi les femmes dont il suivait la grossesse, il avait réussit à diviser par dix le nombre qui n’arrivaient pas à terme.
Il se leva pourtant immédiatement et sortit rejoindre le Docteur Faugeron. Quand Edna demandait de l’aide c’était toujours important. C’était un grand chirurgien et dans quelques années, il pensait lui laisser le service pour se consacrer à la recherche.
Quand il passa la porte, il marqua un instant d’arrêt sur le seuil.
« Vero ! s’exclama-t-il. Ca ne va pas ? »
Il s’avança vers sa femme qui était allongée sur la table de consultation le visage crispé par la douleur. Elle était enceinte mais ils n’attendaient l’accouchement que dans un mois et demi.
« Paul, j’ai fait une échographie, regardez. »
( à suivre...)